C'est une question que je me pose depuis plusieurs années et qui était à l'origine de mon site www.redaction.be.
L'américain Jakob Nielsen reste un des premiers à avoir conduit des observations précieuses dans ce domaine. Dès 1997, il s'est intéressé à comment les gens lisent sur le web et comment faciliter cette lecture par une écriture adaptée.
Mais Jakob Nielsen n'est pas le seul à apporter de l'eau au moulin. L'Institut Poynter, une école de journalisme américaine, étudie, depuis plusieurs années, les comportements de lecture sur le web et sur le papier.
J'avais publié, en 2004, le résumé et l'analyse d'une de leurs études.
Plus récemment, d'autres tests ont été menés. Entre juillet et novembre 2006, 582 personnes ont été observées en train de lire deux sites web et deux magazines papier. Les résultats de cette étude sont disponibles en Anglais à l'adresse suivante : http://eyetrack.poynter.org/keys_01.html.

Personnellement, voici ce que je retiens de cette dernière étude :
- Les gens lisent proportionnellement plus en ligne que sur papier. C'est la conclusion la plus marquante de cette enquête. Les articles en ligne sont davantage explorés jusqu'au bout que les articles papier.
- La lecture a davantage de chances d’être méthodique (linéaire, de haut en bas, de gauche à droite) sur papier que sur le web. En ligne, les « scanneurs », au comportement plus imprévisible, sont aussi nombreux que les « méthodiques », tandis que les méthodiques continuent de dominer la lecture papier.
- Des petits morceaux de texte, associés à des visuels, parviennent à capter efficacement l’attention. L'étude confirme ainsi la puissance des « micro-contenus » d'accroche.
- Les photos et les grands titres attirent prioritairement l’attention sur papier. Tandis qu’en ligne, les éléments de navigation prennent parfois le dessus. C'est clair, sur Internet, on lit ET on navigue par la même occasion.
- Les visuels qui font partie intégrante du contenu semblent efficaces. Dans un magazine papier, une publicité pleine page peut s’avérer moins percutante qu’un format plus petit intégré à la page. Ce qui paye, c’est la proximité avec le contenu éditorial !
Me voilà rassuré sur pas mal de choses que j'évoque lors de mes formations "Ecrire pour le Web".