Tout d'un blog

Catégories : Blogs - Web culture - A lire - Réflexions

... C'est le titre d'un ouvrage très récent dont j'ai eu l'honneur d'écrire la préface.

Je m'intéresse beaucoup à l'impact psychologique et sociologique des nouveaux médias. En quoi Internet ou les blogs changent nos comportements d'êtres humains ? Quelles émotions nouvelles est-on amené à vivre ? Quelles joies et quelles dérives ?

A ma connaissance, il s'agit d'un des tout premiers essais sur le sujet. Le blog, vu sous l'angle du vécu intime.

« Je ne suis qu’une blogueuse ordinaire », écrit Nicole Versailles comme pour s’en convaincre. Il faut dire qu’aujourd’hui, chacune de ses « petites paroles inutiles » quotidiennes inspire systématiquement 30 à 60 commentaires. Un niveau d’interactivité qui ferait pâlir bien des professionnels.

Tout d’un blog, c’est une réflexion sur l’aventure du blog. Pas un bouquin du genre « 60 conseils pour réussir votre blog » ou « Blogs de pros ». Non. Plutôt l’expression intime et très féminine du vécu de cette nouvelle forme d’expérience littéraire partagée.

De nombreux blogueurs amateurs, ou moins amateurs, pourront se retrouver dans cette nouvelle. Nicole Versailles décrit avec justesse les phases par lesquelles le blogueur a toutes les chances de passer : la découverte, l’enthousiasme, l’essoufflement, la vulnérabilité, la médisance, l’écoeurement, le faux arrêt, le second souffle,...

La fausse modestie du blogueur s’y trouve fort bien épinglée. Ce blogueur qui, très vite, devient littéralement accro à ses statistiques de visites et très soucieux du nombre de commentaires qu’il parviendra à susciter. Jusqu’à pousser convulsivement sur le bouton « Refresh » de son navigateur, dans l’espoir de voir apparaître une nouvelle réaction, un nouveau lecteur, un nouveau compliment.

Aimer un blog, c’est aimer l’âme d’une personne. Le blog devient donc aisément le miroir moderne d’un certain narcissisme. Et Nicole Versailles l’a bien compris : « Commentaire, dis-moi que je suis la plus belle ».

Au début, le blogueur (la blogueuse dans notre histoire), sous un pseudonyme poétique, met en ligne ses premiers billets comme on jetterait une bouteille à la mer. Sans savoir si son message sera découvert, sans savoir s’il sera lu, ni par qui, ni quel effet il produira. Puis, un jour, arrivent les premiers commentaires. Jusqu’au moment où l’auteur se rend compte qu’il n’est plus tout seul. Il a créé autour de lui une communauté de lecteurs, fidèles ou occasionnels.

Se pose alors un conflit : dois-je continuer à écrire rien que pour moi ou dois-je tenir compte de mes lecteurs ? Dois-je me censurer ? Car ce qu’on dit dans la bouteille jetée à la mer n’est pas forcément décent pour les personnes avec qui nous sommes entrés en relation.

Voilà que l’auteur perd en partie son anonymat et le problème se pose de manière encore plus aiguë. Devra-t-il sévir sous un autre nom d’emprunt et délaisser alors tout ce qu’il a construit ? Ou bien assumer jusqu’au bout son intériorité, jusqu’à se vulnérabiliser et friser, sans le vouloir, l’indécence ?

Tout d’un blog met ainsi parfaitement le doigt sur un paradoxe que renferme le concept-même du blog : l’envie d’être lu pour ce qu’on est intimement peut être pervertie par le succès du blog et les attentes projetées des lecteurs. Ce paradoxe d’une intimité publique a poussé certains à inventer le mot « carnet extime ».

Bienvenue, donc, dans la peau d’une blogueuse (presque) ordinaire.


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Le livre est censé être sorti en librairie

Nicole Versailles, Tout d'un blog, Editions "Couleurs livre", Collection "Je".

Vous pouvez le commander via le site web de l'éditeur.

Voici aussi le lien vers le blog littéraire de Nicole Versailles.

L'e-learning à la portée de tous

Catégories : Outils - Web culture

Le projet Claroline a reçu, aujourd'hui, le prix UNESCO - Roi Hamad Bin Isa Al-Khalifa 2007 pour l'utilisation des technologies de l'information et de la communication dans l'éducation. Il a été désigné lauréat avec le projet américain Curriki, parmi 68 projets en compétition.

Claroline est une plate-forme open source qui permet de créer des cours en ligne. Le projet est né en Belgique, en 2001, à l'UCL (Université Catholique de Louvain) et a pris, depuis, une ampleur internationale.

On ne saurait trop faire de publicité pour ce produit : une riche plate-forme d'apprentissage à distance distribuée entièrement gratuitement.

Claroline permet notamment de :

  • Gérer des documents et des liens
  • Créer des exercices en ligne
  • Construire un parcours pédagogique
  • Travailler en groupes
  • Intervenir à plusieurs sur des documents
  • Discuter : forum et chat
  • S'organiser : agenda et annonces
  • Superviser : utilisateurs et statistiques

En ce qui me concerne, je compte bien la tester pour certains de mes cours privés ou académiques.

