La pieuvre informatique, et autres lectures
Publié par Jean-Marc Hardy le 26 août 2009
L’été rime avec les lectures, en ce qui me concerne. Entre quelques romans doux ou sauvages, je rattrape mon retard dans mes lectures professionnelles.
J’ai été ainsi happé par La pieuvre informatique de Dominique Annet. « Se révèle-t-elle être ce terrible Kraken des légendes scandinaves médiévales, ou s’apparente-t-elle à un animal amical qui joue avec les surfeurs ? », annonce l’auteur dans un style coloré qui appartient à elle seule.
L’ouvrage conjugue les enjeux de l’informatique au passé, au présent et au futur. Il ne s’agit pas d’un « How to », mais bien d’une réflexion sur l’emprise de l’informatique sur la vie des individus, des entreprises, des Etats. Vaste vision. Jolie prise de recul. L’informatique et Internet n’y sont pas confondus mais étroitement associés. Facebook et George Orwell, Google et Le meilleur des mondes se rencontrent dans ce livre, qui ne dédaigne pas un détour par la littérature de fiction, parfois plus visionnaire que les prédictions d’experts.
A mes yeux, le message fort de l’ouvrage reste de rappeler que « l’informatique et ses réseaux doivent rester des esclaves dociles et discrets, efficients et tranquilles ». A l’heure où les responsables IT contrôlent encore souvent l’essentiel de la stratégie web d’une entreprise, laissant parfois dans l’ombre ou dans le flou les enjeux sous-jacents de communication, de gestion et de marketing, Dominique Annet nous rappelle que l’informatique reste un simple outil qu’il nous appartient d’asservir à nos besoins fonctionnels de collaboration, d’automatisme, de production et de communication.
Un peu plus tôt, cet été, j’ai lu avec intérêt Ecrire et manager sa communication web, dont je vous avais déjà annoncé la sortie. Le titre m’interpellait, tant j’attends (ou projette, selon ma proactivité du moment) un livre qui dépasserait les techniques d’écriture web pour s’intéresser, de manière plus large, à la gestion de contenu. L’idée d’un ouvrage collectif (c’est le cas ici) m’apparaissait également intéressante. Marina Aubert continue de rassembler les énergies de professionnels qui, autrement, travailleraient de manière trop dispersée. Cet ouvrage est un kaléidoscope. Il en a les qualités, mais aussi quelques faiblesses. Car la franchise m’oblige à avouer que je reste un peu sur ma faim. Bien que chaque co-auteur, pris individuellement, soit compétent et passionné en son domaine, j’échoue à trouver un réel liant à l’ouvrage, une structure digne de ce nom. Au-delà de morceaux choisis très intéressants (communication e-mail, outils collaboratifs,...), le patchwork m’apparaît un peu hétéroclite et, par endroit, déséquilibré dans le ton et dans la taille (à l’image de ce long développement de la « méthode des mondes », au beau milieu du bouquin, conduisant à de fréquents aller-retour vers les annexes). Donc, je dirais : bravo pour l’initiative rassemblant le savoir-faire de confrères aux spécialités très complémentaires, mais l’effort de synthèse peut, à mon avis, être poussé plus loin. Sans doute suis-je (trop ?) perfectionniste dans un domaine que j’étudie et pratique depuis longtemps.
Le prochain livre sur ma liste sera sans aucun doute « Bien rédiger pour le web et améliorer son référencement naturel », écrit par Isabelle Canivet et préfacé par Sébastien Billard. L’avez-vous lu déjà ? Qu’en pensez-vous ?

