Buzz à la loupe : comment Kris Janssens a remué la Belgique

En une semaine, une vidéo postée par un journaliste flamand, visionnée par des centaines de milliers de Belges, secoue la Belgique.

Replay :

Le 6 janvier, Kris Janssens, journaliste à la VRT dans sa vie professionnelle, poste, à titre personnel, une vidéo sur YouTube.


Le même jour, il relaie cette vidéo sur Facebook, à destination d'une centaine d'amis (donc un réseau très privé et limité).


La vidéo est spontanée mais éloquente, incisive, pleine d'humour pince-sans-rire, et chargée d'émotion (la saine colère).

Rapidement, le buzz circule.

Le 10 janvier, après le week-end, les télévisions belges francophones, la RTBF et RTL, relaient le coup de gueule.


Bizarrement, je ne trouve pas de trace de cette vidéo sur les sites web des télévisions flamandes (pas même à la VRT où Kris Janssens travaille).

Est-ce que je bute simplement sur des questions d'accessibilité à l'info et de moteur de recherche... ou bien le contenu de cette vidéo serait-il politiquement incorrect pour l'audience flamande ?


Le 11 janvier, la presse écrite francophone prend le relais (mais que vaut encore cette notion de télévision ou de presse écrite lorsque tous se bousculent sur Internet ?). Le Vif l'Express, d'abord, puis Le Soir, et enfin la DH, qui prend l'initiative de sous-titrer la vidéo. La Libre arrive deux jours plus tard.


Un petit détour vers les Tendances de recherches sur Google confirme un effet de buzz très récent et très marqué sur les termes "Kris Janssens". Donc un effet de popularité du journaliste à titre privé.


Que retenir de cette histoire ?

  • Internet est définitivement un créateur de buzz.
  • Ce buzz s'amplifie lorsque les médias classiques s'y joignent (médias sociaux + médias classiques = SuperBuzz).
  • Les journalistes agissent à titre personnel, en parallèle avec leur "entreprise". Ce qui peut servir ou desservir la dite entreprise. En tout cas, cette histoire (et d'autres histoires récentes d'Internet) amène un questionnement sur la frontière entre agir à titre personnel ou agir au nom de l'entreprise pour laquelle on travaille.
  • Le journaliste peut-il dire "Je" ? Le journaliste peut-il s'impliquer émotionnellement ? Peut-il exprimer autre chose qu'un copier-coller de l'agence AFP ou Belga ? Pourquoi pas, après tout, s'il documente sa démarche.
  • Le réflexe de la DH de sous-titrer la vidéo flamande était un bon réflexe.
  • Les journalistes de métier disposent, avec Internet, d'un bel outil de veille et d'analyse de la société. Je conseille aux médias professionnels de désigner des "veilleurs" et d'investir dans les compétences de veille. Par ailleurs de prendre du recul par rapport aux faits et apporter un éclairage et une plus-value journalistiques (l'article de La libre, par exemple, non seulement vient avec un cran de retard, mais n'apporte que très peu d'éclairage et de prise de recul).

Internet, c'est comme un marché à la criée.

Si vous ne faites pas de grands gestes, de rabattage explicite, d'interpellations directes, vous tombez dans l'oubli.

Un site web, aussi intéressant soit-il, livré à sa propre existence, éprouve des difficultés à générer un trafic régulier et croissant.

Pendant les premières années du Web, la newsletter e-mail restait le meilleur moyen de pousser les contenus (on parle du "push", en Anglais, notion parfois galvaudée).

Ensuite, les blogs ont démocratisé les flux RSS.

Et plus récemment, les médias sociaux ont pris de l'ampleur et contribuent, eux aussi, à propulser vos contenus.


Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients :

Chacun de ces canaux correspond aussi à un profil socio-démographique différent. Les tranches d'âge jeunes sont très actives sur Facebook. L'e-mail reste plus pertinent pour toucher une audience adulte. Twitter est moins "grand public", mais peut s'avérer extrêmement efficace dans la mesure où on y trouve les "influenceurs d'opinion".

Si vous pouviez m'aider à étoffer ce tableau, ce serait génial... vos commentaires sont bienvenus !


J'aimerais également collecter des statistiques d'entreprises sur la part de trafic généré respectivement par l'e-mail, le RSS et les médias sociaux. En possédez-vous ?

En ce qui me concerne, c'est ma newsletter e-mail qui continue de provoquer le pic de trafic le plus net. Elle peut m'amener entre 500 et 1000 visites, là où Twitter et Netvibes m'apportent respectivement une cinquantaine de visites à chaque billet posté. Mais c'est fortement lié à l'historique : ma newsletter e-mail existe depuis plusieurs années, alors que ma présence sur Twitter est beaucoup plus récente et moyennement active.

Parmi les outils sociaux, Facebook génère 13 fois plus de trafic que Twitter sur les sites d'actualités.


Notez que le monde réel peut également contribuer à déclencher des visites vers les plate-formes où vous êtes présents sur le web.

La marque de ketchup Heinz l'a bien compris en plaçant un "Find us on Facebook" sur certaines de ses bouteilles :


Alors, entre l'e-mail, le RSS, Facebook et le reste, quel canal de diffusion choisir ?