L'équipe de Claroline est très soucieuse de la facilité d'utilisation de son produit. Pour preuve, ils m'ont invité à animer, ce vendredi, une journée sur le thème de l'ergonomie.

google.com expérimente une autre disposition de son menu

Catégories : Ergonomie - Web culture

Aujourd'hui sur google.com :

Le menu central a glissé en haut de page.

Au-delà de l'incommodation provoquée par le changement (un bien grand mot, je vous l'accorde, dans le cas qui nous occupe), cette nouvelle disposition ne me convainc qu'à moitié. Je préférais voir associer le menu à l'outil de recherche.

Vous en pensez quoi ?

World usability (yester)day

Catégories : Evénements - Ergonomie - Web culture

Au moment-même où notre pays se déchire sur la scène politique, cela m'a fait plaisir, hier soir, de voir se réunir des gens de Leuven et de Louvain-la-Neuve, des académiciens et des privés, autour d'une même passion : l'ergonomie (ou utilisabilité, si vous préférez).

(Source des photographies : Moosh)


Sacha Kocovski nous a expliqué la démarche du benchmarking en ergonomie, à travers un test utilisateur comparatif des sites hospitaliers Erasme et Brugmann. Pour la petite histoire, le CHU Brugmann sort vainqueur.

David Geerts, posters à l'appui, nous a matérialisé le concept de "personas" utilisé dans la conception de sites web. Avec quelques idées innovantes : la simulation du comportement social des personas à travers les nouveaux réseaux web 2.0, ainsi que le recours à des personas "rebelles", qui sortent du cadre bien gentil utilisé habituellement.

Jean Vanderdonckt nous a fait part d'expériences dans le domaine médical. A travers une mise en situation vidéo, il nous a commenté autant l'ergonomie des processus que l'ergonomie des interfaces. En évoquant l'adaptation des données à plusieurs supports : PC pocket, PC normal et écran digital géant.

Quant à moi, comme annoncé, j'ai revisité les critères de Scapin et Bastien (principes d'ergonomie empiriquement validés) sous l'angle éditorial. En utilisant un maximum d'exemples concrets. J'espère que je n'ai pas dit trop de bêtises ;-)

J'ai eu le plaisir de croiser plusieurs visages familiers du petit monde des professionnels du Web en Belgique.

Notamment :

  • Baudouin de Menten (artwhere.be)
  • Marina Aubert et Marie Van Humbeeck (fondatrices de l'association e-criture.org)
  • Matthieu Laurent (un king du e-learning sur claroline.net)
  • Monique (avocate de l'accessibilité, sur webatou.be)
  • Katsoura (tutoweb.com... allez voir, ça vaut le coup)
  • Muriel Vandermeulen (consoeur passionnée d'écriture web)
  • Régine Lambrecht (spécialiste accessibilité / ergonomie chez ascii.be)
  • Vincent Battaglia, dit Vinch (blogueur sur vinch.be)

Merci aux organisateurs (Emakina, UCL).

Internet, une arme qui gêne la dictature birmane

Catégories : Web culture - A lire

Je sais que je fais un peu le grand écart avec ma ligne éditoriale. Mais c'est pour la bonne cause...

A lire :

La junte censure Internet, sur Radio France Inter.

La Birmanie coupe ses connexions à Internet, sur Zataz.com.

Etat de la liberté de la presse en Birmanie, sur Reporters sans frontières.

Pour agir :

En France : http://www.info-birmanie.org/

En Suisse : http://www.birmanie.ch/

En Belgique : http://www.birmanie.net/

Web anthropologique

Catégories : Web culture

Les initiatives web à échelle de la planète poussent comme des champignons.

6 milliards d'autres est un projet en cours qui compilent des interviews courtes, de qualité, d'êtres humains aux quatre coins du monde.

J'aime la navigation, très existentielle :

  • Amour
  • Dieu
  • Famille
  • Joie
  • Nature
  • Peurs
  • Rêves
  • Rires

Belle esthétique. La vidéo de qualité fait son chemin sur Internet.

Le site va se développer d'ici 2008. Les utilisateurs auront la possibilité d'ajouter leur propre témoignage.

Mais quels utilisateurs ? La petite fille de brousse qui se lève avec le soleil pour porter des fagots de bois aussi hauts qu'elle ?

Restons lucides, au-delà de la beauté d'un tel projet. Je reviens de Madagascar où les gens marchent à pieds nus et revendent des bouteilles en plastique. Une île grande comme deux fois la France et contenant deux routes dignes de ce nom. Le web 2.0 s'arrête souvent à l'Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Comment utiliser les nouveaux médias pour refléter la diversité du monde et non la voix monocorde des nations occidentales ? C'est aussi le défi posé ici.

Moi aussi, je sais faire un site web

Catégories : A lire - Web culture

J'ai pris un certain plaisir à lire un récent billet d'Aymeric Jacquet à propos de ces concurrents que l'on aime détester.

