Lorsque les managers s'invitent autour du blog

Catégories : Blogs - Réflexions

Récemment, j'ai écrit un billet à propos de deux sites web concurrents dans le domaine immobilier.

Et j'ai eu l'honneur d'avoir, en commentaire de ce billet, les interventions, consistantes et courtoises, de trois managers :

  1. Le Marketing Manager d'Immoweb (premier site concerné)
  2. Le Marketing Manager de Ximmo (deuxième site concerné)
  3. L'e-Business Manager du Vlan (également diffuseur d'annonces immobilières)

Qu'est-ce qu'on peut en retenir ?

1. Les blogs sont un espace d'influence.

Il n'est pas faux d'affirmer que certains blogs deviennent le théâtre de discussions stratégiques, pouvant avoir un impact commercial ou sur l'image des entreprises. Les blogueurs influents sont d'ailleurs régulièrement sollicités, au même titre que l'étaient les journalistes dans l'espace média classique.

2. Les commentaires d'un blog peuvent avoir autant d'intérêt, parfois plus, que les billets proprement dits.

Ce n'est pas uniquement mon billet, mais un brillant commentaire de François, qui a généré le débat et la discussion.

Le mérite de ce commentaire était d'aller au-delà des questions de "design", pour envisager les aspects "business" sous-jacents aux projets web concernés. Dans mes analyses, j'ai pris le parti de me spécialiser sur les aspects "qualité du média", mais sachez que je reste très sensible à la dimension "entreprise" que cachent les projets web : ressources humaines, plans financiers, organisation logistique, choix technologiques, partenariats, etc.

La réussite d'un projet internet dépend autant du "front end" que du "back office".

Ecrire pour le web : prochaines formations

Suite au commentaire de Yves, je me suis ressaisi ;-)

Voici les dates de mes prochaines formations inter-entreprises :

Ces deux formations sont prévues pour se compléter parfaitement.

Au plaisir de vous y rencontrer.

La voix passive : réhabilitée par Jakob Nielsen

Catégories : Ecrire pour le web

Dans son dernier billet, Jakob Nielsen tord le cou à un cliché que j'ai moi-même souvent véhiculé : la nécessité d'éviter la voix passive lorsqu'on rédige un texte que l'on veut rendre lisible.

Dans un texte ordinaire, c'est vrai, la voix passive est déconseillée. Elle complique la lecture.

Plutôt que d'écrire : Nicolas a été quitté par Cécilia (*)
(six mots et une préposition)

Vous écrirez : Cécilia a quitté Nicolas
Plus court. Plus fluide. (quatre mots et une structure directe)

Ceci, c'est pour la lisibilité en mode lecture mot à mot.

Mais, sur le Web, deux autres critères viennent s'ajouter : la nécessité de pouvoir balayer la page en lecture rapide, ainsi que la volonté d'être référencé. Or, aussi bien les moteurs de recherche qui indexent vos pages que les êtres humains qui les balayent du regard ont une nette tendance à privilégier les premiers mots des titres et des paragraphes. Tous les tests de suivi du regard le prouvent.

La voix passive, à cet égard, possède un avantage : elle permet de propulser en tête de phrase des mots clés qui ne constituent pas forcément le sujet de la phrase.

Dans le titre "La voix passive : réhabilitée par Jakob Nielsen", j'utilise une tournure renversée de manière à positionner l'expression "voix passive" en tête de phrase. Ce qui me permet d'insister davantage sur la thématique que sur l'auteur.

Et dans un agrégateur, ça compte aussi :



(*) Je sais, je suis mauvaise langue... mais, fondamentalement, je trouve qu'on devrait le laisser tranquille avec sa vie privée cet homme-là.

L'univers des marques

En primeur pour les lecteurs de ce blog, mon dernier dossier : l'univers des marques.

