Achats en ligne : disproportions importantes en Europe

Le Journal du Net publie, ce matin, un dossier sur les comportements d'achat en ligne.

Moi qui suis souvent confronté à des projets à échelle européenne, pour le compte de la Commission ou du Parlement européens, je suis frappé par les disproportions qui persistent entre les pays membres en ce qui concerne l'adoption du média Internet.

Source : Journal du Net

82% des Britanniques ont effectué plus de 5 achats en ligne dans l'année, contre 33% des Espagnols. Le Sud de l'Europe semble moins perméable à l'arrivée des nouveaux médias.

La fréquence d'utilisation du média varie donc fortement d'un pays à l'autre. Mais au-delà de cette donnée quantitative, je serais curieux de répondre à la question suivante (qui m'est souvent posée en formation) : Existe-t-il des différences culturelles dans la manière d'utiliser le média ?

Un Grec lit-il différemment d'un Danois ? Un Tchèque se déplace-t-il différemment d'un Italien sur un site web ?

Le débat dépasse l'Europe, bien évidemment. J'avais d'ailleurs déjà évoqué le sujet dans ce billet : Sites web arabes : ergonomie en miroir.

Si vous disposez de données sur l'impact des différences culturelles sur les comportements des utilisateurs Internet, ça m'intéresse !

Catégories : Web culture - Réflexions

Avouez qu'ils sont forts lorsqu'il s'agit d'exploiter l'actualité, le besoin d'information du moment...

Souplesse, épuration, cohérence.

Sens de l'info clé.

Ce faisant, Google fait concurrence à bien des sites de contenu.

Notez que cette technique qui consiste à construire des résultats sur mesure en réponse à des mots clés choisis est totalement applicable au cas du moteur de recherche interne d'un site intranet ou internet d'entreprise. Une technique puissante très largement sous-utilisée jusqu'à présent.

Connaissez-vous des entreprises qui injectent de l'intelligence éditoriale dans les algorithmes du moteur de recherche ?

La Wallonie manque encore de webmasters

Il y a 2 ans, j'évoquais le manque de webmaster dans les communes wallonnes. A l'époque, 64% des communes ne disposaient pas d'un webmaster.

L'AWT (Agence Wallonne des Télécommunications) vient de publier les résultats d'une nouvelle étude, menée en 2009, sur l'état d'Internet en Région wallonne. Au niveau des sites officiels communaux, la situation progresse, mais reste étonnamment imparfaite. 48% des sites web communaux ne sont pas gérés par un webmaster attitré. Et parmi les 52% de communes ayant engagé un webmaster, seules 11% ont prévu un temps plein.

Lorsqu'on réfléchit au potentiel d'un site web communal (guichet administratif virtuel, informations culturelles et sportives, démocratie locale, etc.), on est en droit de penser que la marge de progression reste gigantesque.

Bon, maintenant, ce chiffre doit être interprété prudemment. Qu'entend-t-on par "webmaster" ? La personne qui veille à la mécanique (webmaster au profil technique) ? La personne qui coordonne le contenu (webmaster éditorial) ? Dans le contexte des CMS (outils de gestion de contenu), il est possible d'arriver à des situations où l'organisation met en place un workflow qui implique le personnel existant sans nécessairement exiger la présence de techniciens du web. Néanmoins, je reste assez convaincu de l'absolue nécessité de nommer un webmaster au sens de responsable du site web. Si le projet web n'est pas porté et incarné par un "chef", il a toutes les chances de se diluer.

Loin de moi l'idée de basculer dans une politique du tout-pour-Internet et de nier la question de la fracture numérique. Mais, globalement, le graphique ci-dessous indique une utilisation du média de plus en plus répandue. La progression du nombre d'utilisateurs d'Internet impressionne moins que l'intensification de l'usage. En trois ans, la proportion des personnes qui utilisent Internet quotidiennement est passée de 45 à 60%.

Et la tendance est évidente si l'on analyse les chiffres sous l'angle des tranches d'âge. 98% des jeunes wallons de 15 à 29 ans utilisent Internet !

L'engagement et la confiance dans les nouveaux médias se traduit également par d'autres chiffres : 47% des Wallons achètent en ligne et 28% d'entre eux ont créé un site web ou un blog. Chaque individu devient potentiellement créateur de contenu.

Quant aux entreprises, elles commencent à s'intéresser aux réseaux sociaux (16% des entreprises wallonnes présentes sur Twitter ou Facebook) et à se soucier de leur présence sur la toile (17% des entreprises wallonnes ont fait appel à des spécialistes du référencement).

