Le générateur de mots clés, dictionnaire du rédacteur web

Dans l'ancien temps, le meilleur compagnon du rédacteur, c'était lui :

Pour élargir la réflexion, éviter la répétition et trouver le mot juste, on prenait un second compagnon (le dictionnaire des synonymes) :

Mais ces deux outils réunis ne nous indiquaient toujours pas le niveau d'usage, de notoriété et d'intérêt du public pour les mots, les thèmes, les expressions. Mis à part un ou deux exemples d'utilisation et quelques indications générales qui nous permettaient d'identifier les termes d'argot ou de spécialistes, les mots étaient définis sans que soit quantifié leur usage.

Aujourd'hui, sur Internet, nous avons des outils incroyables à notre disposition. Il est possible de connaître les tendances des recherches, grâce à Google Trends, autour duquel j'avais rédigé un billet dernièrement : "Ecrire pour le web, une question dépassée ?".

Mais Google Trends n'a d'intérêt que sur des mots clés à fort volume de recherche. Pour explorer la "longue traîne" des mots clés, c'est à dire les expressions les plus fines et les plus variées, le générateur de mots clés de Google est un bien meilleur outil, à mon avis.

Le générateur de mots clés porte mal son nom : certes, il fournit des idées de mots clés et d'expressions connexes, tel un dictionnaire des synonymes moderne... mais il indique surtout le trafic mensuel sur ces mots clés.

Il vous suffit de taper n'importe quelle expression et vous obtenez cette indication ultra stratégique : le nombre de recherches mensuelles effectuées sur cette expression. Avec, en plus, une indication du niveau de concurrence sur ces mots clés (dans l'optique d'un référencement payant) ainsi qu'un aperçu grossier de l'évolution des recherches (mais là, mieux vaut retourner vers Google Trends).

Deux exemples concrets...

La Commission européenne envisageait la création d'un site web destiné aux petites entreprises (qui représentent 80% de l'économie). Ce site devait héberger de l'information à propos de la législation et des outils relatifs à la création et à la gestion de petites et moyennes entreprises. Le terme "small business" était envisagé par notre client. Mais un détour vers le générateur de mots clés permet de constater immédiatement que "SME" (ou "PME" en Français) est une expression 7 ou 8 fois plus recherchée! Et -Quelle chance!- elle est moins concurrencée (certes, l'institution publique ne va pas opter pour le référencement payant, mais ces statistiques d'usage sont tout de même le signe de la volonté d'autres acteurs d'exploiter tels ou tels mots clés, et donc l'indice d'une probable concurrence éditoriale).

Dans un tel cas, pas d'hésitation, nous avons intérêt à positionner le site prioritairement sur l'expression plus populaire et moins concurrencée. Bien sûr, les choses ne sont pas toujours aussi simples.

Parfois, on peut observer un potentiel de trafic significativement différent entre un pluriel et un singulier. Ci-dessous, le terme "grant", au singulier, est légèrement plus recherché que "grants", au pluriel. Et il est nettement moins concurrencé.

Naturellement, il faut aussi évaluer les différences de connotation entre telle ou telle expression, qui sont rarement strictement équivalentes. Le potentiel de trafic n'est qu'un éclairage parmi d'autres de la force d'un mot.

Le potentiel de trafic n'est qu'un éclairage parmi d'autres de la force d'un mot.

Notez que le générateur de mots clés propose des filtres par langue et par pays, qui permettent d'affiner encore les analyses. Point important dans le cas de la Commission européenne, mais aussi de certaines multinationales que j'ai la chance de compter parmi mes clients.

Franchement, si vous êtes rédacteur, gardez le générateur de mots clés à portée de la main. Un incontournable.

Hé hop, une bonne louche de mots clés !

Si ça, c'est pas du bourrage de mots clés ;-)

Source : www.advancedkravmagasystems.com


A lire aussi : Les métadonnées mots clés peinent à se faire oublier.

Sony néglige son référencement

A croire que certaines grandes marques s'endorment sur leur notoriété et leur artillerie marketing classique.

Pourtant, la réalité d'Internet (et de la nouvelle économie qui l'accompagne) est telle qu'un petit acteur peut parfois parvenir à se propulser sur la scène, devant les grands.

Les PME devraient d'ailleurs prendre davantage conscience de cette opportunité.

