Le blog est-il une perte d'énergie éditoriale ?

Catégories : Réflexions - Humeur - Blogs

Parfois, je me pose sincèrement la question.

Après avoir investi 10 ans dans les articles de fond, sans remplacer ces derniers, je me suis mis au blog. Et c'est vrai que j'accroche. Un média plein de spontanéité. Une liberté de style plus grande. Des interactions rafraîchissantes. J'y prends un certain plaisir.

Cependant, il m'arrive d'être pris par le doute.

Cela vaut-il la peine de consacrer ces heures à me livrer à une réflexion publique ?
Ne suis-je pas en train de me disperser ?
Mon approche, plutôt didactique et modérée, est-elle appropriée au blog ?
Le style polémique et les opinions incisives ne génèrent-ils pas davantage le débat ? Sans doute.
Au-delà de quelques fidèles que je salue bien bas, ai-je vraiment un public ?
Car écrire aux étoiles ou me regarder dans le miroir, ça ne me motive pas beaucoup.
Ou alors, je choisirais plutôt la poésie que l'écriture web.

Quand je fais le calcul : si j'additionne les heures passées depuis six mois à écrire un billet par ci, un billet par là, j'arrive à un quota consistant. Je me dis que si j'avais investi tout ce temps pour mon éditeur, j'en serais probablement à ma troisième parution en librairie. Et là, l'impact sur ma vie professionnelle ne ferait aucun doute.

Bon, ce n'est peut-être qu'un petit coup de blues à passer. Mais je ne pense pas. Je suis passionné par de nombreux aspects de la vie et le temps reste la chose la plus précieuse à mes yeux. Sur ce plan, j'aime me remettre en question.

Décision prise : je continue jusqu'en mai. J'aurai alors atteint un an au compteur. Ce sera l'occasion de dresser un bilan. Sans prétention ni défaitisme. Et avec tout le respect que je vous dois, chers lecteurs.

Chers lecteurs ?!? Ohé, chers lecteeeeeeurs ?!? Il y a quelqu'un ?!? Un, deux, un, deux... Is there anybody out there ?

  • Si vous désirez que je continue à bloguer, tapez 1.
  • Si vous désirez que je m'arrête, tapez 2.
  • Si vous n'avez pas d'opinion, tapez #.

Mon logiciel orthographique : inefficace contre les poux

Catégories : Ecrire pour le web - Outils

Crédibilité oblige, une vérification orthographique automatique de vos textes (via la fonction "orthographe" de MS Word, par exemple) constitue une précaution minimale... malheureusement pas toujours suffisante.

Dans un rapport que je rédigeais en grande hâte hier soir, ma frappe précipitée a laissé filer un "r" à la préposition "pour".

Le pou, ayant une existence par ailleurs, a évidemment échappé à mon logiciel orthographique.

Une seconde relecture, humaine cette fois, m'a permis de venir à bout de la bête ;-)

L'Europe se rapproche du citoyen

Pas facile de communiquer au citoyen la valeur ajoutée d'une institution aussi complexe que l'Union européenne. Longtemps habituée à un style de communication plutôt administratif, l'Europe change.

Voici trois bonnes pratiques, que j'ai identifiées au travers d'actions de communication récentes :

1. Limiter les messages et multiplier les canaux

Le dossier L'Europe et vous en 2006 traduit bien cette volonté de communiquer moins mais mieux. Loin des multiples rapports d'évaluation, livres blancs et autres compilations repoussantes, ce petit dossier met directement l'accent sur 10 points concrets. Un effort de sélectivité éditoriale que je pense être salutaire.

En prime, une très bonne synergie entre différents médias : le papier, la vidéo et le web qui agissent de concert, insistant sur les mêmes messages clés.

Le web jouant un rôle d'aiguilleur vers les différents médias. Comme sur cette prise d'écran, où texte et vidéo sont étroitement intégrés.



2. Assumer le multilinguisme

Autre grand défi pour l'Europe : répondre à la demande d'information et de dialogue dans toutes les langues nationales, soit 23 langues désormais.

Les services de traduction internes à la Commission européenne ne sont plus capables d'assumer. Faire traduire par Bruxelles les milliers de pages changeantes du site web Europa semble un objectif irréaliste.

La solution ? La décentralisation.

C'est ce que tente avec succès le Portail européen de la jeunesse, disponible dans toutes les langues nationales. Les traductions sont ici effectuées par des correspondants locaux, en charge de programmes.

3. Adapter les messages aux publics locaux

La traduction mot à mot apparaît insuffisante. Pour toucher les citoyens, il faut être proche d'eux et adapter les messages au contexte local.

La nouvelle page d'accueil de la Commission tente d'apporter cet éclairage local.

