Les 6 avantages de la concision

Félicitations à l'équipe communication de l'Assemblée nationale qui vient d'améliorer, à la volée, lors de notre rencontre, plusieurs accroches en page d'accueil !

1. Raccourcir les accroches permet d'augmenter la sensation d'aération. Le rapport texte / espace blanc s'en retrouve plus confortable. L'espace blanc attire l'oeil vers les éléments de contenu qui, autrement, assomment.

2. Les titres plus courts gagnent en pouvoir d'accroche. Le cerveau du lecteur peut les agripper avec moins d'énergie et plus d'immédiateté. Le taux de lecture d'un titre court est supérieur, indépendamment du fond. Faites-vous violence. Adoptez la concision comme une fructueuse contrainte.

3. Sur une seule ligne, les titres sont plus élégants. Ils évitent au lecteur l'opération coûteuse d'un retour à la ligne (que les plus vieux d'entre vous se souviennent avec nostalgie de ce bruit tintant du retour de clavier avec les anciennes machines à écrire). Dans le cas présent, on pourrait encore raccourcir ce titre-ci : "Sécurité sanitaire : Xavier Bertrand a présenté le projet de loi". Je serais tenté de titrer : "Projet de renforcement de la sécurité sanitaire". Cela peut suffire à ramener le titre sur une ligne.

4. Les photos de petite taille, littéralement insignifiantes lorsqu'écrasées par un gros pavé de texte, prennent déjà davantage de présence lorsque les chapeaux sont rendus plus concis. Une meilleure volumétrie entre l'image et le texte, en somme. Tout cela participe à la physique du contenu. Et l'envie de lire.

5. Le texte a été épuré de ses lourdeurs ou détails non indispensables. S'obliger à plus de concision revient souvent à se recentrer sur l'essentiel. Donc non seulement on gagne en taux d'attention, en taux de lecture, mais on gagne également en fluidité de lecture et en satisfaction (moins de bruit, moins de graisse).

6. Une utilisation de l'espace plus performante. Au sein du même espace, trois actualités peuvent être diffusées au lieu de deux. Et les pixels, sur une page d'accueil, ça compte ! Le taux d'attention reste largement supérieur dans la partie haute de l'écran. 78% de l'attention, en moyenne, se concentre au-dessus de la ligne de flottaison. La concision évite certaines noyades.

Relire pour réduire, voilà donc la chose à retenir.

Venez vous exercer sur vos propres contenus lors de la prochaine formation "écrire pour le web" ou organisons une formation sur mesure au sein de votre entreprise !

Exemple à suivre : l'ambassade de Grande-Bretagne

Depuis plusieurs années, je collectionne, en particulier pour mes formations web, des exemples croustillants d'erreurs à ne pas commettre en termes d'écriture, de design, d'architecture de contenu. Mais plus d'une fois, les participants m'ont demandé (très légitimement) à quoi ressemble une bonne page ou un bon site web.

Dans mon billet précédent, j'ai épinglé l'écriture web tranchante, factuelle, concise, structurée, telle que l'applique Google pour "vendre" ses services.

Ci-dessous, un autre exemple à suivre, en termes d'épuration de la page d'accueil. Celui de l'ambassade de Grande-Bretagne, en France et en Belgique.

Comme pour Google et son écriture épurée, cela n'a l'air de rien.
Et pourtant, parvenir à une architecture aussi simple exige de la réflexion et du courage (le courage de dire non à plein d'autres possibles).

Source : site web officiel de l'Ambassade de Grande-Bretagne en France.


A souligner en positif :

  • Une mise en page aérée, avec des zones de respiration.
  • Un nombre d'entrées de navigation très limitées.
  • Un accent sur les scénarios d'usage essentiels (l'obtention d'un VISA, par exemple).
  • Le recours à des pictogrammes pour renforcer la navigation.
  • La hiérarchisation des news (un focus principal, et des news secondaires).
  • Au final, une grille de lecture intuitive et confortable.

