C'est la rentrée... plein de choses à vous dire... on commence par une question que je rencontre de manière récurrente : la comparaison de la balise <H1> avec la balise <TITLE> en termes de mots clés et de positionnement éditorial.
Je n'apprendrai rien à la plupart d'entre vous en rappelant que :
- La balise <TITLE> est une métadonnée qui apparaît tout en haut de l'écran à gauche, dans la barre supérieure du navigateur Firefox ou Internet Explorer. Dans la grosse majorité des cas, c'est le contenu de cette balise que Google affiche comme titre de la page dans les résultats d'une recherche.
- La balise <H1> correspond au titre principal dans le corps de la page. En principe, nous n'utilisons qu'une seule balise <H1>, tandis que la balise <H2> ou <H3>, correspondant aux titres de second et troisième niveaux, peut être utilisée à plusieurs reprises dans une même page HTML.

Les questions suivantes se posent, pour lesquelles je rencontre actuellement des opinions et des stratégies différentes et nuancées au sein des entreprises et des spécialistes en référencement :
1. La balise <TITLE> doit-elle être identique à la balise <H1> ?
2. La redondance est-elle souhaitable ?
3. Quel degré de différenciation peut-on accepter ?
4. Faut-il automatiser la production des balises <TITLE> sur base des balises <H1> ?
5. Le <TITLE> et le <H1> doivent-ils être plutôt informatifs ou plutôt accrocheurs ?
Je vais successivement : donner des éléments de réponse à ces questions, décrire quelques situations rencontrées sur le terrain, et vous demander votre avis.
1. La balise <TITLE> doit-elle être identique à la balise <H1> ?
Techniquement parlant, ce n'est pas une obligation.
Choisir de différencier ces deux balises reste donc un acte éditorial.
Avec des conséquences possibles sur les lecteurs et sur les moteurs de recherche.
2. La redondance est-elle souhaitable ?
La redondance entre les balises <TITLE> et <H1> présente un double avantage.
Tout d'abord, elle est un signe de cohérence. Après avoir cliqué sur la page des résultats du moteur de recherche, l’internaute apprécie d'atterrir sur une page qui correspond bien à sa demande. En assurant la concordance, vous rassurez les attentes du visiteur.
Par ailleurs, cet effet de cohérence et de répétition de mots clés renforcera votre référencement. Si Google n'apprécie pas trop la "sur-optimisation", il accepte totalement, voire espère, un degré minimum de cohérence, et donc de redondance, entre les balises <TITLE> et <H1>.
N'ayez aucune crainte, en tout cas, de produire cette redondance.
3. Quel degré de différenciation peut-on accepter ?
Trois raisons, au moins, peuvent justifier de différencier la balise <TITLE> de la balise <H1>.
Le <TITLE> peut se permettre d'être un peu plus long. Il peut contenir 50 à 70 caractères sans aucun problème, jusqu'à 100 même, avec tout l'intérêt que cela comporte en termes d'insertion de mots clés et expressions clés. Tandis qu'un titre <H1> se doit de rester plus court sous peine de perdre en accroche lecteur. Un titre <H1> sur deux lignes n'est ni élégant ni efficace.
Le <TITLE> apparaît comme un élément extrait dans les résultats très disparates des moteurs de recherche. Il gagnera à apporter des informations de contexte. Raison pour laquelle la plupart des éditeurs de sites web concluent la balise <TITLE> par une signature (le nom de la société, par exemple).
Dans certains cas, il peut être intéressant d'introduire quelques variations synonymiques. Une expression, un mot, un verbe, légèrement différents entre le <TITLE> et le <H1>, afin de coller à la variété des formulations.
4. Faut-il automatiser la production des balises <TITLE> sur base des balises <H1> ?
Comme dans la plupart des situations industrielles, l'automatisation présente des avantages et des inconvénients.
Les avantages de l'automatisation sont la cohérence et le gain de temps et d'énergie.
Les désavantages de l'automatisation sont le manque de souplesse ou d'optimisation sur mesure.
Il est de plus en plus fréquent de rencontrer des systèmes de gestion de contenu web (CMS) qui choisissent d'automatiser la création des balises <TITLE>. Souvent, la balise <H1> est reprise en <TITLE>, complétée par la signature de l'éditeur. Dans certains cas, le titre est situé dans l'architecture du site web. Le <TITLE> s'apparente alors à un sentier de navigation (fil d'Ariane). Je ne suis pas fan de cette dernière solution, souvent trop mécanique, et génératrice de titres trop longs. Le titre accompagné d'une signature reste une solution simple, assez standard, et facile à mettre en place. Je conseille cette solution par défaut, mais en s'octroyant le droit, à certains moments, sur certaines pages hautement prioritaires du point de vue SEO, de modifier la balise manuellement.
Détail important : la signature doit apparaître derrière, et non devant le titre de la page, de manière à donner tout le poids aux mots clés centrés sur le contenu ("topic keywords"), et non sur la marque de fabrique ("brand keywords"), laquelle reste souvent plus facile à référencer.
5. Le <TITLE> et le <H1> doivent-ils être plutôt informatifs ou plutôt accrocheurs ?
La question peut sembler un peu naïve, mais... on dit qu'un bon titre est à la fois informatif (transparent quant au contenu qu'il annonce) et accrocheur (qui éveille l'attention du lecteur). C'est vrai pour les balises <TITLE> et <H1>, mais dans des dosages différents, à mon humble avis.
Le <TITLE> est davantage centré vers les moteurs de recherche, fortement pris en compte dans la mécanique du référencement, et extrait de son contexte. Pour ces raisons, il sera avant tout informatif. Mais la fonction d'accroche n'est pas nulle, car le <TITLE> apparaît dans les résultats des moteurs de recherche et, outre sa dimension révélatrice du sujet, doit donner envie d'être cliqué.
Le titre <H1> apparaît dans le coeur même de la page, souvent mis en contexte par l'environnement graphique et fonctionnel du site web. Il peut, davantage que le <TITLE> se permettre de jouer sur des effets d'accroche, au risque d'être un rien moins transparent et explicite.
Voici quelques exemples de variations entre le <TITLE> et le <H1> :