Le concept d'univers de la marque ne s'est jamais autant matérialisé que sur le Web d’aujourd’hui. A présent, les grandes marques vous attirent dans un paysage virtuel interactif, imprégné de leurs produits et de l'atmosphère qu'elles désirent dégager. Découvrez quelques exemples, réussis ou inaboutis.

Toutes vos réactions sont bienvenues.

Communications de crise : Thalys peut mieux faire

Comme vous le savez, des grèves perturbent actuellement le réseau ferroviaire. Je viens d'annuler un billet Bruxelles - Paris, afin d'éviter les désagréments.

Chose positive : la société Thalys rembourse intégralement le billet ou vous permet de le postposer à une autre date.

En revanche, l'information relative aux perturbations du jour me semble particulièrement noyée sur la page d'accueil de Thalys.

Jetez donc un coup d'oeil sur la prise d'écran ci-dessous. 98% de l'espace est occupé par des communications ordinaires : description de la gamme de services, réservation en ligne, actualités culturelles, promotions. Si vous désirez en savoir plus sur les perturbations du jour, il vous faudra agripper, au bon moment, le texte défilant en-dessous de la barre de menu. Sept ou huit actualités défilent ainsi dans un espace réduit qui vous permet difficilement de lire une phrase en entier. Ce texte défilant n'est pas cliquable. Pour accéder aux informations concernant les perturbations, il vous faut saisir le lien "Info trafic", en orange souligné, en haut à gauche. Certes, ce lien est mis en évidence par un petit panneau "Attention", mais sa position décentrée et la place réduite qu'il occupe dans la page nous semblent très insuffisantes par rapport à l'importance que revêt cette information un jour de grève. Je soupçonne un véritable pic de fréquentation du site web dans de telles circonstances.

Pourquoi ne pas basculer vers une page d'accueil "bis" en cas de communication de crise ?

J'encourage les sociétés à prévoir un espace bien visible, dédié aux communications exceptionnelles.

Et vous, webmasters, est-ce que vous vous êtes déjà sentis coincés par une maquette rigide alors que vous aviez quelque chose d'important à communiquer ?

Ayez toujours une carte à portée... du bouton droit

Catégories : Outils - Innovations

Une nouvelle extension du navigateur Firefox vous offre un service de localisation géographique contextuelle.

Lorsque vous naviguez sur un site web, il vous suffit désormais de sélectionner n'importe quelle adresse ou lieu dit et de cliquer sur le bouton droit de votre souris pour voir localiser l'endroit sur une carte géographique.

La carte s'affiche soit dans la marge gauche de l'écran (comme dans l'illustration ci-dessus), soit dans un onglet distinct.

Si l'extension vous intéresse, ça se passe ici : https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/5203.

J'interviendrai au World Usability Day

Catégories : Ergonomie - Evénements

Rendez-vous, le jeudi 8 novembre prochain, à Louvain-la-Neuve, entre 19h00 et 23h00, pour le World Usability Day.

Convié par mes amis d'Emakina (une agence web bruxelloise bien dans la place), j'interviendrai parmi deux conférenciers du monde académique et un autre conférencier du monde de l'entreprise.

Le thème de ma présentation sera : "La place de l'écriture dans l'ergonomie d'un site web".

Je tâcherai de démontrer en quoi les principes d'ergonomie (cf. Scapin et Bastien) s'appliquent parfaitement bien au domaine rédactionnel. J'insisterai sur l'importance de l'ergonomie éditoriale, aux côtés de l'ergonomie fonctionnelle.

Au plaisir de vous croiser.

Un agenda bien nourri

Catégories : Clients

En perspective pour les semaines qui viennent :

  • La rédaction de guidelines ergonomiques et éditoriales pour La Poste
  • Un audit de la section Assistance de SFR (télécom français), en collaboration avec Joël
  • Une nouvelle maquette de page d'accueil pour l'ETUC (Confédération européenne des syndicats)
  • Des ateliers "Ecrire pour le Web", "Ecrire un e-mail" et "Ecrire une newsletter" pour Technobel (Région wallonne)
  • Une formation "Ecrire pour l'intranet" au Conseil Général du Finistère
  • Une formation "Ecrire pour le web" à la Mutualité chrétienne
  • Des projets en discussion avec la RTBF (radio télévision belge francophone) et Electrabel (marché de l'énergie)
  • Des projets confidentiels en agence (collaboration aux appels d'offre et site web d'agence)

Allez, je vous laisse... au boulot !

