Confort de lecture : l'écart entre l'écran et le papier se réduit

NDLR : Prenez un chrono, appuyez sur Start, et commencez la lecture de cet article.

Cela faisait 15 ans que circulait ce chiffre monolithique : « On lit 25% plus lentement à l'écran que sur papier ».

Moi-même, j'avoue, je diffusais cette donnée en formation « écrire pour le web », en y apportant un bémol de plus en plus marqué au fil du temps. Vu l'évolution des tailles d'écran, des résolutions, des matières, des habitudes, il était en effet plus que probable que l'expérience de lecture évolue.

« On lit 25% plus lentement sur le web que sur le papier »... Faites donc une recherche sur Google, en Français ou en Anglais, vous constaterez vite que cette affirmation reste très répandue dans le monde de la consultance web. Or, elle repose sur des observations de Jakob Nielsen qui remontent à 1997 !

Souvenez-vous, à cette époque, on utilisait des écrans 600 x 400 pixels, avec des fréquences de rafraîchissement à faire sortir les yeux de leurs orbites. Bon, j'exagère un peu, mais à peine.

Aujourd'hui, certains écrans proposent des résolutions d'affichage hollywoodiennes : le 1600 x 1200 pixels, par exemple. Mais dans le même temps, on a vu se multiplier de mini écrans avec les blackberries, les iPhones et autres écrans de poche. Aujourd'hui, l'iPad débarque, avec l'ambition de concurrencer le confort du papier.

Dans ce contexte, je vous fais la confidence qu'Isabelle Canivet, Muriel Vandermeulen et moi-même, trio passionné d'écriture web, nous étions déjà rencontrés dans l'idée de mettre sur pied des tests qui viendraient relativiser les vieux chiffres incontestés de Maître Nielsen. Nuancer ces 25% en fonction de la réalité polymorphe des écrans d'aujourd'hui nous paraissait une nécessité.

Mais voilà que Jakob Nielsen vient de nous devancer en réalisant une nouvelle étude portant sur la vitesse de lecture. La méthodologie est expliquée dans l'article. Les participants ont été confrontés à un extrait d'Ernest Hemingway, tant il est vrai que ce type de test de performance à la lecture n'a de sens que sur un certain volume de texte.

Quatre supports ont été testés : livre imprimé, PC, iPad et Kindle. Il en ressort que la lecture sur iPad est 6% plus lente que sur papier. On est loin des 25%. Avec les meilleurs supports électroniques, l'écart de performance se réduit donc fortement.

Mais la sensation de confort de lecture n'est pas exclusivement corrélée aux performances pures. Ainsi, les participants de l'étude ont exprimé une satisfaction élevée dans le cas de la lecture sur iPad et nettement moins élevée sur PC. Les vieux livres et les très récentes tablettes électroniques emportent l'adhésion des lecteurs, à la différence de l'écran PC, jugé rebutant.

Une approche critique me fait tout de même penser que l'attrait de l'iPad vient en partie de sa nouveauté.

Néanmoins, le message est clair : l'électronique rattrape le papier, en confort et en performance.

N.D.L.R. : Stoppez le chrono ! Combien de secondes avez-vous mis pour lire cet article ? Sur quel support ? Dans quelles conditions d'affichage ? Dites-nous tout en commentaire !

Les métadonnées "mots clés" peinent à se faire oublier

Lors de mes formations "écrire pour le web", nous passons près d'une matinée à décortiquer comment plaire à Google et, plus particulièrement, les paramètres de contenu qui influencent le référencement.

Chaque fois, je constate à quel point les webmasters ont gardé en mémoire la nécessité (devenue obsolète) d'intégrer des mots clés dans le code source via la balise META Keywords.

Je n'apprendrai rien aux spécialistes en rappelant que cette balise, essentielle aux débuts du Web, a perdu son efficacité.

