Quel mariage entre la vidéo et le texte ?

La page web est amenée à marier le texte et la vidéo.

Ce mariage est nouveau. Tantôt harmonieux, tantôt bancal.


Ci-dessous, ARTE positionne une vidéo fort bas dans la page (sous la ligne de flottaison, en réalité). Le texte domine.

Source : ARTE


Ci-dessous, la BBC fait l'inverse. La vidéo vient en amont. Le texte apparaît plus bas. Un espace entre les deux provoque une sorte de divorce.

Source : BBC


RTL-TVI a choisi d'intégrer le texte à la vidéo. Un mariage plus étroit, qui implique un descriptif texte concis.

Source : RTL-TVI


TF1, également, opte pour un court descriptif texte, sous la vidéo.

Source : TF1


TV LUX place le texte à droite de la vidéo. Avec le risque que les lecteurs/auditeurs perçoivent ces éléments comme dissociés. Le titre échoue à chapeauter l'ensemble. La présence d'une photo fixe ajoute à la confusion.

Source : TVLux


Le webzine Interstices positionne également le texte à droite de la vidéo. Mais ici, cela fonctionne mieux. Grâce à certains codes graphiques (petite flèche, effet de pli), l'encadré texte est clairement rattaché à la vidéo.

Source : Interstices, site de vulgarisation scientifique.


En conclusion : le mariage texte-vidéo ne fait l'objet d'aucune standardisation pour le moment.

Cette standardisation est-elle souhaitable ?

Pas obligatoirement, mais la situation actuelle présente le risque, à mon avis, de compliquer la grille de lecture. Vidéo et web se concurrencent, à certains endroits, plutôt que de s'épouser.

J'encourage, en tout cas, les télévisions à tester objectivement l'efficacité de différentes variantes d'intégration du texte et de la vidéo.

A cette problématique ergonomique, s'ajoute la problématique sectorielle et juridique. Les télévisions produisent du texte. La presse écrite produit des vidéos. Des activités qui, autrefois, étaient clairement dissociées, en termes d'entreprise, mais aussi en termes de subsides et de cadre juridique. Le mariage de la vidéo et du web se produit sur un terrain miné, en tout cas en Belgique.

Sans oublier la dimension référencement. Car, sur Internet, le texte reste nécessaire à la vidéo, non seulement pour la mettre en scène, mais aussi pour l'indexer.


A lire aussi :


NDLR: Notez que, dans ce billet, je me suis permis d'épingler des pratiques éditoriales qui ne sont pas forcément représentatives d'une stratégie globale de la part des médias en question. Les chaînes de télévision varient souvent leurs mises en page. Ce qui ne fait qu'augmenter, d'ailleurs, la variabilité des situations de lecture.

Gare aux extractions de contenu automatiques !

En naviguant à travers le site web de Télé Vesdre (télévision locale de la région de Verviers), lors de ma formation "écrire pour le web" de la semaine dernière, je suis tombé sur cet exemple croustillant.

Je cite la légende de la vidéo sur fond gris foncé : "Les éditions Luzabelle publient un con".

Il fallait lire "un conte pour enfant", mais l'outil de gestion de contenu automatique en aura décidé autrement.

Source : www.televesdre.be

Merci à l'équipe de Télé Vesdre pour son sens de l'humour et de l'auto-critique.

Moteur de recherche rachitique

Pas mal de sites web continuent de faire cette erreur : un moteur de recherche interne au champ trop étroit. Résultat : moins de présence, moins de confort, et un plus grand risque d'erreur à l'encodage.

Mais la société Carmeuse bat tous les records :

Source : www.carmeuse.be

N'essayez pas d'y encoder "anticonstitutionnellement" ;-)

L'ordre alphabétique : tri logique seulement par défaut

Le tri alphabétique a ceci de magique : il crée de l'ordre là où aucune autre logique ne s'impose.

Cherchez le mot "Saxophone" dans une encyclopédie contenant des millions de définitions, et vous le trouverez en 12 secondes (ou 8, si vous êtes très doués).

Tel est le miracle d'efficacité de l'ordre alphabétique.

