Les portails vont-ils mourir ?

En voyant ce site, c'est la question que je me pose.

J'ai le sentiment qu'on en revient un peu de ce mode de présentation qui consiste à tout étaler en vitrine, quitte à imposer quatre à cinq colonnes de contenu à l'utilisateur.

Une page d'accueil surchargée et des pages intérieures monocordes : sortons de ce modèle binaire, nondedjum !

Autre démon du passé : les "frames" (*)... Vous les avez compté ? ;-)


(*) Zones de contenu indépendantes assorties de leur propre barre de défilement.

Dexia adapte sa charte graphique au Web

En l'espace de trois ou quatre ans, j'ai eu la chance de pouvoir travailler à plusieurs reprises avec l'équipe web du groupe Dexia. J'ai ainsi animé quelques séminaires et produit quelques analyses sur l'évolution de dexia.com, le site institutionnel du groupe, et ses relations avec les sites nationaux.

Un véritable défi pour l'équipe de communication web que de faire évoluer les choses de manière cohérente au sein d'une structure imposante qui vit au rythme des fusions et des changements structurels permanents, imposés par un secteur en pleine internationalisation.

Une des réflexions que nous avions menée concernait la charte graphique, tant il est important pour une société internationale de présenter un visage cohérent.

Conçue au départ essentiellement pour le papier, la charte graphique de Dexia imposait un bandeau, en plein milieu de la couverture des documents, contenant le logo de l'entreprise.

Voici donc à quoi ressemblait l'ancienne page d'accueil :

L'idée du bandeau en travers me semble excellente pour les publications papier : elle crée l'effet, très tactile, d'un document scellé. De plus, la couleur gris argenté utilisée pour l'impression séduit l'oeil et véhicule une connotation financière.

Malheureusement, cette approche ne convenait pas du tout au Web : le gris argenté ne pouvant être reproduit à l'écran avec la même brillance, et la position du logo, fort peu convenante au regard des standards d'ergonomie des sites web.

A l'époque, je me souviens avoir fait le test avec mes étudiants (de niveau post-universitaire) : en raison de la position inhabituelle du logo, plus d'un pensait avoir affaire à un site sponsorisé par Dexia. Il leur fallait plusieurs secondes, voire plusieurs minutes, pour réaliser qu'il s'agissait du site officiel.

Récemment, Dexia.com a changé d'allure :

Le logo figure, à présent, dans le coin supérieur gauche. Là où l'immense majorité des visiteurs l'attendent. Ce qui permet une identification de l'entreprise, immédiate et sans ambigüité.

Vous avez d'autres expériences d'adaptation de charte graphique au Web ? Faites-nous en profiter en commentaires !

France - Belgique : 1 - 0

Pas facile de réussir la page d'accueil d'une grosse institution, comme un ministère, par exemple.

Le Ministère français de l'Agriculture et de la Pêche s'en sort plutôt bien.

J'adore les contrastes dans la page. Une parfaite lisibilité. Une architecture de navigation limpide. Une densité d'information bien sentie. La vidéo bien intégrée. Un bon équilibre entre l'actualité et les entrées de navigation. Tout ce qui importe pour une page d'accueil.

Source : http://agriculture.gouv.fr/

Par comparaison, notre portail belge de l'agriculture fait pâle figure :

Source : www.statbel.fgov.be/port/agr_fr.asp

Merci à Joël qui est le premier à m'avoir parlé du site du Ministère français de l'agriculture.


P.S. A part le foot et le ministère de l'agriculture, les Belges sont les meilleurs dans toutes les autres disciplines, ça va de soi ;-)

Introduction en Flash : la police de Namur fait du grand art

Je ne résiste pas à la tentation de relayer cette animation Flash épinglée par Damien Van Achter sur Blogging The News et qui émane du site officiel de la police de Namur.

Les photos mises en scène y sont de très faible qualité. Le logo officiel de la police y est malmené (voir prise d'écran ci-dessus). Les mouvements sont hachés, basiques, à la limite du grotesque. La musique de fond, digne d'une soirée techno.

Comprenez bien l'objet de mon billet. Mon but n'est pas de ricaner sur la police, cible facile, ni certainement sur sa volonté louable de créer un effet de proximité et de dynamisme, dont on sent bien l'intention ici. Mon but n'est pas non plus de détruire l'enthousiasme d'un webmaster aux moyens sans doute limités.

Que faut-il donc en retenir ?

Le web a atteint une certaine maturité. Une institution officielle, une association ou une société commerciale prend un risque lorsqu'elle se présente de manière trop improvisée. La faible qualité d'un site web (ou de certains aspects d'un site web) peut affecter l'image des entreprises. Le professionnalisme qu'elle dégage peut être mis à mal.