Au-delà de son état des lieux, l'AWT émet une série de recommandations. Elle invite notamment à développer des bonnes pratiques sectorielles. Chose à laquelle je souscris entièrement, tant il est vrai que la manière de concevoir un site Internet varie en fonction des objectifs et des situations.

Le rapport très riche de l'AWT applique déjà, d'une certaine manière, cette approche sectorielle, en s'intéressant au secteur du tourisme par exemple.

Pour en savoir plus : baromètre 2010 TIC de la Région wallonne.

Meetic s'intéresse aux... droits de l'homme

Catégories : Humeur - Cybermarketing - Web culture

J'effectuais, hier, une recherche sur les "droits de l'homme".

La publicité latérale, signée Meetic, m'a pour le moins surpris.

Du coup, j'ai testé "Droits de l'enfant" et "Droits de la femme"... et tout va bien, Nintendo et Loréal n'y sont pas présents ;-)

Le nouveau Google : ergonomie enrichie

Comme vous le savez sans doute déjà, Google vient de modifier en partie ses interfaces.

Il s'agit plus d'une évolution que d'une révolution. La page d'accueil reste plus ou moins identique. Les pages de résultats s'enrichissent de fonctionnalités (présentes dans une colonne à gauche) qui existaient déjà pour la plupart, mais dont l'accès était moins direct.

Comme le montre le Journal du Net, cet enrichissement fonctionnel ne se fait pas aux dépens de la quantité de résultats affichée dans l'écran. C'est même l'inverse qui se produit.


Icône + texte
Les résultats, globaux par défaut, peuvent être filtrés en un clic sur base de différents formats (images, vidéos, discussions,...). Google a créé une palette d'icônes, soutenues par des libellés textes. Des études d'ergonomie qui ne datent pas d'hier, mais remontent aux débuts de l'informatique, démontrent que les interfaces qui associent un libellé texte et une icône visuelle obtiennent les meilleurs résultats (comparativement au recours au texte seul ou à l'image seule).


Affinement progressif
Plus les utilisateurs activent les critères, plus il en apparaît. L'interface s'étoffe à mesure que la recherche se précise, selon le principe du WYSIWYN ("What You See Is What You Need").


Exploration chronologique
Le nouveau Google combine le chaud et le froid : les résultats en temps réel et l'histoire ancienne. D'un côté, le bouillonnement constant de l'information et de la rumeur, à travers des extraits de Twitter, notamment. A l'autre bout, la possibilité d'explorer des documents anciens, jusque dans le profond Moyen-âge.


Roue magique
Certaines représentations alternatives permettront de parcourir les résultats d'une autre manière. Le système de la "roue magique" me rappelle l'ancien moteur de recherche visuel Kartoo, aujourd'hui disparu de la toile. Il offre la possibilité d'explorer les principales branches sémantiques liées à l'expression recherchée.


Pied de page
En bas de page, l'utilisateur peut désormais réintroduire une recherche, rechercher "dans les résultats", obtenir des conseils de recherche ou envoyer des commentaires.


Consistantes améliorations, donc, même si rien n'est jamais très spectaculaire avec Google (continuité et utilisabilité obligent).

J'attends avec curiosité les premières données sur l'évolution des comportements utilisateurs face à ces changements. Par exemple le taux d'utilisation des paramètres de filtre avancés.

Et vous, vous avez l'impression que votre utilisation du moteur va être affectée par ces nouvelles options à portée de souris ?

Désapprendre la littérature

Lorsque nous apprenons à écrire à l'école, on nous donne souvent la littérature à titre de repère.

Sommes-nous armés pour rédiger un hyperlien, un bouton, un menu ?

Pas certain.

La littérature améliore-t-elle les taux de conversion ?... Rien n'est moins sûr.


Peut-être serait-il utile aussi d'apprendre, à l'école, à maîtriser cette forme d'écriture interactive et opérationnelle, si nécessaire au Web, non ?

C'est, en tout cas, l'objectif que je vise lors de ma formation "écrire pour le web" en entreprise.


P.S. A part ça, la littérature, j'adore. Pour l'instant (c'est-à-dire depuis deux mois), je lis "L'élégance du hérisson". Et je la trouve fameusement drôle et intelligente, Muriel Barbery.

Pourquoi l'école prépare-t-elle mal au Web ?

C'est sous ce titre un peu provocateur que je donnerai une conférence, demain, auprès de milieux académiques.

Je prépare mes diapositives en ce moment.

Et voici mon fil rouge... pour provoquer vos suggestions, délires et commentaires !