Points qui restent à améliorer :

  • Les liens connexes ("related news") interfèrent de manière peu élégante. L'espace reste présent, mais vide, lorsqu'il n'existe aucun lien connexe.
  • Les pictogrammes, pas toujours bien sentis (Pourquoi un avion pour les FAQ? Pourquoi des flèches pour les publications?)


L'ambassade en France et l'ambassade en Belgique utilisent la même maquette, mais avec une approche éditoriale qui peut varier. C'est le signe d'une gestion intelligente de l'investissement en communication. Trop de sociétés éclatent leur investissement de manière inconsidérée.

Source : site web officiel de l'Ambassade de Grande-Bretagne en Belgique.


D'autres choses à dire autour de cet exemple ?

Soignez vos pages de second niveau !

De nombreux sites web accordent beaucoup de soin à leur page d'accueil, et beaucoup moins d'attention aux pages intérieures.

La page d'accueil du site de l'Assemblée nationale française, par exemple, revêt une allure professionnelle...


Mais, une fois passé ce vernis, le visiteur pénètre dans un site web aride, imparfait sur le plan typographique.

Rappelons tout de même que, bien que la page d'accueil soit la page la plus exposée, la majorité du trafic circule dans les pages intérieures.

Sur de nombreux sites web, la qualité des pages de second niveau (celles juste derrière la page d'accueil) laisse souvent à désirer.

Dans un site commercial, je veux parler des pages de "familles de produits". Ces pages qui jouent un peu le rôle du "chef de rayon".

Dans un site d'information, je veux parler des pages d'accueil "thématiques". La page "culture", la page "sports", d'une institution publique ou d'un média.

Dans un site intranet, ce pourrait être les pages d'accueil de certains départements (informatique, formation, ressources humaines,...).

Ces pages de second niveau méritent d'être traitées avec la même attention qu'une page d'accueil. Ce sont des pages d'accueil, en quelque sorte, mais d'un niveau plus ciblé. Elles doivent pouvoir offrir un environnement éditorial riche, avec un équilibre entre l'accueil du visiteur, la mise en avant des actualités et contenus clés, ainsi que le guidage vers les pages plus profondes.

Typiquement, dans les pages de second niveau, on rencontre les problèmes suivants :

  • Rupture de l'environnement visuel (dans le sens d'un appauvrissement)
  • Pages désertiques (du genre trois liens textes perdus dans le vide ; un aiguillage aride vers l'information proprement dite)
  • Introductions littéraires généralistes (trop de blabla, à faible valeur ajoutée)

Ne vous contentez plus d'une approche binaire : page d'accueil / pages intérieures... Un site web, c'est plus complexe que ça !

En pratique, je recommande d'agir à deux niveaux :

1. L'outil de gestion de contenu (CMS) : Créer des gabarits éditoriaux adaptés aux pages de second niveau. Et donc, ne pas se contenter d'une approche éditoriale binaire : la page d'accueil VERSUS les pages intérieures... sous-entendu : toutes les pages intérieures subissent le même traitement, pauvre.

2. Le workflow : Désigner des chefs de rayon, au sens éditorial du terme !


Il est temps de hausser la barre de la qualité de votre site web... descendez voir ce qui se passe au -1 !


A lire aussi : La homepage : en déclin ?

La carte géographique multi-couches permet d'afficher, au choix de l'utilisateur, différentes données géolocalisées.

En voici un exemple, dans le contexte des élections au Zimbabwe :

Source : sokwanele.com

Créer une carte avec des icônes personnalisés est un jeu d'enfants, avec Google Maps. Le pas est vite fait, ensuite, de rendre la légende interactive. A la portée du premier fonctionnaire venu.

Mon expérience des projets menés par les administrations locales, communes et régions, m'a démontré que des sommes importantes sont parfois investies dans des outils cartographiques sur mesure, souvent bien moins conviviaux et évolutifs que ce qu'offre aujourd'hui gratuitement Google Maps.

Alors, qu'est-ce qu'on attend ?
Car les possibles sont énormes : localiser les centres de tri des déchets, les musées, les écoles, les bureaux de poste, les guichets en tous genre,...