Une animation Flash à l'entrée de votre site web n'apporte que très rarement une valeur ajoutée. Si elle est très courte et de qualité très élevée, ça peut passer. Mais la plupart, du temps, il est préférable de mettre son énergie dans la page d'accueil proprement dite plutôt que dans une quelconque page de garde.

Vous avez des moyens limités ? Pas de souci... faites dans la simplicité !

Exemple de splash page désastreuse

Suite à notre débat et après vous avoir fourni un exemple de splash page réussie, voici un autre exemple, complètement à l'opposé : une splash page chaotique, qui concurrence pitoyablement la page d'accueil.

Il s'agit pourtant, ni plus ni moins, de la porte d'entrée du portail de la Communauté française de Belgique (Note pour nos lecteurs non belges : la Communauté Française de Belgique est une institution officielle qui gère toute une série de matières, dont la culture , le sport, la recherche et l'enseignement, couvrant la partie francophone du pays).

Cette page contient une collection impressionnante d'erreurs d'ergonomie. A commencer par des liens très imprévisibles, une intégration douteuse des actualités ainsi que de grossières lacunes en termes d'accessibilité (navigation au départ de boutons images sans texte alternatif).

Sidérant, non, à ce niveau de la compétition ?

Un jeune de 17 ans prend la police belge en ôtage (sur le web)

Catégories : Sites institutionnels

La nouvelle vient d'être diffusée sur les ondes radio : le site officiel de la police fédérale belge a été "hacké" aujourd'hui.

Voici le site défiguré, tel qu'il était il y a quelques heures :

On peut lire :

"Soyez heureux, un gamin de 17 ans a piraté le site de la police belge. La sécurité de votre site reflète bien le manque de compétence de la police. Webmaster : allez réviser, ça vous fera du bien. Gouvernement : recrutez une police de meilleur niveau."

Merci à Claude pour cette prise d'écran.

Ce genre de nouvelle nous rappelle, une fois de plus, la vulnérabilité des systèmes informatiques.

Tout se pirate. Même la Maison Blanche et le Pentagone en ont déjà fait les frais.

Peut-on vraiment faire confiance dans le vote électronique, par exemple ?

J'ai un ami informaticien qui, pour sa part, plaide radicalement contre, à travers l'association PourEVA.

Mes connaissances techniques, côté serveur, restant très limitées, je m'adresse à vous : Sans entrer trop dans les détails, quelles sont les principales mesures qu'un webmaster prévoyant peut prendre pour se protéger des pirates ?

Les sites web des ambassades

En primeur pour les lecteurs de ce blog, mon dernier dossier à propos des sites web des ambassades établies à Bruxelles.

Vous constaterez que, dans leur version en ligne, certaines représentations officielles perdent une grande partie de leur prestige.

Toutes vos réactions sont les bienvenues.

L'article sera envoyé aux abonnés e-mail, dans quelques jours.

L'Europe se rapproche du citoyen

Pas facile de communiquer au citoyen la valeur ajoutée d'une institution aussi complexe que l'Union européenne. Longtemps habituée à un style de communication plutôt administratif, l'Europe change.

Voici trois bonnes pratiques, que j'ai identifiées au travers d'actions de communication récentes :

1. Limiter les messages et multiplier les canaux

Le dossier L'Europe et vous en 2006 traduit bien cette volonté de communiquer moins mais mieux. Loin des multiples rapports d'évaluation, livres blancs et autres compilations repoussantes, ce petit dossier met directement l'accent sur 10 points concrets. Un effort de sélectivité éditoriale que je pense être salutaire.

En prime, une très bonne synergie entre différents médias : le papier, la vidéo et le web qui agissent de concert, insistant sur les mêmes messages clés.

Le web jouant un rôle d'aiguilleur vers les différents médias. Comme sur cette prise d'écran, où texte et vidéo sont étroitement intégrés.



2. Assumer le multilinguisme

Autre grand défi pour l'Europe : répondre à la demande d'information et de dialogue dans toutes les langues nationales, soit 23 langues désormais.

Les services de traduction internes à la Commission européenne ne sont plus capables d'assumer. Faire traduire par Bruxelles les milliers de pages changeantes du site web Europa semble un objectif irréaliste.

La solution ? La décentralisation.

C'est ce que tente avec succès le Portail européen de la jeunesse, disponible dans toutes les langues nationales. Les traductions sont ici effectuées par des correspondants locaux, en charge de programmes.

3. Adapter les messages aux publics locaux

La traduction mot à mot apparaît insuffisante. Pour toucher les citoyens, il faut être proche d'eux et adapter les messages au contexte local.

La nouvelle page d'accueil de la Commission tente d'apporter cet éclairage local.

