Les règles ? Question de pédagogie.

  • Des titres riches contenant des mots clés.
  • Des introductions de maximum 50 mots.
  • Des phrases de 15 mots.
  • Des hyperliens explicites.
  • Des hyperliens soulignés en bleu.
  • Pas de double négation.
  • Pas de voix passive.
  • Maximum 7 liens par bloc de navigation.

...Bien entendu que ces règles, prises à la lettre, peuvent mener à des aberrations.

Elles n'en sont pas pour autant sans fondement.

Face à une réalité complexe, les règles demeurent d'utiles repères.

J'aime les règles lorsqu'elles apportent une lumière, un sens des proportions.

J'aime aussi les transgresser.

Au lieu d'enfoncer des portes ouvertes en nous rappelant cette évidence que toute règle a ses limites, pourquoi ne pas faire progresser le débat en amenant la nuance ? Dernier exemple appréciable en date : cet excellent article sur la rédaction des textes alternatifs. Didactique, il précise les règles sans taire les nuances ni les cas particuliers.

Toute personne sensée fera la différence entre la règle et l'esprit de la règle.

Dans n'importe quelle matière scientifique, lorsqu'on veut isoler un paramètre, on est obligé de geler tous les autres. Si je veux mettre en évidence les caractéristiques propres à l'écriture web, je mets inévitablement un peu entre parenthèses les autres paramètres, tels que l'influence de l'audience ou du contexte de communication. Non pas que je gomme ces facteurs, mais je les tais momentanément pour isoler le point de vue qui m'intéresse.

Au lieu de dire : "A audience équivalente, à contenu équivalent et à objectif de communication équivalent, l'écriture sur le web fonctionne mieux, en moyenne, avec des paragraphes plus courts que l'écriture papier", nous dirons, par contraction (abusive ?) : "Les paragraphes courts sont bien adaptés à la lecture à l'écran".

Non, je ne vois pas de contradiction avec mon billet précédent ;-)

Code de l'écriture web : article 24.2 alinéa 8

Je suis chaque fois surpris lorsque j'entends parler de l'écriture web comme d'une réalité monolithique. Chaque fois étonné que l'on évoque les préceptes de l'écriture web comme on ferait référence aux dix commandements (que ce soit pour s'incliner ou pour se rebeller). Chaque fois déconcerté qu'on prête aux règles de rédaction web une existence aussi définie que les normes du Code civil.

En ce qui me concerne, oui, c'est vrai, j'ai tenté dès avril 2001 de théoriser l'impact des nouveaux médias sur nos modes d'écriture. Mais il me semble l'avoir fait avec beaucoup de précautions. Dès le départ, j'ai préféré aborder l'écriture web sous la forme d'une interrogation.

Il en est de même de la plupart de mes confrères : à ma connaissance, pas un spécialiste francophone de ladite écriture web ne s'enferme dans des principes carrés.

Aucun d'entre nous ne songerait, web ou pas web, à gommer la nécessité de nous adapter au contexte de communication ou à l'audience visée. Même Jakob Nielsen, derrière son discours anguleux, apporte souvent la nuance.

Alors, la prochaine fois que vous parlerez des préceptes de l'écriture web, s'il vous plait, précisez votre pensée ;-)