Les internautes scrollent... indépendamment de la longueur des pages
Publié par Jean-Marc Hardy le 12 janvier 2007
Une étude menée par ClickTale, fin 2006, nous apporte des données fort intéressantes sur le comportement de "scrolling". Traduisez : l'utilisation de l'ascenseur vertical dans les pages web.
Les enseignements clés sont :
- 91% des pages contiennent un ascenseur.
- 76% des pages avec ascenseur sont partiellement explorées.
- 22% des pages avec ascenseur sont explorées de bout en bout.
Ces chiffres sont basés sur un échantillon plus que respectable : 120.000 pages vues.
Le graphique qui a le plus attiré mon attention représente le taux d'utilisateurs qui scrollent jusqu'au bout, en fonction de la longueur des pages. Ce graphique démontre que les internautes scrollent totalement indépendamment de la longueur des pages. Une page web de 10.000 pixels (l'équivalent d'une vingtaine d'écrans) aurait autant de chances d'être parcourue qu'une page web de 1.500 pixels (soit trois écrans en moyenne).
Un écran, c'est grand comment ?
Le pli de la page (que les anglophones appellent "the fold") ne se fait pas au même endroit chez tout le monde. Les internautes ne voient pas tous la même chose. Selon la résolution d'écran, le navigateur utilisé et les barres de tâches activées, la quantité de contenu affiché reste variable. Ce graphique montre trois pics, respectivement autour de 430, 600 et 860 pixels. Ils correspondent aux trois résolutions d'écran actuellement les plus populaires : 800×600, 1024×768 et 1280×1024.
Conclusion
Ces données renforcent certaines vérités que nous exprimons depuis 2001 sur redaction.be et à travers nos formations :
- Une page web ne doit pas systématiquement tenir dans un écran.
- Les informations les plus importantes (sommaire, résumé) doivent se situer en haut de page (parmi les 500 premiers pixels de hauteur).
- L'habillage visuel de la page (insertion d'intertitres, de citations, de graphiques,...) est crucial pour inciter les utilisateurs à dérouler la page dans toute sa longueur.
Bien sûr, scroller n'est pas lire. Lire n'est pas comprendre. Et comprendre n'est pas retenir.
Je ferais également la différence entre une page d'accueil (qu'on aime parfois voir tenir en un écran) et une page de contenu profond.
Tous ces points sont discutés en profondeur et à travers des exercices lors de mes formations à la rédaction de pages web.
Note : C'est ce billet de Sébastien Billard qui a éveillé mon attention.
