Les menus contextuels fleurissent sur les sites médias

Il est des moments où une actualité spécifique prend une ampleur telle qu'elle mérite d'apparaître en tête de rayon.

Les médias commencent à bien le comprendre et se mettent à intégrer des menus contextuels.

Ci-dessous, Le Monde en ligne place le Japon et la Lybie en avant, en raison d'une actualité évidente.

Source : lemonde.fr


Ci-dessous, le journal Le Soir fait la même chose, mais de manière un peu moins ergonomique. A la différence du Monde, aucun changement de couleur ne permet de distinguer le menu contextuel du menu générique. La proximité des intitulés "crise politique" et "Belgique", par exemple, me semble un peu gênante, étant donné qu'il s'agit de la crise politique belge.

Source : lesoir.be


Notez que la solution du menu contextuel peut intéresser également les sites commerciaux, comme la Fnac, ci-dessous, pendant les fêtes de Noël.

Source : fnac.com


Cette solution exige un minimum de souplesse de la part de votre CMS (outil de gestion du site web).


Si vous repérez d'autres exemples intéressants de menus contextuels, ce serait sympa de nous en faire profiter en commentaires.

Gare aux extractions de contenu automatiques !

En naviguant à travers le site web de Télé Vesdre (télévision locale de la région de Verviers), lors de ma formation "écrire pour le web" de la semaine dernière, je suis tombé sur cet exemple croustillant.

Je cite la légende de la vidéo sur fond gris foncé : "Les éditions Luzabelle publient un con".

Il fallait lire "un conte pour enfant", mais l'outil de gestion de contenu automatique en aura décidé autrement.

Source : www.televesdre.be

Merci à l'équipe de Télé Vesdre pour son sens de l'humour et de l'auto-critique.

Buzz à la loupe : comment Kris Janssens a remué la Belgique

En une semaine, une vidéo postée par un journaliste flamand, visionnée par des centaines de milliers de Belges, secoue la Belgique.

Replay :

Le 6 janvier, Kris Janssens, journaliste à la VRT dans sa vie professionnelle, poste, à titre personnel, une vidéo sur YouTube.


Le même jour, il relaie cette vidéo sur Facebook, à destination d'une centaine d'amis (donc un réseau très privé et limité).


La vidéo est spontanée mais éloquente, incisive, pleine d'humour pince-sans-rire, et chargée d'émotion (la saine colère).

Rapidement, le buzz circule.

Le 10 janvier, après le week-end, les télévisions belges francophones, la RTBF et RTL, relaient le coup de gueule.


Bizarrement, je ne trouve pas de trace de cette vidéo sur les sites web des télévisions flamandes (pas même à la VRT où Kris Janssens travaille).

Est-ce que je bute simplement sur des questions d'accessibilité à l'info et de moteur de recherche... ou bien le contenu de cette vidéo serait-il politiquement incorrect pour l'audience flamande ?


Le 11 janvier, la presse écrite francophone prend le relais (mais que vaut encore cette notion de télévision ou de presse écrite lorsque tous se bousculent sur Internet ?). Le Vif l'Express, d'abord, puis Le Soir, et enfin la DH, qui prend l'initiative de sous-titrer la vidéo. La Libre arrive deux jours plus tard.


Un petit détour vers les Tendances de recherches sur Google confirme un effet de buzz très récent et très marqué sur les termes "Kris Janssens". Donc un effet de popularité du journaliste à titre privé.


Que retenir de cette histoire ?

  • Internet est définitivement un créateur de buzz.
  • Ce buzz s'amplifie lorsque les médias classiques s'y joignent (médias sociaux + médias classiques = SuperBuzz).
  • Les journalistes agissent à titre personnel, en parallèle avec leur "entreprise". Ce qui peut servir ou desservir la dite entreprise. En tout cas, cette histoire (et d'autres histoires récentes d'Internet) amène un questionnement sur la frontière entre agir à titre personnel ou agir au nom de l'entreprise pour laquelle on travaille.
  • Le journaliste peut-il dire "Je" ? Le journaliste peut-il s'impliquer émotionnellement ? Peut-il exprimer autre chose qu'un copier-coller de l'agence AFP ou Belga ? Pourquoi pas, après tout, s'il documente sa démarche.
  • Le réflexe de la DH de sous-titrer la vidéo flamande était un bon réflexe.
  • Les journalistes de métier disposent, avec Internet, d'un bel outil de veille et d'analyse de la société. Je conseille aux médias professionnels de désigner des "veilleurs" et d'investir dans les compétences de veille. Par ailleurs de prendre du recul par rapport aux faits et apporter un éclairage et une plus-value journalistiques (l'article de La libre, par exemple, non seulement vient avec un cran de retard, mais n'apporte que très peu d'éclairage et de prise de recul).

