Internet, c'est comme un marché à la criée.

Si vous ne faites pas de grands gestes, de rabattage explicite, d'interpellations directes, vous tombez dans l'oubli.

Un site web, aussi intéressant soit-il, livré à sa propre existence, éprouve des difficultés à générer un trafic régulier et croissant.

Pendant les premières années du Web, la newsletter e-mail restait le meilleur moyen de pousser les contenus (on parle du "push", en Anglais, notion parfois galvaudée).

Ensuite, les blogs ont démocratisé les flux RSS.

Et plus récemment, les médias sociaux ont pris de l'ampleur et contribuent, eux aussi, à propulser vos contenus.


Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients :

Chacun de ces canaux correspond aussi à un profil socio-démographique différent. Les tranches d'âge jeunes sont très actives sur Facebook. L'e-mail reste plus pertinent pour toucher une audience adulte. Twitter est moins "grand public", mais peut s'avérer extrêmement efficace dans la mesure où on y trouve les "influenceurs d'opinion".

Si vous pouviez m'aider à étoffer ce tableau, ce serait génial... vos commentaires sont bienvenus !


J'aimerais également collecter des statistiques d'entreprises sur la part de trafic généré respectivement par l'e-mail, le RSS et les médias sociaux. En possédez-vous ?

En ce qui me concerne, c'est ma newsletter e-mail qui continue de provoquer le pic de trafic le plus net. Elle peut m'amener entre 500 et 1000 visites, là où Twitter et Netvibes m'apportent respectivement une cinquantaine de visites à chaque billet posté. Mais c'est fortement lié à l'historique : ma newsletter e-mail existe depuis plusieurs années, alors que ma présence sur Twitter est beaucoup plus récente et moyennement active.

Parmi les outils sociaux, Facebook génère 13 fois plus de trafic que Twitter sur les sites d'actualités.


Notez que le monde réel peut également contribuer à déclencher des visites vers les plate-formes où vous êtes présents sur le web.

La marque de ketchup Heinz l'a bien compris en plaçant un "Find us on Facebook" sur certaines de ses bouteilles :


Alors, entre l'e-mail, le RSS, Facebook et le reste, quel canal de diffusion choisir ?

Probablement plusieurs d'entre eux ! Il convient de multiplier ces approches, plus complémentaires qu'exclusives.

La dispersion des plate-formes complique, en revanche, la mesure de l'audience. Vos contenus, lus sur Netvibes, sur Twitter ou dans un e-mail transféré à un tiers, échappent parfois à vos statistiques. Votre lectorat existe au-delà des frontières de votre site web.

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Les données statistiques ne sont pas toujours faciles à évaluer... Un taux de conversion de 3% est-il un échec cuisant ? Un taux de désabonnement de 1% signifie-t-il un franc succès ?

Pour cette raison, il est précieux de connaître les statistiques moyennes. Et la société Experian CheetahMail France nous les livre, via le Journal du Net.

Source : Journal du Net

Ci-dessus, les tendances générales. Mais, en explorant ce dossier dans sa navigation latérale, il est possible de connaître les chiffres par secteur : B2B, Banque-assurance, Distribution, Luxe, Secteur public, Médias, Pure Players, Tourisme, Vente à distance.

Le taux d'ouverture moyen en marketing e-mail frise les 20%. La plupart du temps entre 15 et 25%. Quatre e-mails sur cinq sont donc tués dans l'oeuf, supprimés sans plus attendre, sur base de leur objet ou du nom de leur expéditeur.

Le taux de clic est de 3 ou 4%. Il atteint 10%, en moyenne, dans les contextes les plus favorables. J'avais travaillé avec 3 Suisses, notamment, et certains e-mails, ludiques ou boostés par des promotions intéressantes, atteignaient parfois 30 ou 40% de taux de clic. Il s'agit du clic au départ de l'e-mail qui, souvent, atterrit sur une page web. Dans votre "entonnoir" statistique, il faut en général prévoir un second taux de conversion, sur le site web, des visiteurs en provenance de l'e-mail. Et oui, il faut un gros volume de trafic et une audience qualifiée pour parvenir à générer un business digne de ce nom.

Le taux de désabonnement moyen oscille entre 1 et 3 pour mille. Un taux de désabonnement de 1% (question évoquée plus haut) devrait donc traduire un manque de confiance dans votre campagne.

Et vos chiffres à vous ? Ils collent avec la moyenne ?

Lisibilité et densité d'information : l'UMP accumule les lourdeurs

Lisibilité et densité d'information sont deux facteurs qui interagissent étroitement au sein d'un site web. Je veux dire par là que plus l'information est touffue, plus il devient nécessaire d'en soigner la présentation.

Je viens de tomber sur un exemple qui prouve que le bon sens ne court pas encore les rues... pas même toujours les grandes artères. Il s'agit de la lettre (électronique) des députés européens du groupe UMP.

Source : http://www.umpeurope.org/Lettre/2005-06/

Jugez par vous-même.

Et ce n'est pas la fonction "agrandir les caractères", au bas de la page, qui nous tirera d'affaire ! Elle ne fera qu'augmenter l'effet gruyère causé par le texte justifié dans une étroite colonne.

Bon exercice à soumettre aux étudiants en communication : revoir l'usage du gras dans le texte, dans le sens d'une bien plus grande sélectivité (à force de tout mettre en évidence, on ne met plus rien en évidence).

Les 7 "C" pour une newsletter efficace

J'ai répondu, ce matin, à une interview du journal "L'Echo".

La question était : quelles sont les bonnes pratiques dans le domaine des newsletters électroniques ?

Ma réponse tient en 7 "C" :

  1. Court (autour de 1000 signes)
  2. Constant (sur le plan de la périodicité, de la ligne éditoriale et du format)
  3. Concret (droit au but, pas trop littéraire, en évitant les généralités)
  4. Ciblé (une ligne éditoriale précise, parfois même du contenu à la carte)
  5. Complémentaire (synergie par rapport au site web et à la communication papier)
  6. Compatible (le format HTML riche, appliqué à l'e-mail, crée parfois de mauvaises surprises)
  7. Convivial (soignez particulièrement le processus d'inscription)

Les détails dans la rubrique Marketing du quotidien L'Echo, mardi prochain.