Y passent à tour de rôle :

  • Le neveu du cousin du beau-frère qui a programmé son premier jeu à 6 ans
  • L'étudiant qui veut se faire des références et qui travaille
  • Le graphiste qui fait des sites web
  • Mon boucher qui s'y met, lui aussi
  • Les casseurs de prix

Mon point de vue ?

D'un côté :

Je ne sous-estime pas la capacité de certains amateurs (dans le bon sens du terme) à réaliser d'excellents produits.
Je ne dédaigne pas les sites "clé sur porte", qui peuvent offrir un rapport qualité-prix réellement attrayant.
Il m'arrive de voir certaines agences facturer exagérément certaines productions qui n'en valent pas le coût.

D'un autre côté :

(Et là, je prêche pour le camp des professionnels)

Je crois dans l'expérience et le métier.
Je pense que l'amateurisme a ses limites dès que les ambitions du site atteignent un certain seuil.
En particulier sur les projets d'envergure (gros volume de contenu, multiples acteurs, dimension internationale, concurrence aigüe, enjeux commerciaux, construction d'une identité corporate, exploitation de bases de données, interactivité, ambitions en termes de visibilité, d'impact, de trafic,...). C'est dans ces projets-là que je doute le moins de notre valeur ajoutée.

Sexe et violence... même sur Wikipedia

Catégories : Web culture - Etudes

Entre septembre 2006 et janvier 2007, une étude a été menée, qui vise à identifier les pages les plus visitées sur Wikipedia.

Source : http://www.firstmonday.org/issues/issue12_4/spoerri/index.html.

On y retrouve en tête de rayon : Adolph Hitler, les attaques du 11 septembre et la première guerre mondiale, en compagnie du sexe oral, des gros seins et de la masturbation. L'encyclopédie collaborative ne bouleverse pas les habitudes de recherche et le palmarès auquels nous ont habitués Google, Yahoo et les autres.

Heureusement que les Simpsons (en bas à gauche) et les Beatles (en bas à droite) sont là pour nous rassurer sur la diversité des centres d'intérêt de la race humaine ;-)

Le choc des cultures... du Web

Catégories : Web culture

J'aime le côté multidisciplinaire de notre profession. Le fait que la conception d'un site web se situe à cheval entre plusieurs cultures : informatique, graphisme, marketing, communication,... Plus ces nouveaux métiers qui surgissent : référenceur, ergonome, spécialiste en accessibilité,...

Bien souvent, les différentes spécialités agissent de concert. Les principes d'ergonomie et les recommandations d'accessibilité, par exemple, oeuvrent globalement dans la même direction.

Mais il arrive que les règles entrent en conflit :

Esthétique >< Référencement

Oh, quelle belle police de caractère, très graphique, pour mes gros titres !
Oui, mais si elle nous oblige à utiliser une image, empêchant du même coup les moteurs de recherche de la reconnaître comme un titre.

Ergonomie >< Référencement

L'ergonomie nous impose de limiter la densité informationnelle. Faire court.
Le référencement, à l'inverse, nous pousse à augmenter la masse de contenu et de mots clés.

Accessibilité >< Ergonomie

Un graphique animé vaut parfois un long discours.
Oui, mais pas pour un aveugle.

Ergonomie >< Ergonomie

Au sein d'une même spécialité (dans ce cas-ci l'ergonomie), certaines règles peuvent entrer en conflit :

Le principe d'action minimale nous impose de réduire le nombre de clics nécessaires pour atteindre une information.
OK, mais si vous donnez accès à toutes les informations de votre site en un seul clic, au départ de la page d'accueil, vous risquez fort de surcharger cette dernière. Le principe d'action minimale entre alors en conflit avec un autre principe qui impose de limiter la densité informationnelle et le nombre de choix. Un équilibre est à trouver entre ces deux règles.

Dans un processus d'achat en ligne, le principe d'action minimale, encore lui, nous inciterait à valider immédiatement toute commande.
Oui, mais, une demande de confirmation n'est-elle pas rassurante ? C'est là que deux principes d'ergonomie entrent à nouveau en compétition : le principe d'action minimale et celui du contrôle utilisateur.

Ce ne sont que quelques exemples. Vous en avez vécu d'autres ?

Dérives verbales sur le forum des chefs d'entreprises algériens

Le Forum des Chefs d'Entreprises Algériens se présente sous une bannière d'allure professionnelle comme "une force d'analyse et de proposition".

Ses propos actuels en sont pour le moins surprenants :

Source : www.fce-dz.com.


Unilatéral et diffamatoire.

Contraste culturel, contraste de ton, contraste d'opinion sur ce qu'est la communication.

Le média Internet semble libérer les langues, pas toujours de manière constructive.

L'émetteur de critiques aussi crues en vient à se discréditer lui-même.

Peut-être s'agit-il d'un détournement (hacking) de l'outil. Mais dans ce cas, l'absence de réaction rapide de la part de l'éditeur est pour le moins surprenante.