On briserait des liens pour elle, la page 404 d'ARTE

La page d'erreur d'adressage (erreur 404 pour les techniciens), dans la section "Webdocs" du site d'ARTE télévision, est un exemple de convivialité.

Ce n'est plus une page d'erreur, mais une page de promotion du contenu.

Source: http://webdocs.arte.tv/erreur404


C'est quand même plus sympa que ça :

Source: www.60questions.net (oui, là, je fais dans l'auto-critique ;-)

Menus ciblés et navigation rétractile

Les professionnels du Web ont très vite intégré la nécessité de fournir des mécanismes de navigation à travers un site.

Cependant, le besoin de navigation a souvent été hypertrophié. Les utilisateurs ne demandent pas à se retrouver devant un cockpit de Boeing. Autant les fonctions clés seront appréciées (fil d'Ariane, retour à la page d'accueil, moteur de recherche, têtes de chapitres,...), autant il n'est pas forcément indispensable de tout étaler en permanence dans l'interface.

Ci-dessous, sur le site officiel de la Région de Bruxelles-Capitale, le contenu est cerné, de toutes parts, par une quantité impressionnante de liens de navigation. Ce qui augmente les distractions, diminue le confort de lecture et complique l'expérience utilisateur.

Source : http://www.bruxelles.irisnet.be/....

Ci-dessous, dans une version récente du site de la BBC, la navigation est complètement ciblée. L'utilisateur a choisi "Sports", puis "Tennis"... et le menu de navigation est complètement centré sur le tennis. Le contenu est parfaitement mis en situation. La navigation ne crée pas de digression.

Source : http://news.bbc.co.uk/....

Un bouton, bien visible mais peu envahissant, donne accès aux autres contenus de la chaîne.

Certains sites, moins connus que la BBC, c'est vrai, auront intérêt à présenter l'étendue de leur offre aux visiteurs. Mais le problème est toujours le même, à force de tout vouloir montrer, on assomme l'utilisateur, qui ne regarde plus rien.

Typographie décroissante

France - Serbie... en direct sur Yahoo! Sport...

Mais ce n'est pas des remplacements opérés par le sélectionneur Domenech dont je veux vous parler... ni de l'exclusion contestée de Lloris...

Non, sur ce blog, on parle typographie, ergonomie, architecture de contenu,... Et la petite idée qui m'a séduite, dans un flux de brèves, est d'utiliser une typographie décroissante : de gros caractères pour le dernier "post", de moyens caractères pour l'avant-dernier, et des caractères plus petits pour le reste de l'historique du flux d'information.

C'était tout bête. Comme toutes les grandes idées.

Sites web arabes : ergonomie en miroir

La question posée par Marina à la suite de mon billet précédent m'est régulièrement adressée en formation :

Est-ce que l'expérience utilisateur varie d'une langue à l'autre, d'une culture à l'autre ?

J'ai déjà lu un ou deux mémoires sur le sujet, mais n'y ai jamais vraiment puisé de données consistantes.

Certes, on peut trouver, ci et là, des recommandations sur la conception des sites web dans un environnement international. Mais ces recommandations portent davantage sur des conventions métriques et typographiques que sur des questions de mise en page.

Un coup d'oeil rapide sur les sites arabes, par exemple, permet de constater qu'ils affichent des standards d'ergonomie très semblables aux nôtres. Simplement, le site se construit en miroir, avec un sens de lecture de droite à gauche, et non de gauche à droite.

Source : http://www.aljazeera.net/Portal

Je vous ai déjà parlé de la BBC, notamment pour sa capacité d'innovation.

Un récent article de Jakob Nielsen positionne la chaîne de télévision britannique comme un très bon élève en regard des guidelines d'écriture pour le web, en particulier en ce qui concerne la rédaction des titres.