Source : booking.com
Dans cet exemple, le <TITLE> reprend le <H1> en l'étoffant fortement. Il commence par citer la marque (Booking.com), ce qui n'est pas forcément la meilleur stratégie si l'on veut donner du poids aux mots clés propres à l'hôtel, par exemple. Les tout premiers mots de la balise <TITLE> pèsent davantage sur le référencement. Notez l'affichage dynamique, dans cette balise <TITLE>, du nombre de commentaires clients. Ce qui peut inciter, c'est vrai, à explorer le site. Au final, ce <TITLE> me paraît un peu trop long et brisé dans sa syntaxe.

Source : La Libre
Dans cet exemple, le quotidien La Libre se contente de reprendre le <H1> en <TITLE>, en ajoutant, en tête de balise, la signature du journal. Du point de vue du référencement, nous l'avons déjà dit, mieux vaut placer les mots clés "contenu" en tête d'expression. Avec un bémol cependant : les médias qui bénéficient d'une crédibilité particulière peuvent se distinguer, au sein des résultats d'une recherche, par leur marque de fabrique.

Source : IBGE
Dans cet exemple, l'Institut Bruxellois pour la Gestion de l'Environnement place dans l'ordre, au sein de la balise <TITLE> : la reprise du titre <H1> de la page + la rubrique dans laquelle il se trouve + la signature de l'organisation. Mentionner la rubrique "S'informer", en termes de mots clés et de mise en contexte, n'apporte pas grand chose (strictement rien, en fait). Elle rallonge inutilement le <TITLE> et dilue le poids des véritables mots clés, comme "changement climatique" dans le cas présent. Je préconise de ne reprendre que le titre de l'article et la signature.
Cette question fait débat, ci et là, sur Internet, mais je n'y ai pas trouvé de réponse très tranchée ni structurée :
Et à votre niveau ?
- Quelle est la stratégie de votre entreprise en matière de <TITLE> et <H1> ?
- Avez-vous fait le choix de l'automatisation ?
- Le regrettez-vous ?
Venez discuter de ces questions, et bien d'autres, à ma prochaine formation "écrire pour le web", qui se donnera à Bruxelles les 19 et 20 septembre 2011.