Au milieu d'une page web, l'ordre alphabétique donne une impression de structure et de contrôle.

A l'inverse, les menus non triés provoquent une sensation de désordre...

Source : belgium.be (version 2002)

Dans l'exemple ci-dessus, on aurait pu laisser la préséance au premier ministre, mais ensuite, adopter une logique alphabétique.

Les politologues vous diront qu'il existe un ordre "protocolaire"... mais les usagers du Web se moquent des protocoles... les organisations qui acceptent d'évoluer vers une logique utilisateur seront perçues plus favorablement et diffuseront leurs messages plus efficacement.


Mais l'ordre alphabétique ne nous aide que par défaut. Si une autre logique prime, plus naturellement, il nous faut alors l'utiliser.

Un des plus croustillants exemples qu'il m'ait été donné de rencontrer récemment est celui-ci :

Source : Black Diamond

Quelle idée de trier les tailles par ordre alphabétique... et non par taille !

Je n'ose pas imaginer que les éditeurs de ce site web n'y aient pas songé. En fait, ici, nous nous heurtons vraisemblablement à une autre difficulté : la rigidité du CMS (outil de gestion du contenu).

Certains CMS imposent strictement la même séquence de contenu d'une langue à l'autre. Ce qui peut venir chahuter l'ordre alphabétique.

Ou bien, ce qui est sans doute le cas ici, le CMS impose tout simplement l'ordre alphabétique.

Peu importe les obstacles, ce qui compte, c'est le résultat final et son effet sur les utilisateurs, non ?


Et comme pour toutes les règles, il faut pouvoir parfois y faire exception, en connaissance de cause :

Source : aufeminin.com

Voyez comme le "mariage" s'est joliment incrusté à côté des "voyages". Voyages de noces, par association. Je pense qu'il s'agit là d'une exception maîtrisée.


Pour en savoir plus :

Lisez cet article en Anglais : Alphabetical Sorting Must (Mostly) Die (Jakob Nielsen, October 4, 2010)

Ou mieux encore : inscrivez-vous (mais vite) à ma formation "écrire pour le web" des 18 et 19 novembre prochains! J'ai réorganisé la formation sur deux jours, afin de passer véritablement en revue VOS SITES WEB, et pas seulement des concepts théoriques. Vous ressortirez de cette formation avec une vision très critique (mais aussi très constructive) de vos propres sites web.

Hé hop, une bonne louche de mots clés !

Si ça, c'est pas du bourrage de mots clés ;-)

Source : www.advancedkravmagasystems.com


A lire aussi : Les métadonnées mots clés peinent à se faire oublier.

Sony néglige son référencement

A croire que certaines grandes marques s'endorment sur leur notoriété et leur artillerie marketing classique.

Pourtant, la réalité d'Internet (et de la nouvelle économie qui l'accompagne) est telle qu'un petit acteur peut parfois parvenir à se propulser sur la scène, devant les grands.

Les PME devraient d'ailleurs prendre davantage conscience de cette opportunité.

Cherchez "video technology" sur Google... la société Sony n'apparaît pas dans les 100 premiers résultats... autant dire qu'elle est invisible, sur un mot clé qu'elle définit elle-même, dans ses propres pages, comme au coeur de son activité.

Une petite visite du site Sony devrait vite vous convaincre de la pauvreté des balises TITLE, par exemple, qui restent tout de même le B à Ba du référencement.


Ci-dessous, la balise TITLE de la page "About Sony" sur le site corporate Sony Europe.

La marque s'y retrouve isolée. Elle n'est associée à aucun mot clé sectoriel, aucun mot clé produit, aucun mot clé valeur.

Source : www.sony-europe.com

Ci-dessous, la balise TITLE affectée à la rubrique "casques"...

Source : www.sony.be/lang/fr/hub/headphones

Un peu court évidemment. Ne serait-ce qu'en raison des effets de polysémie : il existe des casques de moto, des casques de spéléo, etc.

On pourrait proposer, au minimum : "Casques audio, écouteurs, mini casques"... et sans doute plus, suite à une analyse de rayon plus fine.


