Dans son dernier billet, Jakob Nielsen tord le cou à un cliché que j'ai moi-même souvent véhiculé : la nécessité d'éviter la voix passive lorsqu'on rédige un texte que l'on veut rendre lisible.

Dans un texte ordinaire, c'est vrai, la voix passive est déconseillée. Elle complique la lecture.

Plutôt que d'écrire : Nicolas a été quitté par Cécilia (*)
(six mots et une préposition)

Vous écrirez : Cécilia a quitté Nicolas
Plus court. Plus fluide. (quatre mots et une structure directe)

Ceci, c'est pour la lisibilité en mode lecture mot à mot.

Mais, sur le Web, deux autres critères viennent s'ajouter : la nécessité de pouvoir balayer la page en lecture rapide, ainsi que la volonté d'être référencé. Or, aussi bien les moteurs de recherche qui indexent vos pages que les êtres humains qui les balayent du regard ont une nette tendance à privilégier les premiers mots des titres et des paragraphes. Tous les tests de suivi du regard le prouvent.

La voix passive, à cet égard, possède un avantage : elle permet de propulser en tête de phrase des mots clés qui ne constituent pas forcément le sujet de la phrase.

Dans le titre "La voix passive : réhabilitée par Jakob Nielsen", j'utilise une tournure renversée de manière à positionner l'expression "voix passive" en tête de phrase. Ce qui me permet d'insister davantage sur la thématique que sur l'auteur.

Et dans un agrégateur, ça compte aussi :



(*) Je sais, je suis mauvaise langue... mais, fondamentalement, je trouve qu'on devrait le laisser tranquille avec sa vie privée cet homme-là.