Ximmo défie Immoweb

Catégories : Innovations - Sites B2C

Pas facile de s'attaquer à un secteur déjà occupé par d'autres.

C'est pourtant le défi auquel Ximmo.be s'est attelé. Le site tente de relever la barre du secteur de l'immobilier en ligne, actuellement dominé par Immoweb.

Ce sont des affiches, présentes dans le métro bruxellois, qui ont attiré mon attention. Et oui, la promotion off-line reste indispensable dans ces cas-là où les internautes ont déjà acquis certaines habitudes.

Alors, quoi de neuf, Docteur ?

Ximmo innove surtout par la recherche cartographique, qui vient compléter ou remplacer l'encodage multicritères. Incontestablement un plus dans ce domaine.

L'interaction avec la carte est intuitive (à la sauce Google Map). Une vue "satellite" est disponible et, surtout, la possibilité d'afficher toute une série de points de repère (écoles, gares, commerces,...) qui importent lorsqu'on évalue l'intérêt d'un bien immobilier.

Il vous est possible de rechercher les offres disponibles dans un rayon géographique donné, au départ d'une adresse de votre choix. Vous pouvez, par exemple, être alerté, chaque fois qu'une maison est à vendre à moins de 3 kilomètres de chez votre belle-mère (la fonction inverse n'est pas prévue ;-).

Une description audio est disponible pour la plupart des annonces. A nouveau, la fonctionnalité n'est pas un gadget, car il est confortable de se faire lire la description du bien tout en consultant les photos (alors qu'avec Immoweb, nous sommes obligés de séquencer ces actions).

Google Fight (un outil qui vous permet de comparer la notoriété de sociétés, personnes ou concepts concurrents sur le Web) continue d'indiquer une très nette domination d'Immoweb.

Mais le géant n'a pas intérêt à s'endormir, sous peine d'être tué dans son sommeil.

Au fait, amis Français et Québécois, quelles sont vos références dans ce domaine ?

Entrez dans l'univers des marques !

Le concept d'univers de la marque ne s'est jamais autant matérialisé que sur le Web de ces derniers mois.

Aujourd'hui, les grandes marques vous attirent dans un paysage virtuel interactif, imprégné de leurs produits et de l'atmosphère qu'elles désirent dégager.

Le site web international des brasseries Stella Artois est un univers à lui tout seul. Voyage dans le temps, interactif, insolite, énigmatique, débridé, métaphorique et ludique. L'environnement visuel est de toute grande qualité. A la frontière de l'illustration et de la vidéo.

Certains jeux invitent les internautes à mettre leurs amis au défi... le perdant est censé payer une Stella au gagnant ;-)

Source : Stella Artois.

Les publicitaires sont conscients depuis des décennies qu'il n'est pas anodin d'associer une marque à un climat. La mémoire associative inconsciente est redoutable en matière commerciale.

De son côté, Ikea aussi mêle subtilement vidéo, 3D et interactivité en Flash pour mettre en valeur ses cuisines.

Source : Cuisines IKEA.

L'air de rien, certains messages passent : Le fait que la gamme IKEA convienne à tous les styles de vie. Le fait que la marque couvre aussi bien le gros mobilier que les accessoires. Le côté "sur mesure" aussi. Et tous ces messages pénètrent sans effort, tandis qu'un discours marketing explicite ferait probablement fuir les visiteurs au quart de tour.

Vous connaissez d'autres univers réussis ? ... Faites-nous en profiter en commentaire !

Merci à Fred pour ces exemples.