Soignez vos pages de second niveau !

De nombreux sites web accordent beaucoup de soin à leur page d'accueil, et beaucoup moins d'attention aux pages intérieures.

La page d'accueil du site de l'Assemblée nationale française, par exemple, revêt une allure professionnelle...


Mais, une fois passé ce vernis, le visiteur pénètre dans un site web aride, imparfait sur le plan typographique.

Rappelons tout de même que, bien que la page d'accueil soit la page la plus exposée, la majorité du trafic circule dans les pages intérieures.

Sur de nombreux sites web, la qualité des pages de second niveau (celles juste derrière la page d'accueil) laisse souvent à désirer.

Dans un site commercial, je veux parler des pages de "familles de produits". Ces pages qui jouent un peu le rôle du "chef de rayon".

Dans un site d'information, je veux parler des pages d'accueil "thématiques". La page "culture", la page "sports", d'une institution publique ou d'un média.

Dans un site intranet, ce pourrait être les pages d'accueil de certains départements (informatique, formation, ressources humaines,...).

Ces pages de second niveau méritent d'être traitées avec la même attention qu'une page d'accueil. Ce sont des pages d'accueil, en quelque sorte, mais d'un niveau plus ciblé. Elles doivent pouvoir offrir un environnement éditorial riche, avec un équilibre entre l'accueil du visiteur, la mise en avant des actualités et contenus clés, ainsi que le guidage vers les pages plus profondes.

Typiquement, dans les pages de second niveau, on rencontre les problèmes suivants :

  • Rupture de l'environnement visuel (dans le sens d'un appauvrissement)
  • Pages désertiques (du genre trois liens textes perdus dans le vide ; un aiguillage aride vers l'information proprement dite)
  • Introductions littéraires généralistes (trop de blabla, à faible valeur ajoutée)

Ne vous contentez plus d'une approche binaire : page d'accueil / pages intérieures... Un site web, c'est plus complexe que ça !

En pratique, je recommande d'agir à deux niveaux :

1. L'outil de gestion de contenu (CMS) : Créer des gabarits éditoriaux adaptés aux pages de second niveau. Et donc, ne pas se contenter d'une approche éditoriale binaire : la page d'accueil VERSUS les pages intérieures... sous-entendu : toutes les pages intérieures subissent le même traitement, pauvre.

2. Le workflow : Désigner des chefs de rayon, au sens éditorial du terme !


Il est temps de hausser la barre de la qualité de votre site web... descendez voir ce qui se passe au -1 !


A lire aussi : La homepage : en déclin ?

Nouveau site web de la RTBF : 20 arrêts sur image

Mon billet précédent, basé sur peu d'éléments, m'a donné envie d'aller un cran plus loin.

J'ai eu le plaisir de collaborer quelques fois avec les équipes du site web ARTE TV, je reste attentif à l'évolution des sites de CNN et de la BBC, et je donnerai prochainement une formation écrire pour le web auprès des Télés Locales de Belgique et Luxembourg. A l'heure de l'annonce de Google TV, j'étais donc curieux de voir comment se portait le site web de notre radio-télévision publique nationale francophone, la RTBF.

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Le site web de la RTBF : entre améliorations et lourdeurs

Rien n'est plus rebutant qu'un gros pavé de texte lorsqu'on découvre le contenu d'une page web.

En 1997 déjà, Jakob Nielsen recommandait d'éviter les longs blocs de texte.

"Don't require users to read long continuous blocks of text!" - Jakob Nielsen, 1997.

En 2002, le même Jakob Nielsen reprenait ce principe dans son "Top Ten Web-Design Mistakes".

Source : www.useit.com

Pendant mes formations "écrire pour le web", lorsque je présente des exemples de pages chargées de blocs de texte, la réaction est toujours immédiate et unanime. Même ma fille de 11 ans m'exprime...

"Cela ne donne vraiment pas envie de lire" - Ma fille, 11 ans.

Pourtant, la RTBF continue de proposer des articles en ligne qui s'apparentent (pas tous) à des murs de texte peu digestes...

