Ryanair soigne l'ergonomie... quand ça l'arrange ;-)

Certains vantent l'ergonomie du site web de Ryanair, comme Gerry Mc Govern, il y a quelques années. Et, c'est vrai, globalement, le site web de la compagnie irlandaise, très fonctionnel, génère une expérience utilisateur positive.

Cependant, je viens de m'arracher la tête à trouver le moyen de décocher l'option "assurance annulation", lors d'une réservation.

Après environ 10 minutes, des retours en arrière, quelques jurons, je suis enfin tombé sur l'option "pas d'assurance voyage", en plein milieu d'une longue liste de pays, sous le libellé "Choisissez votre pays de résidence" !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Ryanair ne facilite pas le "opt-out". Et, à ce niveau de la compétition, je ne crois plus à la maladresse.

Plus loin, après avoir donc décoché les frais d'assurance, une fenêtre surgit, qui n'a plus rien de la discrétion du menu déroulant : le site web me rappelle, en bonne mère inquiète, l'énorme risque que je prends à me priver d'une assurance.

Comme quoi, l'ergonomie, on s'en préoccupe quand ça nous arrange.

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Quel mariage entre la vidéo et le texte ?

La page web est amenée à marier le texte et la vidéo.

Ce mariage est nouveau. Tantôt harmonieux, tantôt bancal.


Ci-dessous, ARTE positionne une vidéo fort bas dans la page (sous la ligne de flottaison, en réalité). Le texte domine.

Source : ARTE


Ci-dessous, la BBC fait l'inverse. La vidéo vient en amont. Le texte apparaît plus bas. Un espace entre les deux provoque une sorte de divorce.

Source : BBC


RTL-TVI a choisi d'intégrer le texte à la vidéo. Un mariage plus étroit, qui implique un descriptif texte concis.

Source : RTL-TVI


TF1, également, opte pour un court descriptif texte, sous la vidéo.

Source : TF1


TV LUX place le texte à droite de la vidéo. Avec le risque que les lecteurs/auditeurs perçoivent ces éléments comme dissociés. Le titre échoue à chapeauter l'ensemble. La présence d'une photo fixe ajoute à la confusion.

Source : TVLux


Le webzine Interstices positionne également le texte à droite de la vidéo. Mais ici, cela fonctionne mieux. Grâce à certains codes graphiques (petite flèche, effet de pli), l'encadré texte est clairement rattaché à la vidéo.

Source : Interstices, site de vulgarisation scientifique.


En conclusion : le mariage texte-vidéo ne fait l'objet d'aucune standardisation pour le moment.

Cette standardisation est-elle souhaitable ?

Pas obligatoirement, mais la situation actuelle présente le risque, à mon avis, de compliquer la grille de lecture. Vidéo et web se concurrencent, à certains endroits, plutôt que de s'épouser.

J'encourage, en tout cas, les télévisions à tester objectivement l'efficacité de différentes variantes d'intégration du texte et de la vidéo.

A cette problématique ergonomique, s'ajoute la problématique sectorielle et juridique. Les télévisions produisent du texte. La presse écrite produit des vidéos. Des activités qui, autrefois, étaient clairement dissociées, en termes d'entreprise, mais aussi en termes de subsides et de cadre juridique. Le mariage de la vidéo et du web se produit sur un terrain miné, en tout cas en Belgique.

Sans oublier la dimension référencement. Car, sur Internet, le texte reste nécessaire à la vidéo, non seulement pour la mettre en scène, mais aussi pour l'indexer.


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NDLR: Notez que, dans ce billet, je me suis permis d'épingler des pratiques éditoriales qui ne sont pas forcément représentatives d'une stratégie globale de la part des médias en question. Les chaînes de télévision varient souvent leurs mises en page. Ce qui ne fait qu'augmenter, d'ailleurs, la variabilité des situations de lecture.

Les menus contextuels fleurissent sur les sites médias

Il est des moments où une actualité spécifique prend une ampleur telle qu'elle mérite d'apparaître en tête de rayon.

Les médias commencent à bien le comprendre et se mettent à intégrer des menus contextuels.

Ci-dessous, Le Monde en ligne place le Japon et la Lybie en avant, en raison d'une actualité évidente.

Source : lemonde.fr


Ci-dessous, le journal Le Soir fait la même chose, mais de manière un peu moins ergonomique. A la différence du Monde, aucun changement de couleur ne permet de distinguer le menu contextuel du menu générique. La proximité des intitulés "crise politique" et "Belgique", par exemple, me semble un peu gênante, étant donné qu'il s'agit de la crise politique belge.

Source : lesoir.be


Notez que la solution du menu contextuel peut intéresser également les sites commerciaux, comme la Fnac, ci-dessous, pendant les fêtes de Noël.

Source : fnac.com


Cette solution exige un minimum de souplesse de la part de votre CMS (outil de gestion du site web).


Si vous repérez d'autres exemples intéressants de menus contextuels, ce serait sympa de nous en faire profiter en commentaires.

Interview sur les tablettes numériques

Je viens de répondre à une petite interview sur les tablettes numériques. Alors je partage avec vous ces quelques réflexions.

1. Comment définiriez-vous la tablette numérique ?

Je la définirais comme un support de lecture plat, électronique, transportable.