La BBC demeure maîtresse dans l'art de créer des titres consistants (descriptifs du contenu qu'ils annoncent, même hors contexte) en l'espace de cinq mots en moyenne :

  • Italy buries first quake victims
  • Romania blamed over Moldova riots
  • Ten arrested in UK anti-terrorism raids
  • Villagers hurt in West Bank clash
  • Mass Thai protest over leadership
  • Iran accuses journalist of spying

En ce qui me concerne, j'apprécie la capacité de la BBC à rassembler, sur certaines pages clés, des informations de background et des informations d'actualité. Par exemple, la page dédiée à l'Irak, en tant que pays, fournit autant des informations statiques (géographie, démographie, balises historiques,...) que des informations dynamiques (dernières actualités et dernières vidéos à propos de ce qui se passe dans le pays). Cette capacité d'allier le chaud et le froid, en termes d'information reste, selon moi, un atout propre au média Internet. Elle est sous-exploitée par la plupart des sites médias actuels.

Notez que la BBC n'est pas non plus irréprochable dans ses pratiques éditoriales en ligne. J'avais, par exemple, déjà épinglé quelques faiblesses de mise en page.

Il est un point sur lequel nous menons fréquemment une discussion, lors de mes formations "écrire pour le web". Cela concerne l'usage des paragraphes.

Prenez quasiment n'importe quel article au hasard, au sein de la section News de la BBC, et vous constaterez que les paragraphes sont très courts, composés, dans la grosse majorité des cas, d'une seule phrase.

En termes de lisibilité, cette stratégie est positive, tant il est vrai que les gros pavés de texte découragent la lecture à l'écran. Les paragraphes de taille réduite créent une aération qui invite davantage à la lecture.

Cependant, la BBC, à force de découper son texte en unités syntaxiques minimales, en arrive à oublier la notion même de paragraphe. La fonction d'un paragraphe reste d'opérer un regroupement des idées. Ce qui permet de faire mieux apparaître la structure des points traités dans un article. Par exemple, les trois derniers paragraphes de texte, dans la prise d'écran ci-dessus, concernent le développement de la même idée, à propos des deux mêmes banques. Tandis que la suite de l'article enchaîne sur d'autres idées. La séparation physique de ces informations qui sont liées quant au fond risque de couper la fluidité du raisonnement. Avec cette approche, on gagne en lisibilité, mais on perd en structure.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Catégories : Ergonomie - Sites de médias

Chers lecteurs et lectrices,

J'ai lâchement abandonné ce blog durant près d'un mois... je reviens, en réalité, d'un superbe voyage au Népal... bien décidé à reprendre énergiquement mes activités...

On recommence avec une étude de cas, dans la gamme "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué".

Le journal Le Soir publie l'essentiel des mots rectifiés par la nouvelle orthographe.

Derrière un lien "De A à Z, l'essentiel des 800 mots rectifiés", le visiteur tombe sur cette page...

Source : http://portfolio.lesoir.be/v/culture/2009_03_16_orthographe/

Les commentaires sont élogieux sur l'incompréhension générée par cette mise en page...

"Quand on demande la liste des 800 mots modifiés, on tombe sur la galerie photos ! Or, je doute qu'on ait pris la peine d'illustrer tous les mots modifiés, donc je présume qu'il y a une erreur d'aiguillage."

De fait, la page a toutes les allures d'une galerie photos. La mention "vue x fois" renforce cette impression. Il n'est pas clair, pour le lecteur, que chaque image correspond à une lettre de l'alphabet. Comble du comble, l'ordre est anti-alphabétique : de Z vers A, contrairement à la logique naturelle et annoncée.

Une simple liste de mots, classés et rapidement balayables, serait plus efficace, non ?

Voilà typiquement le genre de situation où l'on investit une créativité déplacée, qui rend les choses moins fonctionnelles.

La créativité est appréciable, bien sûr, à condition qu'elle soutienne le contenu... On pourrait imaginer, par exemple, un exercice de correction interactive d'un texte, où apparaissent des mots nouvellement orthographiés (comme "ognon" ou "surement" sans accent circonflexe... moi, ça me fait bondir) et de véritables erreurs.

D'autres idées ?


P.S. Merci à Régine pour m'avoir attiré l'attention sur cet exemple

Coupures de presse en ligne

Il y a 20 ans (*), quand je faisais mes premiers stages en communication, on faisait du "clipping", c'est à dire qu'on découpait physiquement, aux ciseaux, des articles de presse sur un thème donné. La sélection d'articles circulait à l'intérieur de l'entreprise.