Comparez donc, le même jour, la version française :

avec la version anglaise :

ou la version néerlandaise :

Selon la version linguistique choisie, les sujets traités varient. Suivant la latitude, on parlera d'un évènement à Bordeaux, à Dublin ou à Wageningen.

Certaines mauvaises langues rétorqueront que ces efforts de communication ne constituent qu'une belle couche de vernis. Certes, le chantier reste vaste. Mais sachons reconnaître les efforts fournis. Non ?

tourismebelgique.com : un nom de domaine usurpateur

Catégories : Cybermarketing - Sites B2C

Un nom de domaine explicite contient une promesse.

Le site web tourismebelgique.com, par exemple, laisse à penser qu'on y trouve des informations touristiques sur la Belgique. Or, il s'avère très vite que ce site ne parle que de la moitié nord du pays : la Flandre et Bruxelles. Toute la Wallonie est complètement évacuée. Les Fagnes et Ardennes aux oubliettes.

Pas un seul lien n'aiguille vers la partie francophone du pays. Voyez ce que donne une recherche sur le terme "Wallonie" :

La métonymie est une figure de style qui consiste à prendre la partie pour le tout. Elle est utilisée ici à des fins politiques.

Au fait, vous connaissez d'autres sites web qui pèchent par métonymie ?

Grandeur nationale

Catégories : A lire - Humeur - Sites B2C

Je viens de boucler mon petit "benchmark" du mois, qui porte sur les sites web des stations de ski.

Une chose qui m'a fait beaucoup rire, c'est le plan des pistes de la station d'Ovifat :

Précision pour nos amis français ou suisses : Ovifat est notre station de ski nationale (belge). Elle culmine à 600 mètres et nous offre un vertigineux dénivellé (de 100 mètres environ). Les habitants du "plat pays" s'y défoulent, quelques jours par an, lorsque la neige le veut bien.

A titre de comparaison, voici un morceau du plan du domaine de Tignes et Val d'Isère :

Ceci dit, entre nous, je l'aime bien notre petit pays ;-)

Des graphiques comme dans les contes de fée

Catégories : Outils

Marre des bullet points ? ...Alors, vous allez aimer.

Je me suis enthousiasmé, ce matin, pour une initiative géniale dont j'ai pu prendre connaissance via Brainsfeed. Il s'agit du tableau périodique des méthodes de présentation visuelle ("A Periodic Table of Visualization Methods"). Un document interactif qui rassemble plusieurs dizaines de types de graphiques différents. Certains, très classiques et sérieux, genre graphique camembert ou graphique à bâtons. D'autres, beaucoup plus surprenants.

Trois représentations visuelles m'ont séduites par leur originalité...

Dans ce premier graphique, l'approche visuelle est construite sur la narration d'un récit. Les ingrédients du schéma sont ceux d'un conte de fée : le personnage central, ses ennemis, ses alliés, sa mission et la morale de l'histoire.

Ci-dessous, un second graphique, intitulé le "pont de la négociation". Une manière efficace d'illustrer les étapes à franchir pour atteindre une situation de consensus. Je verrais bien représentée ainsi la problématique de l'accession des nouveaux états membres dans l'Union européenne, par exemple.

Enfin, une approche graphique très manichéenne : l'enfer et le paradis. Avec les nuances intermédiaires. Je n'accroche pas trop au design. J'aurais fait encore plus "trash" pour les flammes de l'enfer. Mais j'aime bien l'idée.

Je verrais bien cette dernière approche en mode 2.0 : chaque utilisateur pourrait positionner librement ses commentaires sur l'échelle du bien et du mal.

Vous connaissez d'autres types de représentations graphiques originales ?

Communication importante !

Catégories : Ecrire pour le web - Humeur

Je tenais à vous dire que... Eu égard à la conjoncture actuelle, il ne faut pas négliger de prendre activement en considération, dans un laps de temps raisonnable, la globalité des problématiques opérationnelles envisageables.

... Voilà, j'avais envie de passer ce coup de gueule.

Et pour générer d'autres vérités qui font mal, ça se passe ici.

Une étude menée par ClickTale, fin 2006, nous apporte des données fort intéressantes sur le comportement de "scrolling". Traduisez : l'utilisation de l'ascenseur vertical dans les pages web.

Les enseignements clés sont :

  • 91% des pages contiennent un ascenseur.
  • 76% des pages avec ascenseur sont partiellement explorées.
  • 22% des pages avec ascenseur sont explorées de bout en bout.

Ces chiffres sont basés sur un échantillon plus que respectable : 120.000 pages vues.

Le graphique qui a le plus attiré mon attention représente le taux d'utilisateurs qui scrollent jusqu'au bout, en fonction de la longueur des pages. Ce graphique démontre que les internautes scrollent totalement indépendamment de la longueur des pages. Une page web de 10.000 pixels (l'équivalent d'une vingtaine d'écrans) aurait autant de chances d'être parcourue qu'une page web de 1.500 pixels (soit trois écrans en moyenne).