2. Considérez-vous cette technologie comme une révolution du monde numérique ou plutôt comme une évolution des moyens d’accès à la documentation ?

A mon sens, on peut parler de « révolution » à partir du moment où un produit, non seulement s’impose dans l’usage, mais remplace les produits précédents. Par exemple, le CD a été une révolution dans le monde de l’audio, car il est parvenu, en un temps limité, à renvoyer les cassettes audio au musée (vous vous souvenez, ces bobines à double enroulage qui emmêlaient parfois leur bande de lecture comme une guirlande froissée).

Pour la tablette numérique, c’est différent. Elle n’est pas prête de remplacer le papier, ni la télévision, ni le PC. Son intérêt est qu'elle se situe à la frontière entre ces médias.


3. Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients de la tablette numérique ?

Les avantages ?

  • Un excellent intermédiaire entre la mobilité du papier et la puissance de l’électronique (un confort de lecture quasi comparable au papier, mais avec tous les avantages de l’électronique : accès à la toile, liens hypertextes, animations, vidéos, interaction,…).
  • Dématérialise l’information : fine tablette capable de transporter des ouvrages volumineux.
  • Accès très rapide à Internet (on ouvre un iPad beaucoup plus vite qu’un PC, pour vérifier une information quelconque).
  • Objet social (souvent utilisé dans le salon) : plusieurs personnes peuvent profiter d’une vidéo sur iPad, par exemple, comme autour d’une petite télévision.
  • Objet à la frontière des médias : papier, télévision, chaîne audio.

Les inconvénients ?

  • Plus efficace en mode lecture qu’en mode clavier / écriture.
  • Pas compatible avec tous les formats (mais ça va évoluer). L’iPad ne lit pas Flash, par exemple, pour le moment.
  • Peut casser.
  • Coûte relativement cher (et peut se voler).
  • Reste moins flexible que le papier (on ne plie pas un iPad dans sa poche).
  • La difficulté de lire à l’extérieur, à la lumière du soleil.
  • La nécessité de recharger l’appareil.


4. L’arrivée soudaine de la tablette numérique pourrait-elle conduire à son autodestruction ?

Je crois qu’il s’agit plus que d’un effet de mode. Par contre, je pense que les tablettes numériques vont évoluer. Par exemple vers des supports plus flexibles ou rétractiles (possibilité de « plier » l’objet).


5. Comment positionneriez-vous le monde de l’édition par rapport à celui du numérique ( au niveau technique, économique et socioculturel) ?

Je pense qu’à l’image des supports, les choses se rejoignent. La frontière est floue, désormais, entre papier, télévision, Internet,… La presse papier fait de la vidéo. La télévision produit de l’écrit. Nous n’avons pas encore trouvé toujours les meilleurs équilibres. Marier le texte et la vidéo n’est pas une chose évidente. Si vous parcourez les sites web des télévisions, vous constaterez que le texte et la vidéo cherchent leur place dans la page, pas toujours de manière évidente.

Je me demande si les tablettes numériques (beaucoup plus « papier », et avec moins de facilité pour « scroller ») ne vont pas nous ramener à des conceptions de contenus qu’on feuillette de la main et qui tiennent dans l'écran.


6. Comment voyez-vous l’avenir de cette technologie ?

Comme je disais plus haut : évolution vers des supports plus flexibles ou rétractiles (possibilité de « plier » l’objet). Meilleure compatibilité (Flash,…). Meilleure luminosité (même en extérieur). Davantage multimédia : caméra et micros intégrés.


Votre opinion m'intéresse. N'hésitez pas à faire débat en commentaires.

Google sort les bulldozers

Catégories : Web culture

NDLR: Ce message était un poisson d'avril ;-)

Il y a quelques jours, je vous parlais de l'intention de Google de s'attaquer aux fermes de contenus. Mais ce changement d'algorithme annoncé ne constituait que le premier pas d'une stratégie beaucoup plus ambitieuse visant à éliminer de la toile tous les sites pauvres en contenu.

Je reviens à l'instant du SEO Campus d'Ottawa, où Matt Cutts a présenté le plan mis en place par Google pour effectuer, je cite: "A Giant Step Forward in terms of Web Content Relevance".

Les principaux axes de cette guérilla sont :

  • Les sites web qui contiennent des pages "under construction"
  • Les sites web avec un excès de liens "cliquez ici"
  • Les sites web qui offrent une version anglaise en Français, ou vice-versa
  • Les sites web qui ne contiennent aucune date ni autre repère chronologique
  • Les sites web avec plus de 2 fautes de syntaxe ou d'orthographe pour 1000 caractères
  • Les sites web changeant d'avis d'une ligne à l'autre
  • Les sites web qui ne citent pas leurs sources
  • Les sites web qui parlent de sexe mais vendent des chaussures

Pour mener ce combat, Google a engagé des humains, qui viendront affiner l'intelligence logicielle. 1200 Content Quality Officers seront désignés dans 72 pays, afin de veiller à la qualité des contenus. "Nous travaillerons de manière totalement indépendante", a précisé le porte-parole.

Téléchargez ici la présentation de Matt Cutts (ça va déménager !)