Cherchez "video technology" sur Google... la société Sony n'apparaît pas dans les 100 premiers résultats... autant dire qu'elle est invisible, sur un mot clé qu'elle définit elle-même, dans ses propres pages, comme au coeur de son activité.

Une petite visite du site Sony devrait vite vous convaincre de la pauvreté des balises TITLE, par exemple, qui restent tout de même le B à Ba du référencement.


Ci-dessous, la balise TITLE de la page "About Sony" sur le site corporate Sony Europe.

La marque s'y retrouve isolée. Elle n'est associée à aucun mot clé sectoriel, aucun mot clé produit, aucun mot clé valeur.

Source : www.sony-europe.com

Ci-dessous, la balise TITLE affectée à la rubrique "casques"...

Source : www.sony.be/lang/fr/hub/headphones

Un peu court évidemment. Ne serait-ce qu'en raison des effets de polysémie : il existe des casques de moto, des casques de spéléo, etc.

On pourrait proposer, au minimum : "Casques audio, écouteurs, mini casques"... et sans doute plus, suite à une analyse de rayon plus fine.


Quant aux appareils photo, ils font l'objet d'une balise TITLE déjà plus consistante... sauf que le terme "photo" n'apparaît même pas... manquement de taille.

Source : www.sony.be/lang/fr/hub/appareils-photo-numeriques-cyber-shot


Oh, vous savez, Sony n'est pas la seule société notable à snober son référencement naturel... Faites un détour par Philips, et vous verrez...

Source : www.philips.be

"Home - Royal Philips"... On a déjà connu des balises TITLE plus denses, n'est-ce pas ?... Peut mieux faire, non ?

Mais non, je n'ai pas de semblables, nondedju !

Catégories : Humeur - Web culture

Twitter propose de suivre des personnes "semblables" à vous...

Mon coup de gueule est juste théâtral, car ces rapprochements de profils ne sont pas sans intérêt ni pertinence ;-)

Je me pose la question pour mes clients, à l'échelle des millions qu'ils investissent dans la communication, mais aussi pour moi-même qui suis amené en permanence à répartir mon temps entre mes publications, mes formations et mes missions en clientèle.

Il me faut veiller à plusieurs équilibres :

Tout d'abord, maintenir un ratio raisonnable entre mes actions de visibilité éditoriale et mon travail quotidien rémunéré.

Lorsqu'elle gonfle trop, mon activité éditoriale rogne sur ma productivité. Personne ne me paie pour écrire ce billet, par exemple.

Mais me laisser absorbé à 100% par mon travail quotidien est tout aussi risqué : je perds le lien avec mon public client potentiel, je perds contact avec ce qui se dit sur le Web, je me fais oublier.

En ce qui me concerne, le ratio idéal tourne autour de 20% d'activité éditoriale. Pour une entreprise de grande taille et dans des domaines industriels, la proportion investie dans la communication est souvent beaucoup plus faible. Qu'en est-il dans votre secteur ?

En période d'activité intense, mon effort éditorial personnel peut descendre à 10% de mon temps. Faire moins, c'est disparaître.

En période de vacances, même si j'aime le sable, l'eau et le vin, je peux en profiter pour donner l'impulsion sur un produit éditorial plus consistant : un livre blanc, par exemple.

Communiquer coûte cher. Ne pas communiquer, coûte cher aussi, à terme.

Ci-dessous, une palette de formats éditoriaux : le livre imprimé, les dossiers et posters sur mon site web, les billets de mon blog et le micro-blogging sur Twitter, à coup de 140 caractères maximum.

Chaque format, comme vous le voyez, comporte ses limites et ses avantages. Je cherche le meilleur équilibre entre les communications quotidiennes, qui maintiennent un contact en flux tendu avec le public, et les produits plus consistants, qui sont les seuls à démarquer réellement votre expertise.

A lire aussi :

monguidesante.com témoigne joliment de son interactivité

Dans le monde réel, c'est bien connu : le monde attire le monde.

A tel point qu'il m'arrive de prendre en pitié une terrasse injustement vide, face à une autre, qui déborde de clients.

Sur Internet, média virtuel, il est tout aussi important, voire plus, de témoigner de l'affluence.

L'affluence donne confiance.

Si d'autres l'ont fait, pourquoi pas moi ?

Si d'autres s'arrêtent, c'est que ça vaut la peine.

J'aime la façon dont le site monguidesante.com témoigne du mouvement qu'il génère.