Les communes les plus innovantes proposent des cartes sur mesure, comme ci-dessous, les pharmacies de garde à Farciennes. Mais très peu (vous en connaissez ?) proposent la carte à multiples niveaux.

Source : www.farciennes.be

Les outils sont là, simples et intuitifs. Ne manque plus que le réflexe de les utiliser.

La Wallonie manque encore de webmasters

Il y a 2 ans, j'évoquais le manque de webmaster dans les communes wallonnes. A l'époque, 64% des communes ne disposaient pas d'un webmaster.

L'AWT (Agence Wallonne des Télécommunications) vient de publier les résultats d'une nouvelle étude, menée en 2009, sur l'état d'Internet en Région wallonne. Au niveau des sites officiels communaux, la situation progresse, mais reste étonnamment imparfaite. 48% des sites web communaux ne sont pas gérés par un webmaster attitré. Et parmi les 52% de communes ayant engagé un webmaster, seules 11% ont prévu un temps plein.

Lorsqu'on réfléchit au potentiel d'un site web communal (guichet administratif virtuel, informations culturelles et sportives, démocratie locale, etc.), on est en droit de penser que la marge de progression reste gigantesque.

Bon, maintenant, ce chiffre doit être interprété prudemment. Qu'entend-t-on par "webmaster" ? La personne qui veille à la mécanique (webmaster au profil technique) ? La personne qui coordonne le contenu (webmaster éditorial) ? Dans le contexte des CMS (outils de gestion de contenu), il est possible d'arriver à des situations où l'organisation met en place un workflow qui implique le personnel existant sans nécessairement exiger la présence de techniciens du web. Néanmoins, je reste assez convaincu de l'absolue nécessité de nommer un webmaster au sens de responsable du site web. Si le projet web n'est pas porté et incarné par un "chef", il a toutes les chances de se diluer.

Loin de moi l'idée de basculer dans une politique du tout-pour-Internet et de nier la question de la fracture numérique. Mais, globalement, le graphique ci-dessous indique une utilisation du média de plus en plus répandue. La progression du nombre d'utilisateurs d'Internet impressionne moins que l'intensification de l'usage. En trois ans, la proportion des personnes qui utilisent Internet quotidiennement est passée de 45 à 60%.

Et la tendance est évidente si l'on analyse les chiffres sous l'angle des tranches d'âge. 98% des jeunes wallons de 15 à 29 ans utilisent Internet !

L'engagement et la confiance dans les nouveaux médias se traduit également par d'autres chiffres : 47% des Wallons achètent en ligne et 28% d'entre eux ont créé un site web ou un blog. Chaque individu devient potentiellement créateur de contenu.

Quant aux entreprises, elles commencent à s'intéresser aux réseaux sociaux (16% des entreprises wallonnes présentes sur Twitter ou Facebook) et à se soucier de leur présence sur la toile (17% des entreprises wallonnes ont fait appel à des spécialistes du référencement).

Au-delà de son état des lieux, l'AWT émet une série de recommandations. Elle invite notamment à développer des bonnes pratiques sectorielles. Chose à laquelle je souscris entièrement, tant il est vrai que la manière de concevoir un site Internet varie en fonction des objectifs et des situations.

Le rapport très riche de l'AWT applique déjà, d'une certaine manière, cette approche sectorielle, en s'intéressant au secteur du tourisme par exemple.

Pour en savoir plus : baromètre 2010 TIC de la Région wallonne.

Géolocalisation + participation = e-democratie

Je viens de participer, avec quelques collègues de la société TIPIK, à un audit de site web dans le domaine de la gestion publique locale.

Plus ou moins toutes les communes disposent, aujourd'hui, d'un site Internet, en général assez actif.

Les gestionnaires de sites web consacrent leur énergie, peut-être un peu trop souvent, à l'éditorial pur : les "news", les "événements",... Avec une approche de type journalistique.

Cependant, je conseille de songer à investir davantage dans les contenus de fond, sur les matières strictement communales. Et la géolocalisation est une opportunité magnifique pour les institutions locales.

Ci-dessous, la commune de Farciennes positionne les pharmacies de garde sur une carte géographique. Une idée simple, mais très efficace.