Probablement plusieurs d'entre eux ! Il convient de multiplier ces approches, plus complémentaires qu'exclusives.

La dispersion des plate-formes complique, en revanche, la mesure de l'audience. Vos contenus, lus sur Netvibes, sur Twitter ou dans un e-mail transféré à un tiers, échappent parfois à vos statistiques. Votre lectorat existe au-delà des frontières de votre site web.

Catégories : Newsletters - Web marketing - Etudes

Les données statistiques ne sont pas toujours faciles à évaluer... Un taux de conversion de 3% est-il un échec cuisant ? Un taux de désabonnement de 1% signifie-t-il un franc succès ?

Pour cette raison, il est précieux de connaître les statistiques moyennes. Et la société Experian CheetahMail France nous les livre, via le Journal du Net.

Source : Journal du Net

Ci-dessus, les tendances générales. Mais, en explorant ce dossier dans sa navigation latérale, il est possible de connaître les chiffres par secteur : B2B, Banque-assurance, Distribution, Luxe, Secteur public, Médias, Pure Players, Tourisme, Vente à distance.

Le taux d'ouverture moyen en marketing e-mail frise les 20%. La plupart du temps entre 15 et 25%. Quatre e-mails sur cinq sont donc tués dans l'oeuf, supprimés sans plus attendre, sur base de leur objet ou du nom de leur expéditeur.

Le taux de clic est de 3 ou 4%. Il atteint 10%, en moyenne, dans les contextes les plus favorables. J'avais travaillé avec 3 Suisses, notamment, et certains e-mails, ludiques ou boostés par des promotions intéressantes, atteignaient parfois 30 ou 40% de taux de clic. Il s'agit du clic au départ de l'e-mail qui, souvent, atterrit sur une page web. Dans votre "entonnoir" statistique, il faut en général prévoir un second taux de conversion, sur le site web, des visiteurs en provenance de l'e-mail. Et oui, il faut un gros volume de trafic et une audience qualifiée pour parvenir à générer un business digne de ce nom.

Le taux de désabonnement moyen oscille entre 1 et 3 pour mille. Un taux de désabonnement de 1% (question évoquée plus haut) devrait donc traduire un manque de confiance dans votre campagne.

Et vos chiffres à vous ? Ils collent avec la moyenne ?

Meetic s'intéresse aux... droits de l'homme

Catégories : Humeur - Web marketing - Web culture

J'effectuais, hier, une recherche sur les "droits de l'homme".

La publicité latérale, signée Meetic, m'a pour le moins surpris.

Du coup, j'ai testé "Droits de l'enfant" et "Droits de la femme"... et tout va bien, Nintendo et Loréal n'y sont pas présents ;-)

Google Maps affiche (ou non) les commerces

Je vous parlais récemment de référencement géolocalisé, en évoquant les sélections d'entreprises affichées lors de recherches contenant le nom d'une ville.

Mais de plus en plus de commerces apparaissent également au travers de Google Maps.

Notez que, dans l'exemple ci-dessus, les tenanciers auraient intérêt à s'enregistrer, dans le Local Business Center de Google, comme "Restaurant Apocalypse", et non "Apocalypse" tout court. Et ce, afin de faire ressortir la nature de leur commerce.

Google renverra bientôt les pages d'or aux oubliettes (si ce n'est pas déjà fait), ainsi que la plupart des annuaires locaux.

L'empreinte de Google sur le paysage économique mondial apparaît de plus en plus sidérale. Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter ?

Les entreprises ont, en tout cas, intérêt à maîtriser les clés de cette visibilité.

Source de l'image : motifake.com.

Référencement local: un enjeu croissant

Rien de nouveau si ce n'est que le système gagne en fréquence d'affichage et en densité de résultats : certaines recherches, sur Google, lorsqu'elles contiennent des noms de ville, conduisent à des résultats géolocalisés...

Apparaître dans cette sélection de liens semble stratégique pour toute entreprise. Particulièrement dans certains secteurs à ancrage très géographique, comme le secteur de l'hôtellerie et de la restauration.

Pour localiser votre société et qualifier son activité, il vous suffit de vous rendre sur le Local Business Center de Google (parmi les options de votre profil Google personnalisé)...

Je me pose néanmoins beaucoup de questions concernant:

  • Les facteurs qui font qu'on apparaît dans les premiers résultats sélectionnés (les critères de "ranking" diffèrent vraisemblablement d'une page web classique; c'est la société, en tant que telle, qui est référencée)
  • Les catégories de business (Comment sont-elles utilisées? Vaut-il mieux créer des catégories sur mesure ou se rabattre sur les choix suggérés par Google? A-t-on à faire à de la folksonomie pure, totalement ouverte, ou bien Google structure-t-il davantage les champs d'activité?)
  • La rapidité avec laquelle les modifications de profil sont répercutées

Avez-vous repéré des articles pointus sur le sujet ?

AJOUT 09.10.09: Merci pour vos commentaires. En conséquence, je vous renvoie vers l'article de Sébastien Bailly, traduction et résumé d'une étude assez complète sur les paramètres influençant le référencement local.

