La homepage : en déclin ?

Je me permets de rebondir sur une excellente réflexion lancée par Muriel dans son dernier billet, intitulé "Le grand déclin de la homepage".

La "page d'accueil" porte parfois mal son nom, tant il est vrai que les visiteurs pénètrent les sites web tout aussi souvent par les pages intérieures. Muriel envisage avec soin chaque scénario d'arrivée sur un site web : par les moteurs de recherche, par le bouche-à-oreille, par les favoris, par les liens entrants ou par la publicité.

C'est clair la homepage ne détient pas le monopole de l'accueil sur un site web.

Cependant, cette page "racine" (appelons-là ainsi) reste stratégique à bien des égards :

  • Statistiquement, elle reste souvent la plus visitée.
  • Les visiteurs qui atterrissent sur une page intérieure rebondissent fréquemment vers la page racine.
  • La homepage reste la grande porte de ceux qui pénètrent en encodant spontanément le nom de domaine (particulièrement vrai pour les grandes marques, du genre solvay.com ou lesoir.be).
  • Cette page particulière illustre les priorités d'une entreprise.
  • La "netvibisation des portails", à l'image de la BBC récemment, redonne beaucoup de poids aux pages d'accueil.

L'état du Web actuel reste donc complexe, avec des évolutions parfois opposées. Chaque projet demeure spécifique et je vous invite toujours à consulter vos statistiques de fréquentation.

En particulier, dans le cas qui nous occupe :

  • Que pèse votre page d'accueil (en nombre de visites ou visiteurs) par rapport à vos pages intérieures ?
  • Combien de visiteurs prennent la peine de remonter vers votre page d'accueil depuis une page intérieure ?
  • Quelles sont les pages d'entrée les plus fréquentes sur votre site ?

Partageons nos stats, si vous le voulez bien... Allez, je commence :

La homepage de www.60questions.net (pas mon blog, mais mon site web) constitue le point d'entrée dans 11% des cas.

La homepage de www.timidite.info (un de mes sites thématiques) constitue le point d'entrée dans 33% des cas.

Comme quoi, d'un site à l'autre, les situations varient.

Et vous, votre page d'accueil, elle pèse quoi par rapport au reste de votre site ?

En tout cas, je rejoins clairement Muriel sur le fait que la homepage n'a plus le monopole. Très concrètement, lors de la conception d'un site web, cela signifie ceci : ne concentrez pas 80% de votre énergie sur la page d'accueil ; les pages intérieures méritent d'être traitées avec soin.

Les portails vont-ils mourir ?

En voyant ce site, c'est la question que je me pose.

J'ai le sentiment qu'on en revient un peu de ce mode de présentation qui consiste à tout étaler en vitrine, quitte à imposer quatre à cinq colonnes de contenu à l'utilisateur.

Une page d'accueil surchargée et des pages intérieures monocordes : sortons de ce modèle binaire, nondedjum !

Autre démon du passé : les "frames" (*)... Vous les avez compté ? ;-)


(*) Zones de contenu indépendantes assorties de leur propre barre de défilement.

Encore... encore... !

Ca y est, Google France semble avoir fait le choix du menu décentré, dont nous avions discuté il y a un mois.

Google Belgique, en revanche, en reste toujours à l'ancienne présentation.

Mais un autre point vient d'attirer mon attention...

Ce que j'aime beaucoup dans le menu, c'est l'option "Plus", suivie d'une option "Et encore plus".

Trop souvent, les éditeurs de sites web ont la tentation de vouloir étaler tous leurs contenus dès le premier niveau. Je trouve que le choix de Google est intelligent, car il permet de ne pas noyer ses services principaux parmi une masse d'outils périphériques. Il s'agit ici d'une véritable stratégie de hiérarchisation des contenus.

Comment atteindre le meilleur rendement éditorial ?

Dans son dernier article, Jakob Nielsen disserte sur le bénéfice des articles courts comparés aux articles longs.

Modèles mathématiques à l'appui, l'auteur évoque les meilleurs stratégies :

  • du point de vue du lecteur (en rappelant notamment l'analogie entre les théories de la recherche d'information et la théorie de la survie alimentaire - vaut-il mieux courir après le premier petit lapin venu ou tenter de traquer un plus gros lapin ? - quel est le meilleur ratio entre l'énergie investie et l'énergie reçue ?)
  • du point de vue de l'éditeur (chercher le meilleur rapport entre la quantité d'information produite et les bénéfices en termes commerciaux, informationnels ou de notoriété)

A partir de quel moment publie-t-on trop ?
En-dessous de quel seuil publie-t-on trop peu ?
Comment atteindre le meilleur rendement éditorial ?

Et de conclure que le rendement éditorial optimal se situe souvent dans une stratégie hybride : un mélange d'articles courts et d'articles longs, reliés entre eux, qui permettront d'assouvir les besoins variables des chercheurs d'information.

Dans le même état d'esprit, cela m'intéresse de réfléchir à la fréquence de diffusion idéale. Une entreprise a-t-elle intérêt à investir dans une newsletter hebdomadaire, mensuelle ou trimestrielle ? Bien sûr, tout dépendra du contexte, du secteur, de l'audience. Mais cela n'enlève pas l'intérêt d'une telle réflexion.

Ces questions m'intéressent au plus haut point, étant donné que je définis le coeur de ma mission exactement comme ceci :

Aider mes clients à optimiser le rendement de leur investissement éditorial, en jouant tout autant sur la qualité, sur l'ergonomie, sur la stratégie, sur les technologies et sur les processus.

Bon, là, je m'arrête, sinon je vais diminuer mon rendement éditorial ;-)

Ecrire pour le web : prochaines formations

Suite au commentaire de Yves, je me suis ressaisi ;-)

Voici les dates de mes prochaines formations inter-entreprises :

Ces deux formations sont prévues pour se compléter parfaitement.

