Une séance eye-tracking qui confirme les grandes théories

J'ai assisté récemment à une séance de test de suivi du regard (eye-tracking) portant sur l'intranet d'une grande entreprise.

Pour des raisons de confidentialité, je ne peux vous dévoiler ni les prises d'écran ni les détails de ce test. Mais je tenais à exprimer avec quelle clarté les observations que nous avons pu faire confirment les grandes théories comportementales du Web :

1. Le "banner blindness" (traduisez : aveuglement face aux bannières) est une réalité. Les utilisateurs ignorent très largement le bandeau supérieur, sauf si ce dernier contient une fonctionnalité comme un moteur de recherche par mot clé.

2. La prédominance des gros titres. C'est eux qui récoltent prioritairement l'attention. Et de loin.

3. L'importance des premiers mots. Les utilisateurs ne lisent pas tout. Ils se contentent d'agripper les premiers mots.

4. Le fonctionnement de l'oeil par bonds rapides, parfois imprévisibles, avec des durées de fixation variables.

5. La prédominance du texte par rapport aux photographies. Du moins dans le contexte d'une recherche d'information (ce qui correspondait à notre scénario).

La plupart de nos observations auraient pu être réalisées avec un simple test utilisateur (observation et verbalisation), mais l'oculométrie nous offre un confort et un rendu très appréciables.

Pour en savoir plus sur le sujet, lisez cet article de redaction.be.

L'intranet au secours de l'internet

Catégories : Sites intranet

A travers mes formations, je remarque que employés ou fonctionnaires sont souvent très conscients des lacunes de la communication externe de leur entreprise. Ils ont des critiques à formuler, des suggestions à émettre.

Pourquoi ne pas miser sur l'intranet pour profiter de cette intelligence collective dont dispose l'entreprise ?

Concrètement, ne pourrait-on pas imaginer publier une version du site internet en mode "wiki" sur l'intranet ?

A chaque page, serait associée une fonction "Suggérer une modification".

Chaque employé aurait la possibilité de proposer un changement, de signaler une erreur ou une imprécision, d'attirer l'attention sur des contenus dépassés, d'imaginer de nouvelles formes de contenus, etc.

Le webmaster éditorial pourrait accepter ou refuser les modifications proposées, un peu sur le modèle des révisions de Microsoft Word.

Connaissez-vous des entreprises qui utilise une telle dynamique ? Ou des outils de gestion de contenu qui misent sur un tel mécanisme ? J'imagine que cela doit exister.

Décentralisation de la production de contenus : le trio indispensable

J'ai donné aujourd'hui une Xème formation "Ecrire pour l'intranet" dans une DG à la Commission européenne.

Les participants étaient des fonctionnaires, peu expérimentés en rédaction, à qui l'on demande dorénavant de contribuer à la mise à jour des sections les concernant.

Grande nouveauté : la formation a été introduite par le chef d'unité, qui a insisté sur l'importance de la communication au sein de l'institution. "C'est la communication qui déterminera l'échec ou la réussite", a-t-il indiqué.

En fin de journée, le webmaster du site intranet est apparu pour répondre à différentes questions concernant l'outil de gestion de contenu ainsi que l'architecture du site.

Cela n'a l'air de rien, mais, comparativement à toutes ces formations qui accueillent un public hétéroclite sans prendre la peine de recadrer la formation dans un contexte organisationnel, il s'agit ici d'un pas significatif.

Management + Coordinateur éditorial + Contributeurs de contenu

Sans ce trio relationnel, il n'y a pas de décentralisation qui tienne.

  1. Le management donne l'impulsion, assure la légitimité du projet et libère des ressources.
  2. Le coordinateur éditorial veille à l'équilibre des contenus et apporte une vision transversale.
  3. Les contributeurs interviennent chacun pour leur part, dans un cadre bien établi.

Jakob Nielsen 2.0

Catégories : Web culture - Sites intranet - Blogs

Le dernier article de Jakob Nielsen (Participation Inequality: Encouraging More Users to Contribute) ne manquera pas de faire réagir la blogosphère.

Surfant sur la vague du web 2.0 sans en emprunter le langage, le grand maître s'intéresse aux systèmes collaboratifs en ligne. Il aborde la question suivante : quelles leçons les designers peuvent-ils tirer de la psychologie sociale. Et, en particulier, comment faire pour encourager la participation sur un site web.

Commentaire personnel : on parle beaucoup des blogs, mais la question de la participation est tout aussi importante pour les sites intranet professionnels, par exemple. Même les gros sites internet, lorsqu'ils prennent la forme de systèmes de gestion de contenu multi-contributeurs, se doivent de se poser cette question de la participation.

1% des visiteurs se montreraient réellement actifs sur un site web ou un blog.

Jakob Nielsen invite les éditeurs à récompenser les meilleurs participateurs... mais pas trop, pour éviter que certains utilisateurs ne dominent trop le système.

Alors, qui se range aux premières loges de ce blog ?
Et qui c'est qui va gagner une place gratuite pour ma prochaine formation "Ecrire pour le web" ? Katsoura ? Matthieu ? Gaetano ? Jean-Marie ? ... ;-)