11 caractères pour se faire entendre
Publié par Jean-Marc Hardy le 03 juin 2009 | Ecrire pour le web - Etudes - Expérience utilisateur | #315 | rss
S'il y a bien une chose frappante et récurrente dans le comportement de lecture sur le Web, c'est cette tendance à ne pas lire l'entièreté des énoncés, mais seulement leur amorce.
L'année dernière, j'avais participé à un test "eye tracking" (enregistrement du parcours de l'oeil) qui portait sur la page d'accueil d'un gros intranet. Le résultat était éloquent : les participants au test, qui étaient placés dans une situation de recherche d'information, ne portaient leur regard que sur les tout premiers mots des gros titres dans la page.
Ci-dessous, nous avions éclairé les zones de l'écran vues par les participants (au nombre de 5 ou 6) lors des dix premières secondes.
![]()
Le message est clair : les premiers mots des titres attirent prioritairement l'attention.
Il y a quelques semaines, Jakob Nielsen a publié un article sur le sujet : "First 2 Words: A Signal for the Scanning Eye".
Sur base des nombreux tests qu'il a déjà menés, le spécialiste américain estime à plus ou moins 11 caractères le seuil pivot au-delà duquel les utilisateurs décrochent, lorsqu'ils sont en phase de découverte et d'exploration du contenu ("scanning"). Ce qui correspond globalement aux deux premiers mots, voire un seul mot lorsqu'il est long.
Cette observation est valable pour des situations éditoriales multiples, telles que :
- Les titres
- Les listes de liens
- Les sommaires
Se basant sur le seuil approximatif de 11 caractères, Jakob Nielsen s'est amusé à présenter des liens tronqués à un certain nombre d'utilisateurs. Seuls les 11 premiers caractères apparaissaient. Les participants devaient essayer de deviner la nature du contenu sur base du début du lien uniquement, comme cela se produit vraisemblablement dans la réalité d'une lecture en ligne.
En fonction de la manière dont les liens sont rédigés, l'impact est évidemment très différent. Certains liens atteignaient un taux de prédictibilité de 85%, tandis que d'autres s'avéraient complètement opaques.
Il est conseillé de commencer un titre par les mots les plus concrets et les plus évocateurs du sujet...
J'aurais pu titrer ce billet "A propos de l'impact des premiers mots d'un titre", mais je me serais dilué.
En titrant "11 caractères pour se faire entendre", je rentre plus vite dans le vif du sujet.

Commentaires
1. Le 03 juin 2009 à 21:03, par Christophe
2. Le 04 juin 2009 à 00:10, par Gromit
3. Le 04 juin 2009 à 09:45, par Martin
4. Le 04 juin 2009 à 14:40, par Blaise
5. Le 04 juin 2009 à 21:36, par Marina Aubert
6. Le 05 juin 2009 à 10:41, par MagicYoyo
7. Le 10 juin 2009 à 21:05, par jmh
8. Le 19 juin 2009 à 08:10, par analas
9. Le 22 juin 2009 à 21:50, par jmh
Ajouter un commentaire