Bien sûr, de nombreux sites affichent déjà un compteur, du genre "6 visiteurs en ce moment".

Mais, ici, le rendu est plus visuel et plus qualitatif.

Les derniers produits achetés, consultés ou évalués apparaissent en flux tendu, à un rythme qui témoigne du succès du site (c'est une condition, sans laquelle l'effet peut s'avérer très contre-productif).

Ces témoignages de confiance me paraissent particulièrement cruciaux dans le cas présent, puisque nous avons affaire à un domaine potentiellement très délicat (et très légiféré) : la santé.


Plus bas dans la page, une jauge de trafic apparaît.

L'effet visuel est sympathique, mais la signification me semble ici bien trop floue.

A partir de combien de visiteurs le témoin passe-t-il au rouge ?

Peu utile, à mon sens, en comparaison et en surplus de l'autre module.


Vous connaissez d'autres sites qui témoignent joliment de leur interactivité ?

Navigation linguistique très... flamande

Le site web skitalia.be de la société Solmar présente une navigation linguistique pour le moins étonnante :

  • Un drapeau français conduit à la version en Français
  • Un drapeau belge conduit à la version en Flamand

Dans le contexte que l'on connaît (*), avouez que cela a de quoi surprendre.

Si le choix est fait du drapeau français pour identifier la langue francophone, le drapeau des Pays-Bas devrait représenter la langue néerlandophone ; le drapeau belge, quant à lui, ne pouvant être réduit à aucune langue, puisque notre pays en compte trois (l'Allemand étant la troisième langue officielle).

Dans un premier temps, j'ai naïvement attribué ce raccourci à une simple méconnaissance de notre improbable pays, pensant me trouver sur un site italien.

Mais un coup d'oeil plus attentif m'amène à réaliser que Solmar est une société belge, implantée à Maasmechelen, en territoire flamand.

Il semblerait qu'on ait affaire ici à un système de navigation très politique ;-)

Personnellement, cela me fait simplement sourire (je ne suis pas un francophone "militant", j'aime le contact avec la culture flamande). C'est plutôt avec une casquette d'observateur du Web que j'interviens ici, en soulignant la manière dont un point de vue politique peut affecter l'architecture de contenu.

De manière générale, en matière de versions linguistiques, je conseille d'indiquer la langue en clair : "Français", "Nederlands" (ou "Vlaams", si ça peut faire plaisir), "English". Ou bien des abréviations, comme à la Commission européenne, rôdée au mélange culturel : EN, FR, NL, DE,...


Autre observation, tant qu'on y est, sur le site Skitalia : la quantité de texte en page d'accueil me semble beaucoup trop imposante. Je la diminuerais drastiquement. Peu de visiteurs lisent les préambules de cette taille.


Enfin, pour terminer sur une note positive, je trouve le slogan efficace : "Le spécialiste de la neige italienne". Court, concret, mémorisable.


(*) Pour nos amis éloignés : nous connaissons actuellement une crise politique majeure, en Belgique, causée par les divergences entre francophones et flamands du pays. Des questions qui nous auraient paru surréalistes il y a peu, telles que le rattachement à la France, en viennent à être fréquemment évoquées.

P.S. Veuillez éviter, je vous prie, les commentaires politiques polémiques en commentaire de ce billet. Ce qui nous intéresse, ici, c'est la gestion des sites web.

Google Traduction : nouvelle interface, en miroir

J'aime les petites améliorations qui font un grand bien. Et Google Traduction vient d'en produire une.

Auparavant, la traduction apparaissait au bas du texte original. Ce qui nous obligeait à effectuer des aller-retours permanents, dès que le texte à traduire était un peu consistant.

Prise d'écran : Google Traduction - ancienne interface


Dorénavant, la traduction apparaît en parallèle : à gauche, le texte original, à droite, la traduction, générée en temps réel. Joli !

Prise d'écran : Google Traduction - nouvelle interface


Par contre, les traducteurs humains ne seront pas au chômage de si tôt : regardez donc comment l'outil me traduit une "disposition en miroir" ;-)

Autre fonctionnalité intéressante : la possibilité d'écouter la traduction dans la langue cible.

A ce propos, si vous avez 30 secondes à perdre, faites donc cet exercice très comique, mais totalement puéril j'en conviens, d'écrire n'importe quoi et de vous faire lire votre charabia par la machine ;-)