Quant aux appareils photo, ils font l'objet d'une balise TITLE déjà plus consistante... sauf que le terme "photo" n'apparaît même pas... manquement de taille.

Source : www.sony.be/lang/fr/hub/appareils-photo-numeriques-cyber-shot


Oh, vous savez, Sony n'est pas la seule société notable à snober son référencement naturel... Faites un détour par Philips, et vous verrez...

Source : www.philips.be

"Home - Royal Philips"... On a déjà connu des balises TITLE plus denses, n'est-ce pas ?... Peut mieux faire, non ?

Google Traduction : nouvelle interface, en miroir

J'aime les petites améliorations qui font un grand bien. Et Google Traduction vient d'en produire une.

Auparavant, la traduction apparaissait au bas du texte original. Ce qui nous obligeait à effectuer des aller-retours permanents, dès que le texte à traduire était un peu consistant.

Prise d'écran : Google Traduction - ancienne interface


Dorénavant, la traduction apparaît en parallèle : à gauche, le texte original, à droite, la traduction, générée en temps réel. Joli !

Prise d'écran : Google Traduction - nouvelle interface


Par contre, les traducteurs humains ne seront pas au chômage de si tôt : regardez donc comment l'outil me traduit une "disposition en miroir" ;-)

Autre fonctionnalité intéressante : la possibilité d'écouter la traduction dans la langue cible.

A ce propos, si vous avez 30 secondes à perdre, faites donc cet exercice très comique, mais totalement puéril j'en conviens, d'écrire n'importe quoi et de vous faire lire votre charabia par la machine ;-)

Nouveau site web de la RTBF : 20 arrêts sur image

Mon billet précédent, basé sur peu d'éléments, m'a donné envie d'aller un cran plus loin.

J'ai eu le plaisir de collaborer quelques fois avec les équipes du site web ARTE TV, je reste attentif à l'évolution des sites de CNN et de la BBC, et je donnerai prochainement une formation écrire pour le web auprès des Télés Locales de Belgique et Luxembourg. A l'heure de l'annonce de Google TV, j'étais donc curieux de voir comment se portait le site web de notre radio-télévision publique nationale francophone, la RTBF.

>> Lire la suite

Le site web de la RTBF : entre améliorations et lourdeurs

Rien n'est plus rebutant qu'un gros pavé de texte lorsqu'on découvre le contenu d'une page web.

En 1997 déjà, Jakob Nielsen recommandait d'éviter les longs blocs de texte.

"Don't require users to read long continuous blocks of text!" - Jakob Nielsen, 1997.

En 2002, le même Jakob Nielsen reprenait ce principe dans son "Top Ten Web-Design Mistakes".

Source : www.useit.com

Pendant mes formations "écrire pour le web", lorsque je présente des exemples de pages chargées de blocs de texte, la réaction est toujours immédiate et unanime. Même ma fille de 11 ans m'exprime...

"Cela ne donne vraiment pas envie de lire" - Ma fille, 11 ans.

Pourtant, la RTBF continue de proposer des articles en ligne qui s'apparentent (pas tous) à des murs de texte peu digestes...

Source : rtbf.be

Quelques paragraphes seraient bienvenus, non ?

Un peu de respiration, je vous prie.

Bon, ceci dit, la RTBF fait de mieux en mieux pas mal de choses...

Les formats d'accroche, par exemple, sont souvent réussis. Comme ici, un compteur des jours sans gouvernement, qui mène vers un dossier sur la question, à la fois actualisé et mis en perspective. Bravo!

Ou bien un accès à une vidéo sous forme de question interpellant la curiosité, avec un bouton "play" qui donne envie.

Alors, pour conclure en termes scolaires :

"Gros progrès, chère RTBF, depuis vos débuts laborieux. Vous considérez enfin le Web dans tout son potentiel. Mais ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Affinez. Continuez sur votre lancée !".

P.S. J'ai rajouté quelques bémols et compléments de réflexion, ci-dessous, en commentaire, après publication initiale de ce billet.