Ci-dessous, à Zeeburg, aux Pays-Bas, les citoyens ont la possibilité de glisser des icônes sur la carte, afin de signaler des problèmes (un trou dans la route, un arbre qui menace de tomber, une plaine de jeu vandalisée,...) ou émettre des suggestions (et si on peignait ce mur en jaune ?).


Rien à voir avec la géolocalisation, mais, ci-dessous, à Metz, les conseils municipaux font l'objet d'un compte-rendu audio. La façon de naviguer à travers les sujets et les interventions nous a semblé particulièrement conviviale, à l'heure où de nombreuses communes continuent à balancer un PV très administratif au format PDF aussi digeste qu'une choucroute froide.


Et dans votre commune, ça bouge ?

Vous êtes ici !

Un plan des rues sans indication "Vous êtes ici !", c'est comme un voilier sans voile.


Sur un site web, le "Vous êtes ici" passe par l'éclairage des menus actifs (en jaune sur le site de la ville d'Arlon) :

Source : www.arlon.be


Ou bien le sentier de navigation (appelé souvent "fil d'Ariane"), qui permet aussi de se situer dans la géographie du site :

Source : www.belgium.be

Prochainement, j'animerai un séminaire au ministère français de l'éducation nationale. Venues des quatre coins du pays, les académies se réuniront pour réfléchir aux bonnes pratiques éditoriales au niveau du portail intranet académique : structuration de contenu, écriture web et organisation du workflow éditorial.

Dans la foulée, je viens d'apprendre que le ministère recrute, à court terme, les profils suivants :

La redondance des titres : un désastre pour les recherches internes

Recherchez "grippe" sur le site Europa (portail des institutions européennes) :

Tous les documents trouvés sont identifiés par le même titre : "Rapid - Press Releases - EUROPA".

Il vaudrait 100 fois mieux indiquer le titre du communiqué lui-même.


Recherchez "grippe" sur le site du Parlement européen :

Les résultats sont nettement plus exploitables, grâce à des titres consistants, différenciés, dans lesquels apparaissent le mot clé recherché.

Morale de l'histoire : vous avez beau posséder un moteur de recherche performant, si les titres de vos documents sont mal pensés, les utilisateurs peineront à trouver l'information dans votre espace interne. Prévoyez un titre unique pour chaque document.

Le problème se pose aussi bien pour les intranets que pour les sites web publics.

Vous désirez en savoir plus sur les techniques d'écriture favorisant les recherches?

Rejoignez-nous à la prochaine formation "Ecrire pour le web".

Menus ciblés et navigation rétractile

Les professionnels du Web ont très vite intégré la nécessité de fournir des mécanismes de navigation à travers un site.

Cependant, le besoin de navigation a souvent été hypertrophié. Les utilisateurs ne demandent pas à se retrouver devant un cockpit de Boeing. Autant les fonctions clés seront appréciées (fil d'Ariane, retour à la page d'accueil, moteur de recherche, têtes de chapitres,...), autant il n'est pas forcément indispensable de tout étaler en permanence dans l'interface.

Ci-dessous, sur le site officiel de la Région de Bruxelles-Capitale, le contenu est cerné, de toutes parts, par une quantité impressionnante de liens de navigation. Ce qui augmente les distractions, diminue le confort de lecture et complique l'expérience utilisateur.

Source : http://www.bruxelles.irisnet.be/....

Ci-dessous, dans une version récente du site de la BBC, la navigation est complètement ciblée. L'utilisateur a choisi "Sports", puis "Tennis"... et le menu de navigation est complètement centré sur le tennis. Le contenu est parfaitement mis en situation. La navigation ne crée pas de digression.

Source : http://news.bbc.co.uk/....

Un bouton, bien visible mais peu envahissant, donne accès aux autres contenus de la chaîne.

Certains sites, moins connus que la BBC, c'est vrai, auront intérêt à présenter l'étendue de leur offre aux visiteurs. Mais le problème est toujours le même, à force de tout vouloir montrer, on assomme l'utilisateur, qui ne regarde plus rien.