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N'ayez pas peur du grand méchant "scroll"

Les utilisateurs d'Internet ont totalement acquis le réflexe d'utiliser l'ascenseur (barre de défilement vertical) pour explorer les pages web. Depuis 8 ans, je diffuse ce message, à travers mes formations "écrire pour le web", sur le site redaction.be ou via ce blog.

Et voilà la chose encore confirmée dans un excellent article d'une agence d'ergonomie basée à Bristol (UK) : The myth of the page fold: evidence from user testing.

Source : CX Partners.

Leur opinion se base sur une expérience de quelque 800 tests utilisateurs.

Le point intéressant de l'article est qu'il identifie quelques paramètres qui, dans certains cas, peuvent malgré tout décourager le scrolling. Il s'agit de :

  • L'utilisation de lignes horizontales, qui brisent la page.
  • La surcharge du premier écran, qui assomme tellement qu'elle décourage toute exploration supplémentaire.
  • L'utilisation de zones de défilement intérieures, qui s'ajoutent à l'ascenseur principal et en compliquent l'utilisation.

Une erreur classique de conception reviendrait à surcharger le premier écran, soit toute la zone "above the fold", sous prétexte de la rendre immédiatement visible. Mieux vaut souvent aérer l'information, quitte à la placer plus bas.

Tout cela étant dit, je pense que la zone directement visible à l'arrivée sur une page (la zone au-dessus du pli) reste primordiale pour mettre les visiteurs en situation. Les titres et les chapôs qui apparaissent dans cette zone demeurent décisifs. Le taux d'attention s'avère tout de même supérieur dans la partie haute de la page.

Mais descendre sous le premier écran ("below the fold"), ce n'est pas descendre en enfer.

Une étude menée par ClickTale, fin 2006, nous apporte des données fort intéressantes sur le comportement de "scrolling". Traduisez : l'utilisation de l'ascenseur vertical dans les pages web.

Les enseignements clés sont :

  • 91% des pages contiennent un ascenseur.
  • 76% des pages avec ascenseur sont partiellement explorées.
  • 22% des pages avec ascenseur sont explorées de bout en bout.

Ces chiffres sont basés sur un échantillon plus que respectable : 120.000 pages vues.

Le graphique qui a le plus attiré mon attention représente le taux d'utilisateurs qui scrollent jusqu'au bout, en fonction de la longueur des pages. Ce graphique démontre que les internautes scrollent totalement indépendamment de la longueur des pages. Une page web de 10.000 pixels (l'équivalent d'une vingtaine d'écrans) aurait autant de chances d'être parcourue qu'une page web de 1.500 pixels (soit trois écrans en moyenne).

Un écran, c'est grand comment ?

Le pli de la page (que les anglophones appellent "the fold") ne se fait pas au même endroit chez tout le monde. Les internautes ne voient pas tous la même chose. Selon la résolution d'écran, le navigateur utilisé et les barres de tâches activées, la quantité de contenu affiché reste variable. Ce graphique montre trois pics, respectivement autour de 430, 600 et 860 pixels. Ils correspondent aux trois résolutions d'écran actuellement les plus populaires : 800×600, 1024×768 et 1280×1024.

Conclusion

Ces données renforcent certaines vérités que nous exprimons depuis 2001 sur redaction.be et à travers nos formations :

  1. Une page web ne doit pas systématiquement tenir dans un écran.
  2. Les informations les plus importantes (sommaire, résumé) doivent se situer en haut de page (parmi les 500 premiers pixels de hauteur).
  3. L'habillage visuel de la page (insertion d'intertitres, de citations, de graphiques,...) est crucial pour inciter les utilisateurs à dérouler la page dans toute sa longueur.

Bien sûr, scroller n'est pas lire. Lire n'est pas comprendre. Et comprendre n'est pas retenir.

Je ferais également la différence entre une page d'accueil (qu'on aime parfois voir tenir en un écran) et une page de contenu profond.

Tous ces points sont discutés en profondeur et à travers des exercices lors de mes formations à la rédaction de pages web.


Note : C'est ce billet de Sébastien Billard qui a éveillé mon attention.