Source : rtbf.be

Quelques paragraphes seraient bienvenus, non ?

Un peu de respiration, je vous prie.

Bon, ceci dit, la RTBF fait de mieux en mieux pas mal de choses...

Les formats d'accroche, par exemple, sont souvent réussis. Comme ici, un compteur des jours sans gouvernement, qui mène vers un dossier sur la question, à la fois actualisé et mis en perspective. Bravo!

Ou bien un accès à une vidéo sous forme de question interpellant la curiosité, avec un bouton "play" qui donne envie.

Alors, pour conclure en termes scolaires :

"Gros progrès, chère RTBF, depuis vos débuts laborieux. Vous considérez enfin le Web dans tout son potentiel. Mais ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Affinez. Continuez sur votre lancée !".

P.S. J'ai rajouté quelques bémols et compléments de réflexion, ci-dessous, en commentaire, après publication initiale de ce billet.

On briserait des liens pour elle, la page 404 d'ARTE

La page d'erreur d'adressage (erreur 404 pour les techniciens), dans la section "Webdocs" du site d'ARTE télévision, est un exemple de convivialité.

Ce n'est plus une page d'erreur, mais une page de promotion du contenu.

Source: http://webdocs.arte.tv/erreur404


C'est quand même plus sympa que ça :

Source: www.60questions.net (oui, là, je fais dans l'auto-critique ;-)

Menus ciblés et navigation rétractile

Les professionnels du Web ont très vite intégré la nécessité de fournir des mécanismes de navigation à travers un site.

Cependant, le besoin de navigation a souvent été hypertrophié. Les utilisateurs ne demandent pas à se retrouver devant un cockpit de Boeing. Autant les fonctions clés seront appréciées (fil d'Ariane, retour à la page d'accueil, moteur de recherche, têtes de chapitres,...), autant il n'est pas forcément indispensable de tout étaler en permanence dans l'interface.

Ci-dessous, sur le site officiel de la Région de Bruxelles-Capitale, le contenu est cerné, de toutes parts, par une quantité impressionnante de liens de navigation. Ce qui augmente les distractions, diminue le confort de lecture et complique l'expérience utilisateur.

Source : http://www.bruxelles.irisnet.be/....

Ci-dessous, dans une version récente du site de la BBC, la navigation est complètement ciblée. L'utilisateur a choisi "Sports", puis "Tennis"... et le menu de navigation est complètement centré sur le tennis. Le contenu est parfaitement mis en situation. La navigation ne crée pas de digression.

Source : http://news.bbc.co.uk/....

Un bouton, bien visible mais peu envahissant, donne accès aux autres contenus de la chaîne.

Certains sites, moins connus que la BBC, c'est vrai, auront intérêt à présenter l'étendue de leur offre aux visiteurs. Mais le problème est toujours le même, à force de tout vouloir montrer, on assomme l'utilisateur, qui ne regarde plus rien.

Typographie décroissante

France - Serbie... en direct sur Yahoo! Sport...

Mais ce n'est pas des remplacements opérés par le sélectionneur Domenech dont je veux vous parler... ni de l'exclusion contestée de Lloris...

Non, sur ce blog, on parle typographie, ergonomie, architecture de contenu,... Et la petite idée qui m'a séduite, dans un flux de brèves, est d'utiliser une typographie décroissante : de gros caractères pour le dernier "post", de moyens caractères pour l'avant-dernier, et des caractères plus petits pour le reste de l'historique du flux d'information.

C'était tout bête. Comme toutes les grandes idées.

Sites web arabes : ergonomie en miroir

La question posée par Marina à la suite de mon billet précédent m'est régulièrement adressée en formation :

Est-ce que l'expérience utilisateur varie d'une langue à l'autre, d'une culture à l'autre ?

J'ai déjà lu un ou deux mémoires sur le sujet, mais n'y ai jamais vraiment puisé de données consistantes.

Certes, on peut trouver, ci et là, des recommandations sur la conception des sites web dans un environnement international. Mais ces recommandations portent davantage sur des conventions métriques et typographiques que sur des questions de mise en page.

Un coup d'oeil rapide sur les sites arabes, par exemple, permet de constater qu'ils affichent des standards d'ergonomie très semblables aux nôtres. Simplement, le site se construit en miroir, avec un sens de lecture de droite à gauche, et non de gauche à droite.

Source : http://www.aljazeera.net/Portal