Aujourd'hui, on a jeté les fardes, les trombones et les ciseaux.
Désormais, on crée des "favoris", on fait des "copier/coller", on "enregistre sous", on "envoie à un ami",...
Mais le site de représentation de la Commission européenne auprès de la Serbie nous propose une fonction innovante directement comparable aux coupures de presse...

La fonction "add to clippings" permet aux utilisateurs de classer un article dans une sélection personnelle.

Bien sûr, il existe déjà, sur le web, des systèmes vaguement comparables. Mais j'apprécie ici la simplicité et la fluidité du mécanisme. Il n'est pas nécessaire de s'enregistrer. D'une visite à l'autre, les cookies mémorisent la sélection effectuée par l'utilisateur. Une fonction qui pourrait bien devenir un standard des sites médias ou portails généralistes, au même titre que les fonctions "Imprimer" ou "Envoyer à un ami", qui manquent, en revanche, sur ce site serbe.

Source : http://www.europa.org.yu/code/navigate.php?Id=1

Pour aller jusqu'au bout des choses, il me semblerait intéressant de permettre l'envoi de la sélection d'articles à un ami.

Merci à Régine pour son oeil attentif.


(*) Oups, ça ne nous rajeunit pas tout ça ;-)

Prévoyez une homepage "bis" pour vos communications exceptionnelles !

Le jour du résultat des élections américaines, de nombreux médias ont adapté la maquette de leur page d'accueil à l'ampleur des circonstances : la BBC, Le Monde et d'autres ont remplacé leur mise en page habituelle par un dispositif exceptionnel, de manière à donner au sujet du jour une présence (re)marquée.

Moduler la page d'accueil d'un site web en fonction de l'ampleur exceptionnelle d'un événement me paraît judicieux.

Je me souviens que, durant la crise de la fièvre aphteuse, la DG concernée à la Commission européenne communiquait, sur sa page d'accueil, à travers un timide encart, perdu dans un puzzle de contenus. L'importance de la situation méritait, à mes yeux, un traitement différencié.

Dans le même ordre d'idée, je conseille aux entreprises d'anticiper les situations exceptionnelles en prévoyant une homepage "bis".

Les situations exceptionnelles peuvent être positives (exemple : événement organisé par l'entreprise, récompense, performance,...) ou négatives (c'est le scénario de la communication de crise). Mais dans les deux cas, un canevas adapté mérite d'être mis en place.

Vous connaissez d'autres exemples de homepages "bis" ?

Menus déroulants enrichis, sur arte.tv

Je surfe en ce moment sur arte.tv pour m'imprégner de leurs contenus, en vue d'une prochaine formation.

Même si l'ambition des formations que je vais animer est de monter plus haut encore la barre de la qualité éditoriale de la chaîne Arte, disons d'emblée que, dès le départ, mon client se situe trois crans au-dessus des concurrents. Allez goûter à la soupe de France2 ou de TF1... vous comprendrez.

Parmi les innovations intéressantes sur le site arte.tv, des menus déroulants enrichis. Comme dans l'exemple ci-dessous, où chaque élément du menu est présenté par un texte en deux temps, avec un contraste de graisse, et accompagné d'un visuel (parfois perfectible quant à lui).

Si vous avez, en magasin, d'autres exemples de menus déroulants enrichis, ça m'intéresse !

Les activités reprennent (fort)

A mon planning, ce mois-ci :

  • Une formation au parlement européen
  • Une série de formations "Ecrire pour le web" à destination des rédacteurs d'ARTE France (Paris)
  • Un accompagnement à la refonte d'un site intranet institutionnel (conçu de manière trop "journalistique" et pas assez "opérationnelle")
  • Des recommandations en termes de stratégie éditoriale et d'ergonomie pour le site web du CIRB (Centre Informatique pour la Région Bruxelloise), avec une orientation client plus marquée
  • Une nouvelle maquette pour mon propre site web (mais il faudra trouver le temps de la mettre en oeuvre)

J'envie ceux qui vont profiter de l'été indien. J'adore l'été indien, ce soleil qu'on n'attendait plus.

Mais bon, trêve de plages dorées, au boulot !