Comparez donc, le même jour, la version française :

avec la version anglaise :

ou la version néerlandaise :

Selon la version linguistique choisie, les sujets traités varient. Suivant la latitude, on parlera d'un évènement à Bordeaux, à Dublin ou à Wageningen.

Certaines mauvaises langues rétorqueront que ces efforts de communication ne constituent qu'une belle couche de vernis. Certes, le chantier reste vaste. Mais sachons reconnaître les efforts fournis. Non ?

Interfaces riches au service de la démocratie européenne

Il y a quelques jours, j'épinglais l'absence de montage dans certaines vidéos du Parlement européen.

En réalité, il n'en est pas toujours ainsi. La section EP-Live sur le site officiel du Parlement européen vous donne accès aux retransmissions vidéos des séances plénières à travers une interface riche et conviviale.

Le chapitrage est double : par orateur ou par thème.

Chaque séquence est rigoureusement minutée.

Lorsqu'un orateur s'exprime, son nom, son pays d'origine et le thème sur lequel il s'exprime sont affichés au bas de l'écran.

A tout moment, vous pouvez "zapper" vers une autre séquence.

Ecoutez donc nos députés européens ! Vous serez saisis par le franc parler de certains. Comme, sur cette prise d'écran, Timothy Kirkhope, qui, à l'anglaise, traite gentiment son collègue de dinosaure.

"Monsieur le Président, j'ai entendu Monsieur Bloom, tout à l'heure, et ça m'a un peu surpris. Je croyais, pour ma part, que les dinosaures s'étaient éteints, il y a belle lurette."

Monsieur Bloom, quelques minutes auparavant, avait comparé Poutine avec Hitler, le traitant de "gangster".

Ce n'est qu'un extrait sur lequel je suis tombé par hasard, mais qui me fait dire que, sous les apparences très sérieuses de l'hémicycle, on ne s'ennuie pas toujours au Parlement européen.

Un bémol : ces prouesses technologiques ne fonctionnent pas parfaitement avec le navigateur Firefox.

Vous connaissez d'autres exemples réussis de démocratie en direct ? ...Faites-nous en profiter en commentaire.

Les balbutiements vidéos du Parlement européen

Autant le Web textuel gagne progressivement en maturité, depuis quelques années, autant la vidéo en ligne me paraît imberbe à ce jour.

Ce n'est certainement pas la dernière vidéo du Parlement européen qui changera mon impression.

NOTE AUX LECTEURS EN DATE DU 10 JANVIER 2007 :
LA SEQUENCE VIDEO QUE J'EPINGLAIS DANS CE BILLET A RECEMMENT FAIT L'OBJET D'ADAPTATIONS : LES TEMPS MORTS ONT ETE SUPPRIMES.

Au bas de cette page, vous trouverez un lien vers une vidéo relative à l'audition parlementaire de deux nouveaux commissaires européens.

Surréaliste ! Pendant plus de 11 minutes, la vidéo retransmet l'ambiance de la salle qui se prépare à accueillir les auditions. Dans un bruit de fond inintéressant, des personnes anonymes passent dans le champ de la caméra, s'installent, prennent place.

C'est au bout de 14 minutes 30 que Monsieur Orban, le commissaire d'origine roumaine, prend finalement la parole.

Madame Kuneva, la commissaire bulgare désignée à la protection des consommateurs suivra. Après combien de minutes de vidéo ? Personne ne le sait. L'attente est linéaire. Pas de montage. Pas de raccourci vers les différentes parties.

S'il y a bien une règle à respecter, à mon avis, lors de la diffusion d'une vidéo en ligne, c'est de TOUT DE SUITE commencer par le vif du sujet. Le principe de la pyramide inversée (vous savez, ce vieux principe bien connu des journalistes et qui veut que l'on commence un article par les éléments les plus importants, pour ensuite développer les détails) devrait s'appliquer au centuple à la vidéo. Elle qui impose sa structure linéaire et sa temporalité. Elle qui ne peut être balayée furtivement du regard.

Sur un média comme Internet, qui nous a habitué au choix et à l'interactivité, ce flux unilatéral d'information devient très vite insupportable. Une solution est de découper la vidéo en différents chapitres.

Le mariage vidéo-texte-interactivité reste prometteur. Je brûle d'impatience de voir naître de nouveaux usages. Mais actuellement, je suis fort déçu et partage entièrement le scepticisme ou la frustration que certains de mes confrères exprimaient déjà il y a un an.

Pas le temps !, proteste Sébastien Bailly. En ajoutant : Et me voilà prostré devant mon écran comme devant la télévision. Les oreilles sous perfusion de son. Le flot est continu, se déverse, je subis. Je cherche la télécommande.

Arrêtez de nous podcaster les pieds !, s'irrite Xavier de Mazenod.

Ecouter les podcasts des autres me fait royalement chier, lâchait Joël Ronez avec son franc parler habituel.