10 conseils pour rater votre intranet

1. Confondre intranet et communication interne
L’intranet est plus qu’un support de communication, c’est un outil de travail. Son objectif est bien plus large que la communication interne. Il est informatif, collaboratif, opérationnel et vise prioritairement l’efficacité d’un système d’organisation. Sur un bon intranet, on ne se contente pas de lire des news, on réserve des salles de réunion, on remplit des demandes de congé, on commande des bics,…

2. Réserver l’édition de contenu à un webmaster et son suppléant
Toutes les personnes disposant d’un accès réservé doivent pouvoir contribuer au contenu. La participation crée l’usage. Mettez un workflow en place, passez de la centralisation à la coordination. Développez le sentiment d’appartenance. Profitez du potentiel de chaque individu et désengorgez la production de contenus.

3. Négliger les attracteurs (killer applications)
Certains contenus intéressent le personnel en priorité : who’s who, menu du restaurant, procédures fréquentes,… Mettez ces contenus en avant. Ils servent d’hameçon. Octroyez une place aux informations conviviales (petites annonces, cercles sportifs, album de famille,…), sans exagération. Mettez des visages des membres du personnel, un air de réalité.

4. Mettre à jour l’intranet une fois par semaine
Non, bien sûr. A chaque instant, des informations nouvelles sont susceptibles de tomber. L’intranet, c’est la vie de l’entreprise, en évolution permanente. Organisez le système en conséquence. Flux RSS, alertes e-mail, systèmes de vidéo-conférence, contenus générés au départ des bases de données de l’entreprise, peuvent venir soutenir l’activité en temps réel.

5. Confier la gestion de l'intranet au département informatique
L’intranet est un tabouret à trois pieds : management, communication, informatique. Les développements informatiques et les communications doivent pouvoir être encadrés par un chef d'orchestre ayant une vision "systémique".

6. Construire une usine à gaz
Penser à tout, longtemps, et puis quand c’est parfait, mettre en ligne... Illusion de propreté ! Le web n’est pas une chaîne de montage, une mécanique à la Chaplin. Seule la spirale a prouvé son efficacité. Donc, mettre au point et rapidement en ligne, un système modeste mais qui fonctionne. Et puis ne pas hésiter à faire évoluer, et mettre à la poubelle, ce qui devient obsolète.

7. Ne pas parler de l’intranet
Le rôle des managers et des communicateurs est ici déterminant. Les managers doivent montrer l’exemple : utiliser l’intranet, y apparaître, y faire référence en réunion, participer aux formations avec leurs équipes,… sans doubler de mail et de paperasses (éviter la concurrence des autres canaux). Quant aux communicateurs, ils doivent veiller à ce que les autres supports (newsletters,…) renvoient vers l’intranet, cœur du système informationnel.

8. Acheter une boîte noire
L’outil tout-en-un. Sauf si vous voulez jeter votre argent et votre autonomie par la fenêtre, fuyez tout outil « clé sur porte ». Il y aura toujours quelque chose qui ne rentrera pas dans la boîte noire … votre entreprise est unique. Mais réinventer la roue peut également s’avérer coûteux et inefficace. L’idéal reste donc de partir de modules existants, mais qui ne vous coincent pas et permettent le développement sur mesure.

9. 100% Top Down
L’intranet 100% « top down », c’est celui qui ne pratique que la communication descendante. Le management, de manière directe ou à travers ses porte-paroles, est le seul autorisé à exprimer l’entreprise. Les contenus sont filtrés, soumis à approbation stratégique. Vision trop verticale, qui réduit considérablement la dynamique.

10. 100% Bottom Up
L’intranet 100% « Bottom up », c’est celui où tout le monde peut publier sur tout. L’information remonte librement, mais le management ne s’implique pas. L’intranet s’agite, pollue, mais n’a pas de valeur officielle. Que ce soit dans un sens ou dans l’autre, quittez donc la vision verticale et adoptez une approche réseautique. Surtout que tout le monde s’en mêle, dans tous les sens, mais avec un superbe cadrage (pilotage, rôles bien déterminés des acteurs, workflow,...).


Cet article a été rédigé par Dominique Annet et moi-même, dans le cadre d'une intervention auprès de l'ABCI (Association Belge de la Communication Interne), dans les locaux de l'Université de Namur.