Référencement : les Assurances AP ont eu une (presque) bonne idée

En ces temps difficiles, il est bon d'associer le mot clé "sécurité" à toute la panoplie de produits financiers.

Aussi, les Assurances AP ont eu l'excellente idée de créer le nom de domaine www.epargnepensionsecurite.be.

Malheureusement, ils ont négligé nos recommandations sur l'usage du trait d'union dans les URLs. Les mots clés, certes bien choisis, sont ici noyés.

Vous me direz sans doute que ce site web est le fruit d'une action commerciale momentanée, relayée par la radio notamment, et qu'il n'a pas besoin de se faire référencé dans les moteurs.

Je vous répondrai qu'un nom de domaine comme celui-là vaut la peine de faire l'objet d'une stratégie de visibilité à long terme. Et pour Google, un trait d'union, ça compte.

Ces blogueurs qu'on achète... maladroitement

Je viens de recevoir un courrier qui est l'exemple même, à mon sens, d'une approche naïve de la blogosphère à des fins marketing...

Je cite :

Bonjour,

Chargée de markéting sur des portails de jeux en ligne et de finance, je recherche actuellement des blogueurs qualifiés qui rédigeront, sur leurs blogs, des articles sur les services et produits dont je suis chargée de faire la promotion.

Pour ce faire, une contrepartie financière vous sera versée, allant en général de 10 à 30 euros en fonction de votre site et certains autres paramètres à définir ensemble.

Nous nous engagerons à vous payer sur votre compte Paypal rapidement après la mise en ligne de votre article. De votre côté il faudra aussi respecter certaines règles quant à la rédaction et la mise en place de cet article.

Impatiente de vous voir rédiger vos premières lignes, je vous dis à bientôt.

Traduction :

Je recherche des blogueurs qualifiés mais qui sont prêts à se faire lobotomiser en échange de cacahouètes... Et bien non, Madame, moi, je ne mange pas de ce pain-là !

Des suffixes en veux-tu-en-voilà ?

Catégories : Web marketing

C'est le sujet du jour.

L'Icann, autorité de régulation des noms de domaine sur Internet, vient d'annoncer la libéralisation des suffixes dès le premier trimestre 2009.

En clair, la liste des suffixes ne serait plus fermée aux seuls .com, .net, .org et autres .fr et .be.

Des noms de domaines nouveaux pourraient voir le jour, tels que :

  • www.hilton.hotel
  • www.hotel.hilton
  • www.60questions.consultancehautdegamme
  • www.formations.web
  • www.jeanmarc.hardy
  • www.division1.basketball
  • www.jetaime.marie
  • www.moi.nonplus
  • www.mondomaine.amoitoutseul

Etc. La liste est infinie.

Alors, vous et moi, en janvier prochain, on crée nos suffixes sur mesure ?

Pas si vite !

Contrairement à ce que d'aucuns pourraient laisser penser, la création d'une extension ne sera pas à la portée de tous : "Il faudra montrer patte blanche en termes de compétences techniques et de solidité financière", explique Loïc Damilaville, directeur général adjoint de l'Afnic (association chargée de gérer les noms de domaine français).

Pour en savoir plus, lisez Le Monde ou ce bon article sur Blogodomaines.

Pour entrer dans la polémique, lisez l'indomptable Jean-Marie Leray (Adscriptor), sans pitié pour cet article des Echos, il est vrai fort naïf dans la manière dont il relaie l'information.

L'article de Jean-Marie (re)publie un diagramme représentant le flux d'évaluation d'une nouvelle extension. De quoi vous convaincre tout de suite que la création de votre suffixe maison ne sera pas une partie de plaisir ;-)

Signer avec un nom de marque, est-ce que c'est du spam ?

Catégories : Web marketing - Réflexions

Dans la série des commentaires qui ont éveillé mon attention, il y a celui-ci, au bas d'un billet sur les tests "eye-tracking" :

Le commentaire semble parfaitement pertinent. Il est totalement en phase avec le contenu de mon billet. Cependant, le nom du visiteur ("rencontre") est interpelant par son caractère générique. De fait, il mène vers un site de rencontre.

En ce qui concerne le contenu du commentaire, on ne peut pas parler de spam (NDLR: spam = courrier publicitaire non sollicité), puisque les propos prennent tout leur sens par rapport au sujet du billet.

En revanche, la signature n'est pas de celles qu'on attend. Elle est générique et pointe vers un site de service (certes gratuit, mais affichant de la publicité). Ce qui est une manière plutôt insidieuse d'introduire une marque dans des espaces de discussion plus ou moins fréquentés (plutôt plus que moins pour justifier l'énergie que demande la production d'un commentaire pertinent).

A moins que la personne en question ne s'identifie totalement à son projet. Ce que je peux accepter. Mais, dans ce cas, je proposerais une signature du genre "Webmaster du site X ou Y". L'effet serait plus clair et la suspicion, diminuée.

Peut-être que la personne qui a déposé ce commentaire pourra d'ailleurs elle-même nous guider ?