Un écran, c'est grand comment ?

Le pli de la page (que les anglophones appellent "the fold") ne se fait pas au même endroit chez tout le monde. Les internautes ne voient pas tous la même chose. Selon la résolution d'écran, le navigateur utilisé et les barres de tâches activées, la quantité de contenu affiché reste variable. Ce graphique montre trois pics, respectivement autour de 430, 600 et 860 pixels. Ils correspondent aux trois résolutions d'écran actuellement les plus populaires : 800×600, 1024×768 et 1280×1024.

Conclusion

Ces données renforcent certaines vérités que nous exprimons depuis 2001 sur redaction.be et à travers nos formations :

  1. Une page web ne doit pas systématiquement tenir dans un écran.
  2. Les informations les plus importantes (sommaire, résumé) doivent se situer en haut de page (parmi les 500 premiers pixels de hauteur).
  3. L'habillage visuel de la page (insertion d'intertitres, de citations, de graphiques,...) est crucial pour inciter les utilisateurs à dérouler la page dans toute sa longueur.

Bien sûr, scroller n'est pas lire. Lire n'est pas comprendre. Et comprendre n'est pas retenir.

Je ferais également la différence entre une page d'accueil (qu'on aime parfois voir tenir en un écran) et une page de contenu profond.

Tous ces points sont discutés en profondeur et à travers des exercices lors de mes formations à la rédaction de pages web.


Note : C'est ce billet de Sébastien Billard qui a éveillé mon attention.

Des hyperliens chirurgicaux grâce à CiteBite

Coup de coeur pour une invention géniale qui devrait enrichir notre écriture web !

CiteBite est un nouveau service qui vous propose de générer des liens profonds. C'est-à-dire des liens qui dirigent l'utilisateur vers un endroit précis de n'importe quelle page web.

Tout bon webmaster connaissait déjà la possibilité de placer des "ancres" dans les pages web de son site, permettant de renvoyer vers des parties précises d'un document. Les ancres permettent notamment de réaliser des sommaires interactifs au sein d'une même page web, comme celle-ci. Mais aucun d'entre nous, jusqu'à présent, n'était capable de placer des ancres dans d'autres sites web que ceux dont nous avions la maîtrise. Ce qui condamnait tout hyperlien à pointer vers le début d'une page, sans autre précision.

Or, c'est précisément ce que CiteBite vous permet de faire avec une facilité déconcertante. Indiquez l'URL de la page vers laquelle vous désirez faire un lien profond. Encodez la partie du texte à laquelle vous faites précisément référence. Appuyez sur le bouton magique et CiteBite vous génère un lien profond qu'il ne vous reste plus qu'à insérer dans votre code.

Démonstration ?

Voici un lien profond vers un passage de redaction.be qui traite de la rhétorique d'arrivée des hyperliens. Concept qui a fort à faire avec la fonctionnalité dont nous parlons ici.

De tels liens profonds peuvent s'avérer très efficaces en termes de citation. Par exemple : "Dans un combat que je sais difficile, je lui souhaite bonne chance", dixit Lionel Jospin en parlant de Ségolène Royal.

Avec Mozilla Firefox, le résultat est optimal : Non seulement vous êtes dirigés droit vers l'endroit que nous avons balisé. Mais, en plus, le texte de référence apparaît surligné en jaune.

Internet Explorer échoue malheureusement à guider l'utilisateur vers l'endroit précis. En revanche, lorsqu'on balaye la page, le texte ressort grâce au surlignement. Ce qui est déjà une aide en soi.

Précisons enfin que CiteBite propose des extensions qui facilitent encore la création de liens profonds, possibles via un simple clic droit de souris.

Note : c'est ce billet de Presse Citron qui a éveillé mon attention.

5 choses que vous ne savez probablement pas à mon sujet

Catégories : Humeur

Eric Delcroix (les z'ed) m'a refilé le virus. Comme je suis courtois et qu'il m'a invité à la table-ronde blog en nord sur l'écriture web le 9 février prochain à Lille, me voilà contraint de vous dévoiler quelques secrets très très personnels..

1. Je pratique l'Ultimate Frisbee. Un sport tout simplement génial qui comprend plusieurs facettes atypiques : pas d'arbitre (système d'auto-arbitrage qui fonctionne à merveille), des équipes mixtes (mais devant aligner le même nombre d'hommes et le même nombre de femmes), un frisbee que l'on lance de multiples façons et qui se montre capricieux face au vent, sept joueurs sur gazon ou cinq joueurs sur sable. Voici le site officiel de la fédération. Chaque année, je me déplace dans toute l'Europe, de l'Italie à l'Ecosse en passant par la Suisse et la Tchéquie, pour participer à des rencontres internationales très sportives (oui, oui, rien à voir avec les papys qui jouent sur la plage) et très conviviales (la fête accompagne le sport). Je fais aussi dans le plus classique : football, tennis, ski.