Pour s'en convaincre, les sceptiques iront jeter un oeil sur le code source du site abondance.com, référence francophone en matière de SEO :

<meta name="keywords" content="referencement, abondance, moteur de recherche, recherche d'information, trilili, trililou, la balise meta keywords ne sert plus a rien pour le referencement mais je la laisse pour montrer a quoi elle ressemble lors de mes formations :-)">

Pas de balise META Keywords chez Sébastien Billard, qui prend par contre la peine d'optimiser ses URLs, puisque l'adresse de sa page d'accueil se compose ainsi : http://s.billard.free.fr/referencement/. Le mot "referencement" apparaît dans le chemin, plutôt que de se contenter d'un "index" ou "default" incolore et impuissant du point de vue du référencement.

Pas de balise META Keywords non plus chez WebRankInfo. Mais une balise META Description, en revanche.

Notez que cet exercice qui consiste d'aller s'inspirer des gourous comporte son lot de risque, tant il est vrai que les cordonniers restent parfois mal chaussés. La page d'accueil de Jakob Nielsen, grand conseiller mondial en web design, continue de nous le rappeler.

Concernant la balise META Keywords, les questions sont plutôt devenues :

  • Peut-elle être néfaste au référencement ?
  • Reste-t-il des arguments pour la préserver ?

A la première question, la réponse est vraisemblablement oui. Google semble croiser les données sémantiques et détecter les incohérences flagrantes ainsi que les abus. Si vous insérez dix fois le mot "sexe" dans vos métadonnées, il est probable que cela ne vous fasse pas grand bien en termes de référencement.

A la seconde question, je vois des possibilités de répondre "oui" :

  • Un autre argument, et non des moindres, pour préserver les métadonnées "mots clés", c'est la possibilité de les utiliser, au présent ou au futur, dans le système de recherche interne du site web ! Une qualification intelligente des contenus peut fortement contribuer à améliorer les recherches à l'intérieur de votre espace de contenu.
  • Voyez-vous d'autres arguments en faveur de la survie des métadonnées "mots clés" ?

Bien entendu, dans une logique d'entreprise, il convient de réfléchir au rapport investissement / bénéfice. Peut-être que la balise en question reste utile sur le moteur de recherche moteurpasconnu.com. Mais si ce moteur est, dans les faits, utilisés par 0,01% des internautes, cela a-t-il un sens de passer 10 minutes par page produite à réfléchir à des mots clés pertinents ?

Pour en savoir plus :

Je donnerai ma prochaine formation "écrire pour le web" inter-entreprises, à Bruxelles, le 29 juin 2010 prochain.

Pour toute inscription avant le 10 juin, recevez 3 cadeaux...

C'est pas beau, ça ?

Ces textes destinés à ne pas être lus

Lors de mes formations "écrire pour le web", nous passons beaucoup d'énergie à identifier comment les gens lisent et comment écrire pour être lu.

La plupart du temps, ce qui est bon pour les moteurs s'avère bon pour les lecteurs. Mais ce n'est pas toujours le cas. Dans certains contextes très commerciaux, la stratégie de référencement et la stratégie de lecture peuvent être complètement dissociées.

Je vous avais déjà parlé du site web Brussels Airlines et de son côté ultra optimisé du point de vue du référencement.

Si vous visitez la page "Vol pour Rome" de la compagnie, vous constaterez que le texte central est truffé de mots clés, allant du général vers le détail : "vol pour Rome", "Rome", "monuments", "bâtiments historiques", "Colisée", "Vatican", etc.

Le texte central est un attrape-mouches. L'internaute ne le lira pas. Tout est fait pour que l'oeil soit attiré vers la zone de réservation, en rouge, à gauche. Ou, secondairement, la possibilité de glisser à droite, vers des promotions ciblées.


A vrai dire, il n'a pas fallu attendre Internet pour assister à ce type de stratégie. Les magazines papier faisaient déjà du "remplissage", dans le but de justifier la présence de publicités en quadrichromie.

Ci-dessous, les conditions "générales de vente" sont souvent écrites pour ne pas être lues. Gros pavés de texte tartiné en petits caractères.


Autre exemple, la mention "Lien commercial", sur Google. Grisée et décentrée, elle se fait la plus discrète possible. Et, de fait, 82% des gens (étude que je ne retrouve plus dans mes tiroirs), dans le grand public, ne sont pas conscients du caractère commercial de ces informations, ciblées par rapport à leurs recherches.