Au plaisir de vous y rencontrer.

Prochaine formation : concevoir la structure d'un site web

Ma prochaine formation inter-entreprises aura lieu le mardi 9 octobre à Bruxelles.

Cette formation s'adresse aux personnes désirant concevoir ou réorganiser un site internet ou intranet.

On y apprend à :

  • Identifier et hiérarchiser les objectifs d'un site web
  • Mettre en place des scénarios utilisateurs ou des 'personas'
  • Estimer la valeur d'un contenu
  • Catégoriser efficacement l'information (taxonomie, folksonomie,...)
  • Libeller efficacement les rubriques
  • Optimiser le moteur de recherche par mot clé
  • Modéliser une architecture d'information
  • Adopter une démarche structurée et orientée utilisateur
  • Déjouer les pièges (pressions politiques, influences métiers,...)
  • Prévoir une architecture réaliste à maintenir

Le tout, à travers de multiples prises d'écran commentées, études de cas, exercices, échanges d'expérience.

Détails et inscriptions : Formation "Concevoir la structure d'un site web".

Exemple de splash page désastreuse

Suite à notre débat et après vous avoir fourni un exemple de splash page réussie, voici un autre exemple, complètement à l'opposé : une splash page chaotique, qui concurrence pitoyablement la page d'accueil.

Il s'agit pourtant, ni plus ni moins, de la porte d'entrée du portail de la Communauté française de Belgique (Note pour nos lecteurs non belges : la Communauté Française de Belgique est une institution officielle qui gère toute une série de matières, dont la culture , le sport, la recherche et l'enseignement, couvrant la partie francophone du pays).

Cette page contient une collection impressionnante d'erreurs d'ergonomie. A commencer par des liens très imprévisibles, une intégration douteuse des actualités ainsi que de grossières lacunes en termes d'accessibilité (navigation au départ de boutons images sans texte alternatif).

Sidérant, non, à ce niveau de la compétition ?

Exemple de splash page réussie

Pour continuer le débat, voici un exemple de splash page (non belge, cette fois) à mes yeux réussie.

Elle remplit une double fonction d'aiguillage, linguistique et saisonnier.

Très clairement. Très élégamment.

Au passage, elle fait passer un message : Chers amis skieurs, la montagne, c'est aussi joli l'été (ou vice-versa).

Est-ce handicapant au niveau du référencement ?

Sans doute au départ, mais, au final, si le site est incontournable par son contenu et sa popularité, il finit tout de même par être très correctement référencé. Avoriaz.com apparaît en tête de la requête "avoriaz" sur Google, en concurrence avec des centaines de milliers d'autres résultats.

Faut-il jeter la splash page ?

Après le débat Faut-il jeter l'ancre ?, voici un nouveau débat de spécialistes : Faut-il jeter la splash page ? Vous savez, cette page qui sert d'aiguillage linguistique ou technique à l'entrée de certains sites web. Sorte de page de garde, page d'accueil avant la page d'accueil. Et tout le débat est là, lancé par Muriel Vandermeulen.

Résumé de la problématique : A l'origine, la splash page se limite à une page d'aiguillage et, du point de vue de l'ergonomie, devrait donc rester extrêmement simple, limitée à proposer un choix basique de navigation à l'internaute. Malheureusement, la splash page ainsi conçue apparaît fort peu performante en termes de référencement. D'où le réflexe que certains ont de la charger presque artificiellement en mots clés et liens de toute sorte. Mais la splash page en vient vite alors à trop ressembler à la page d'accueil proprement dite. Confusion des genres et des fonctions.

Un beau débat, en somme, entre ergonomie et référencement. La solution se trouvant généralement au cas par cas. Un site fédéral belge n'aura pas la même approche qu'un site commercial multinational.

Tant que le débat est chaud, donnez-nous donc votre point de vue sur la question !

La méthode du tri de cartes - scène vécue

Je viens de participer à la conception de l'architecture d'un portail pour le compte d'un organisme public bruxellois.

Nous sommes passés par les phases suivantes :

1. Collecte des informations existantes auprès des multiples acteurs concernés (visites des sites web existants et interviews des webmasters).

2. Sondage pour cerner les attentes des utilisateurs.

Tout bon site web ne doit-il pas faire la jonction entre l'offre et la demande ?

3. Compilation des contenus (existants ou envisagés) sous la forme d'un tableau Excel.

4. Qualification de chaque contenu sur base de divers critères : volume, format, durée de vie de l'information, facilité à créer l'information, facilité à la maintenir,...

5. Méthode du tri de cartes ("card sorting")

Le principe est simple :

  • Nous imprimons, en grands caractères, les contenus listés dans notre feuille Excel
  • Nous découpons chaque contenu séparément, sous forme de petites languettes
  • Ensemble, nous regroupons l'information de même nature (en faisant des petits paquets)

Cette méthode ne nous donne pas la solution finale. Mais elle nous aide grandement à voir clair dans les catégories d'information. Le côté physique (jouer avec le contenu comme avec de la pâte à modeler) libère la réflexion. Oui, oui, je vous assure ;-)

6. Maquette ("wireframe") de la page d'accueil

La méthode du tri de cartes nous place dans de meilleures conditions pour concevoir l'interface. A ce stade, il s'agit d'une maquette fonctionnelle (qui donne une idée de la disposition des contenus et fonctionnalités dans la page). La maquette graphique suivra.

Vous désirez en savoir plus sur les méthodes d'architecture d'information ? Vous êtes le(la) bienvenu(e) à ma prochaine formation , le 13 mars à Bruxelles.