2. Je suis un fan de voyages à vélo. J'ai parcouru le Maroc, le Guatemala, Cuba ainsi que pratiquement toute l'Europe à deux roues. Pas de réservation. Un vélo et une carte du lieu. Point à la ligne. Ensuite, c'est l'aventure. A mes yeux, pas de bonheur plus grand que de dévaler une montagne à la tombée de la nuit, ne sachant pas dans quel village je vais atterrir ni quels visages étonnés je vais pouvoir croiser. L'effort, puis la récompense de découvrir des vallées, des gens, des odeurs, des saveurs.

3. J'ai deux mains gauches. Monter un meuble IKEA est un défi dont je ressors rarement indemne. Planter un clou, une grande victoire. Moi qui rêve de construire moi-même ma propre maison en matériaux alternatifs... ce serait une vraie thérapie.

4. Je ne suis pas accroc à l'ordinateur. Bizarre me direz-vous d'en avoir fait mon métier. En fait, j'aime la vie réelle, celle faite de chair et d'os. J'aime l'oxygène. J'aime les gens. En réalité, je pense que ce qui m'intéresse derrière Internet, c'est le mystère de l'interface homme-machine. C'est comprendre l'humain derrière la machine.

5. J'ai besoin de huit à neuf heures de sommeil pour me sentir en pleine forme. Malheureusement, ces jours-ci, j'en dors à peine les deux tiers en raison d'une surcharge de travail en ce début d'année. Par contre, je suis adepte de la petite sieste de 10 minutes en pleine journée, qui retape. Je me mets à boire du café aussi, alors que je n'y avais pas touché pendant trente ans.

Et le virus se propagera vers la Belgique tout entière...

  1. Damien Van Achter, qui anime Blogging The News, très axé médias belges
  2. Olivier De Doncker, un observateur du marché des nouvelles technologies
  3. Sandy Lemoine, l'initiateur de Kezako, une boutique 2.0 qui cartonne.
  4. Gaetano Palermo, avec qui j'ai des projets éditoriaux
  5. Muriel Vandermeulen, une passionnée d'écriture web qui habite à deux pas de chez moi mais que je n'ai jamais rencontrée (je la rencontre vendredi)

A part "Palermo" et "Lemoine" qu'on croiserait bien à Palerme et Poitiers, ces noms sonnent bien belges... je vous avais prévenu ;-)

Redaction.be est un dossier en ligne que j'ai réalisé initialement en 2001 sur le thème de l'écriture web et, de manière plus générale, des techniques éditoriales propres au web.

A l'époque, ce site web thématique avait été accueilli très favorablement, notamment dans la presse et dans les milieux universitaires. Au Québec, en France et en Belgique. Des dizaines de milliers de visiteurs l'ont parcouru.

Depuis 2003, j'anime également une newsletter sur Redaction.be, qui m'a permis d'introduire des articles plus récents. Au rythme de quatre ou cinq fois par an, ces articles sont compilés ici.

Cependant, la base de ce que j'avais écrit en 2001 reste disponible. Notamment les "Fiches pratiques", situées dans la colonne de droite de la page d'accueil.

Ce sont précisément ces fiches pratiques que je me suis mis à relire dernièrement.
Avec un constat cinglant : Redaction.be a vieilli.
Mieux vaut que ce soit moi qui le dise avant que d'autres ne s'y attèlent !

Aussi, je me suis juré d'apporter un coup de rafraichissement à mon site thématique.

Et, en primeur, je vous livre le premier article ayant fait l'objet d'une complète refonte : Ecrire pour être référencé.

Les paramètres qui influencent le référencement ont, en effet, beaucoup évolué en cinq ans. Les métadonnées notamment, auxquelles nous attachions beaucoup d'importance, ont perdu une grande part de leur pouvoir, tandis que d'autres paramètres ont vu le jour.

Quoi qu'il en soit, la bonne nouvelle est que le contenu joue un rôle central dans l'indexation par les moteurs de recherche.

Au cours de l'année 2007, je m'attaquerai à d'autres rubriques qui ont pris la poussière.

2007

Catégories : Web culture - Humeur

Je souhaite une bonne année à tous les lecteurs de ce blog.

Que nous réserve le Web pour 2007 ?

Pour ma part, je souhaite qu'Internet tende résolument vers :

  • un lieu de respect
  • un lieu de crédibilité
  • un lieu de liberté
  • un lieu de contre-poids
  • un lieu de créativité

Bonne année à tous.