Quant à mon dernier paragraphe (celui que vous êtes en train de lire), je vous préviens tout de suite, il est fait pour ne pas être lu. Je veux juste y placer des mots clés stratégiques pour moi, tels que "écrire pour le web", "formation écrire pour le web", "audit de contenu", "stratégie éditoriale", etc. Vous êtes encore là ? Bon, comme vous voulez, car je vous le répète, la suite de mon billet n'a strictement aucun intérêt. Et ne me faites pas de commentaires, je ne les lirai même pas. J'écris pour Google, pas pour vous. Vous ne m'intéressez pas. Ce qui m'obsède, c'est mon ranking, ma visibilité, ma présence. Quoi ? Toujours pas décroché ?!? Mais vous êtes têtu(e), dites donc. Bla, bla, bla, bla, bla, bla. Trut muche. Sexe. Viagra. Gloubi boulga.

Désapprendre la littérature

Lorsque nous apprenons à écrire à l'école, on nous donne souvent la littérature à titre de repère.

Sommes-nous armés pour rédiger un hyperlien, un bouton, un menu ?

Pas certain.

La littérature améliore-t-elle les taux de conversion ?... Rien n'est moins sûr.


Peut-être serait-il utile aussi d'apprendre, à l'école, à maîtriser cette forme d'écriture interactive et opérationnelle, si nécessaire au Web, non ?

C'est, en tout cas, l'objectif que je vise lors de ma formation "écrire pour le web" en entreprise.


P.S. A part ça, la littérature, j'adore. Pour l'instant (c'est-à-dire depuis deux mois), je lis "L'élégance du hérisson". Et je la trouve fameusement drôle et intelligente, Muriel Barbery.

Pourquoi l'école prépare-t-elle mal au Web ?

C'est sous ce titre un peu provocateur que je donnerai une conférence, demain, auprès de milieux académiques.

Je prépare mes diapositives en ce moment.

Et voici mon fil rouge... pour provoquer vos suggestions, délires et commentaires !

12 mauvais réflexes qui nous viennent de l'école

1. Raisonner « Introduction – Développement – Conclusion »
2. Faire de la littérature
3. Être exhaustif
4. Être érudit
5. Être sérieux
6. S’en tenir à l’académique pur
7. Manier de nobles concepts
8. Utiliser le subjonctif imparfait
9. Considérer le dessin comme un cours annexe
10. En faire un maximum
11. Ne pas laisser copier le voisin
12. Faire plaisir au prof

Préambule important : Je n'ai pas voulu publier cet article à chaud. La gravité intrinsèque du sujet étant bien plus importante, à mes yeux, que mes réflexions en matière de stratégie de communication. Après coup, je me permets d'y revenir.

Le 15 février 2010, deux trains rentrent en collision aux abords de Bruxelles. L'accident fait des victimes.

La radio est souvent le premier média à annoncer la nouvelle, dans un tel cas.

Ensuite, les gens se ruent vers les sites web pour en savoir plus. Les sites web des médias, mais également les sites web à la source de l'information... la SNCB, dans ce cas-ci (la société qui gère les services aux voyageurs sur le réseau ferroviaire belge), mais aussi Infrabel (la société qui gère l'infrastructure).

Les deux sociétés ont vite réagi et publié des communiqués sur leurs sites web respectifs. Chose plutôt appréciable. On ne pourra pas leur reprocher de ne pas avoir communiqué.

En revanche, la forme des communications m'apparaît imparfaite.

Ci-dessous, Infrabel annonce une "Collision entre deux trains à Buizingen". Mais la taille du communiqué reste extrêmement discrète en regard de la gravité de l'événement. Le format ne convient pas à une telle situation. L'utilisateur pourrait avoir l'impression que l'accident est minimisé, traité comme une simple actualité, au même titre que le "montage d'une nouvelle chaîne de forage".


