CV en ligne : un exemple que j'applaudis

Catégories : Web design - Bonnes pratiques

J'ai découvert récemment (merci Katsoura) une collection de 30 systèmes de navigation attractifs.

Une tendance marquante et positive, selon moi, est que les interfaces se simplifient. Les portails, les puzzles à cent pièces, tendent à disparaître, au profit de mise en page plus contrastées, qui mettent beaucoup plus rapidement en avant les contenus clés.

Parmi ces 30 exemples, il y en a un qui a particulièrement attiré mon attention. C'est le CV de Sarah Longnecker, passionnée de production vidéo.

Source : http://sarahlongnecker.com.

Ce CV en ligne présente plusieurs qualités rares :

  • Un copywriting tranchant, simple et puissant
  • Une typographie esthétique, efficace, contrastée, aérée
  • Des appels à l'action bien choisis ("Check out my portfolio", "Contact me", "Download resume")
  • Une architecture de navigation épurée au maximum ("work", "blog", "about", "contact"... quoique ces deux dernières rubriques pourraient encore être fusionnées)

Pour dire les choses autrement, il n'est pas si fréquent de voir une telle bonne alchimie entre l'écriture, la structure, le graphisme et le fonctionnel. Cette demoiselle montre l'exemple dans un domaine où je peinais à identifier de bonnes pratiques.

La vidéo, pour animer les choix de navigation

Que pensez-vous de cette idée d'animer des boutons à l'aide d'éléments vidéos ?

Un exemple est accessible sur le site web de la société ACERTA, qui offre des services en création et gestion d'entreprise.

Source : www.prioritealhumain.be.

Outre leur mouvement, le fait que les personnages débordent du cadre strict du bouton attire évidemment l'attention.

Percutant ou perturbant ?

Futile gadget ou intéressante recette ?

Mon avis personnel : la formule se défend bien pour un choix simple (trois ou quatre options) et proéminent (choix de navigation centraux), comme c'est le cas ici. Les barres de menu permanentes (en haut ou à gauche) doivent rester sobres, je pense, pour ne pas perturber le contenu proprement dit. Le mouvement doit rester modéré, afin d'éviter une cacophonie nerveuse dans la page.

D'autres exemples dans la gamme ?

Je vous ai déjà parlé de la BBC, notamment pour sa capacité d'innovation.

Un récent article de Jakob Nielsen positionne la chaîne de télévision britannique comme un très bon élève en regard des guidelines d'écriture pour le web, en particulier en ce qui concerne la rédaction des titres.

La BBC demeure maîtresse dans l'art de créer des titres consistants (descriptifs du contenu qu'ils annoncent, même hors contexte) en l'espace de cinq mots en moyenne :

  • Italy buries first quake victims
  • Romania blamed over Moldova riots
  • Ten arrested in UK anti-terrorism raids
  • Villagers hurt in West Bank clash
  • Mass Thai protest over leadership
  • Iran accuses journalist of spying

En ce qui me concerne, j'apprécie la capacité de la BBC à rassembler, sur certaines pages clés, des informations de background et des informations d'actualité. Par exemple, la page dédiée à l'Irak, en tant que pays, fournit autant des informations statiques (géographie, démographie, balises historiques,...) que des informations dynamiques (dernières actualités et dernières vidéos à propos de ce qui se passe dans le pays). Cette capacité d'allier le chaud et le froid, en termes d'information reste, selon moi, un atout propre au média Internet. Elle est sous-exploitée par la plupart des sites médias actuels.

Notez que la BBC n'est pas non plus irréprochable dans ses pratiques éditoriales en ligne. J'avais, par exemple, déjà épinglé quelques faiblesses de mise en page.

Il est un point sur lequel nous menons fréquemment une discussion, lors de mes formations "écrire pour le web". Cela concerne l'usage des paragraphes.

Prenez quasiment n'importe quel article au hasard, au sein de la section News de la BBC, et vous constaterez que les paragraphes sont très courts, composés, dans la grosse majorité des cas, d'une seule phrase.

En termes de lisibilité, cette stratégie est positive, tant il est vrai que les gros pavés de texte découragent la lecture à l'écran. Les paragraphes de taille réduite créent une aération qui invite davantage à la lecture.

Cependant, la BBC, à force de découper son texte en unités syntaxiques minimales, en arrive à oublier la notion même de paragraphe. La fonction d'un paragraphe reste d'opérer un regroupement des idées. Ce qui permet de faire mieux apparaître la structure des points traités dans un article. Par exemple, les trois derniers paragraphes de texte, dans la prise d'écran ci-dessus, concernent le développement de la même idée, à propos des deux mêmes banques. Tandis que la suite de l'article enchaîne sur d'autres idées. La séparation physique de ces informations qui sont liées quant au fond risque de couper la fluidité du raisonnement. Avec cette approche, on gagne en lisibilité, mais on perd en structure.

Qu'est-ce que vous en pensez ?