Une séance eye-tracking qui confirme les grandes théories

J'ai assisté récemment à une séance de test de suivi du regard (eye-tracking) portant sur l'intranet d'une grande entreprise.

Pour des raisons de confidentialité, je ne peux vous dévoiler ni les prises d'écran ni les détails de ce test. Mais je tenais à exprimer avec quelle clarté les observations que nous avons pu faire confirment les grandes théories comportementales du Web :

1. Le "banner blindness" (traduisez : aveuglement face aux bannières) est une réalité. Les utilisateurs ignorent très largement le bandeau supérieur, sauf si ce dernier contient une fonctionnalité comme un moteur de recherche par mot clé.

2. La prédominance des gros titres. C'est eux qui récoltent prioritairement l'attention. Et de loin.

3. L'importance des premiers mots. Les utilisateurs ne lisent pas tout. Ils se contentent d'agripper les premiers mots.

4. Le fonctionnement de l'oeil par bonds rapides, parfois imprévisibles, avec des durées de fixation variables.

5. La prédominance du texte par rapport aux photographies. Du moins dans le contexte d'une recherche d'information (ce qui correspondait à notre scénario).

La plupart de nos observations auraient pu être réalisées avec un simple test utilisateur (observation et verbalisation), mais l'oculométrie nous offre un confort et un rendu très appréciables.

Pour en savoir plus sur le sujet, lisez cet article de redaction.be.

Paroles, paroles, paroles

Catégories : Ecrire pour le web

Dans son dernier billet, Jakob Nielsen s'interroge sur le "bla bla" introductif d'une page web : Faut-il le préserver ? Le supprimer ? Le réduire ? ... Et c'est cette dernière solution qui est préconisée.

Parler pour ne rien dire est plus facile qu'on ne le pense. J'en ai déjà fait la démonstration à gauche et à droite sur ce blog.

Ce qui est intéressant, dans la réflexion de Jakob Nielsen, c'est qu'il ne tombe pas sous la tentation de bannir entièrement les introductions. Plaquer des liens et des documents à la figure des visiteurs n'est pas le meilleur service que l'on puisse leur rendre. Publier une page web sans intro, cela revient à servir la viande crue, sans assiette ni couverts.

Une brève introduction permet d'éclaircir le contexte. Surtout lorsqu'elle répond à ces deux questions :

1. QUOI ? Quel contenu va-t-on trouver sur cette page web ?

2. POURQUOI ? En quoi ce contenu est-il utile ? A quoi peut-il servir ?

Paroles, paroles, paroles. "Bienvenue sur la nouvelle version de notre site web. Nous vous souhaitons une bonne découverte virtuelle de notre entreprise et une bonne utilisation des nombreux outils mis à votre disposition grâce à ce moyen de communication." Encore des mots. Toujours des mots. Des mots que l'on sème au vent. Ce n'est pas le bla bla, mais le contenu vrai qui permet de séduire vos visiteurs. En fait, Dalida avait tout compris.

Catégories : Ecrire pour le web - A lire

A ceux qui ne lui sont pas familiers, je voulais faire profiter de quelques extraits d'un billet récent du très incisif Gerry Mc Govern.

The Web is the ultimate laboratory for content. It allows us to know, with increasing precision, what content leads to a positive action, and what content leads to the Back button.

Traduction : Le Web est un excellent laboratoire pour le contenu. Il vous permet de savoir, avec une précision sans cesse croissante, quel contenu mène à une action positive et quel contenu mène au bouton "retour à la page précédente".

Your website is not a murder mystery.

Traduction : Votre site web n'est pas le lieu d'investigation d'un crime.
(Sous-entendu, n'y mettez pas trop de mystère, sous peine de vite lasser vos visiteurs)

Get to the point. Then stop.

Traduction : Allez à l'essentiel. Ensuite, arrêtez-vous.

Vous avez mieux comme traduction ? ... Je suis preneur !