Prise d'écran effectuée le 15.02.10 sur www.infrabel.be


Ce n'est pas la qualité du communiqué qui est en cause, dans un cas pareil, mais plutôt la rigidité du site web, qui n'offre qu'un espace limité et invariable aux communications, indépendamment de leur ampleur. Je conseille la création d'une homepage "bis" pour les cas exceptionnels.

A l'intérieur du communiqué, l'information est traitée de manière concrète et factuelle, sans minimisation ni excès. Le ton me paraît pertinent. Difficile de faire autrement dans un cas aussi dramatique.

Un détail cependant : le numéro du centre d'appel téléphonique, pour les familles des victimes, reste perdu à l'intérieur du texte. Je conseillerais de le mettre bien davantage en évidence. Au minimum en gras, mais de préférence encore plus saillant, sous la forme d'un encadré ou d'un bouton, avec une icône "téléphone", par exemple.

Encore une fois, la solution réside dans le fait d'anticiper l'accident (malheureusement probable, statistiquement, sur le long terme) et de prévoir un gabarit de communication de crise.


Prise d'écran effectuée le 15.02.10 sur www.infrabel.be


Ci-dessous, le même jour, sur le site de la SNCB, l'annonce figure au deuxième rang, derrière un communiqué intitulé "La SNCB innove". Ce qui pourrait être perçu comme totalement hors propos, dans le contexte de l'accident.


Prise d'écran effectuée le 15.02.10 sur www.sncb.be


Sur le site web du journal Le Soir, c'est la collusion entre la publicité et l'information qui apparaît choquante (et certains l'expriment d'ailleurs en commentaires). "Grand concours", "Jouez maintenant!", "Gagnez des cadeaux!",... Tout cela a-t-il sa place à proximité d'un article dramatique ?


Prise d'écran effectuée le 16.02.10 sur www.lesoir.be


Entendez-moi bien : Je suis loin de me moquer des réflexes de la SNCB et d'Infrabel, dans cette situation. La plupart des entreprises n'auraient pas fait mieux. La communication de crise est, par définition, une des choses les plus difficiles à gérer. La solution : anticiper.

Sexisme linguistique

Lors de ma dernière formation, j’ai accueilli 11 participantes contre 1 participant.

Je parle donc très logiquement de mes « participants ».

Et dire qu’on vient de fêter la journée de la femme !

Bon, c’est promis, si lors de ma prochaine formation web, le rapport est de 20 contre 1, j’utiliserai le féminin (n’en déplaise à Grevisse et à la minorité masculine du jour). Alors… Inscrivez-vous, Mesdames ! Et remettons un peu d'ordre dans la syntaxe !

Le marché des CMS : toujours immature ?

Le débat ne date pas d'hier. Il avait nourri mes premiers articles sur ce blog, en 2006 :

Certes, la qualité des outils, tant du point de vue de leur ergonomie que de leur modularité, s'améliore incontestablement.

Certes, il semble que certains outils se démarquent.

Mais le marché reste complètement éclaté, comme en témoigne l'interminable liste des logiciels existants, dont vous ne voyez ici qu'un minuscule point de départ alphabétique :

Source : www.cmsmatrix.org


En tout cas, à mes yeux, on y est pas encore tout à fait. Les options restent trop nombreuses et dispersées. Et certaines fonctionnalités basiques (comme la vérification de l'orthographe) manquent à bien des outils, censés gérer du contenu.

Serait-ce précisément la connaissance des rouages éditoriaux qui manquent à certains développeurs aussi doués soient-ils ?

Au fait, quelqu'un possède-t-il des chiffres sur la ventilation du marché ?

Que pèse SharePoint ? Que pèse Joomla ? Etc.

On briserait des liens pour elle, la page 404 d'ARTE

La page d'erreur d'adressage (erreur 404 pour les techniciens), dans la section "Webdocs" du site d'ARTE télévision, est un exemple de convivialité.

Ce n'est plus une page d'erreur, mais une page de promotion du contenu.

Source: http://webdocs.arte.tv/erreur404


C'est quand même plus sympa que ça :

Source: www.60questions.net (oui, là, je fais dans l'auto-critique ;-)