12 mauvais réflexes qui nous viennent de l'école

1. Raisonner « Introduction – Développement – Conclusion »
2. Faire de la littérature
3. Être exhaustif
4. Être érudit
5. Être sérieux
6. S’en tenir à l’académique pur
7. Manier de nobles concepts
8. Utiliser le subjonctif imparfait
9. Considérer le dessin comme un cours annexe
10. En faire un maximum
11. Ne pas laisser copier le voisin
12. Faire plaisir au prof

Pourquoi l'école nous prépare-t-elle mal au web ?

C'est le thème de la conférence que je donnerai au 5ème Forum des Technologies de l’Information et de la Communication, organisé par Campus numérique, le 22 avril prochain, à Charleroi.

Descriptif de mon intervention :

En un laps de temps très court (une dizaine d'années), Internet est rentré dans nos vies.

Internet est partout. Quelle que soit l'entreprise, publique, privée, grande, petite... vous allez y goûter.

Tous les métiers sont touchés : le marketing, la communication, la recherche, l'ingénierie, la formation, les ressources humaines, l'administration, la gestion de projet, le management,...

Chercher efficacement sur le réseau, publier efficacement, converser efficacement, sont des compétences devenues indispensables.

Chaque personne au sein d'une entreprise est désormais invitée à publier de l'information en ligne, ne serait-ce que sur l'intranet.

Mais publier sur le web demande du bon sens, et même plus. Les internautes font très vite le tri : une mauvaise page web est rapidement jetée aux oubliettes.

L'école nous donne-t-elle les clés du média ? C'est loin d'être sûr.

Comment Microsoft localise son image

Catégories : Web culture

Les banques d'images américaines nous habituent à ce merveilleux équilibre racial : un asiatique, un black et un blanc (ou une) réunis par le bonheur de travailler ensemble.

Mais l'adaptation culturelle a ses exigences. Voyez donc ce que donne la même communication en Pologne...

Source : 7 sur 7.

Vous aussi, vous êtes allergiques aux banques d'images surfaites ? Les multinationales en sont pourtant de grandes consommatrices.

Kickers en ligne : chute de qualité

Globalement, la qualité des sites web s'améliore. C'est évident. Un détour via les archives du Web vous convaincra de l'évolution positive, en termes d'ergonomie et de qualité de contenu, de la plupart des sites web.

Mais il n'en va pas toujours ainsi. Certaines nouvelles versions de sites web peuvent constituer un véritable retour en arrière, sur le plan de la qualité. Lors d'une refonte, il reste toujours le risque de jeter le bébé avec l'eau du bain et de frustrer les habitudes acquises par vos plus fidèles visiteurs. Confiez votre projet à une agence qui veut se faire plaisir, et vous prendrez le risque de détériorer l'expérience de votre marque en ligne.

C'est clairement le cas de Kickers, à mes yeux...

Les premiers pas de Kickers sur le Web étaient très prometteurs. Je vantais kickers.be en 2001 pour son module "Créer votre Kickers", basé sur une programmation Java, très innovant et très intuitif pour l'époque. Ce module aurait très bien pu évoluer vers une application Flash ou Ajax très conviviale.

Prise d'écran - kickers.be - 2001

Bien entendu, un tel module dépend aussi de la logistique en arrière-plan. Des chaussures coloriées sur demande doivent pouvoir être produites, livrées et vendues moyennant des marges commerciales viables. C'est peut-être une des raisons qui explique que le module ait été abandonné. Je n'ai pas pris contact avec Kickers pour leur poser la question. Je me contente de porter un jugement sur le plan de l'expérience utilisateur.

Prise d'écran - kickers.com - 2010

Le site central de la marque (kickers.com), qui imprime son style aux sites espagnol et français, est à mes yeux complètement ringard. Le designer semble avoir voulu se faire plaisir à travers un environnement full flash nerveux et dispersé, qui valorise peu la marque et les produits, de même qu'il rend la navigation plutôt pénible. Du mauvais Flash tel qu'on pouvait le vivre au début des années 2000. Ce site constitue, à mes yeux, une régression par rapport à ce qui existait précédemment.

La présence de Kickers en ligne relève aussi de l'équilibre cohérence/localisation d'une marque à l'échelle internationale. Visitez le site Kickers en Italie, en France, en Belgique ou en Grande-Bretagne, vous vivrez une expérience et un environnement graphique totalement différent.

La possibilité de personnaliser sa paire de Kickers, disparue aujourd'hui sur le site belge, existe sur les sites italien et britannique sous des formes différentes, avec des qualités ergonomiques variables.

Prise d'écran : www.colourmeintowin.com via kickers.co.uk - 2010

En résumé : Même des marques fortes éprouvent parfois, encore aujourd'hui, des difficultés à rationaliser leur présence en ligne et créer un univers séduisant et efficace.