Web et managers

Catégories : A lire - Web culture

Je profite de l'été pour consommer quelques ouvrages, espérant faire diminuer la haute pile de bouquins non lus sur mon bureau. Des bouquins achetés convulsivement, reçus bien gentiment ou dont on m'a dit grand bien.

Ce matin, je viens de terminer "Web et dirigeants", écrit par Dominique Annet.

Dominique est une exploratrice. Elle prospecte les mondes au croisement des entreprises et des nouvelles technologies. Elle est attachée à l'Université de Namur et fondatrice d'une maison d'édition.

J'ai eu le plaisir de rencontrer Dominique à mes formations. Et l'honneur, ensuite, d'être cité à plusieurs reprises dans l'ouvrage.

Le défi n'est plus technique. Désormais, le grand défi du web, c'est son management.

Ces premiers mots donnent le ton. Dominique Annet entend sortir les managers de l'ignorance, si facilement masquée par l'excuse de la technicité. Non, le Web n'est pas une question technique. Il sous-tend des technologies, certes, qui le font fonctionner. Mais il sous-tend surtout des enjeux. Des enjeux d'entreprise. D'une importance déjà bien réelle, toujours grandissante et aux horizons insoupçonnés. Tâche aux managers de (re)prendre les rennes de leur toile. Question d'opportunité. Question de survie.

Après avoir brassé un tableau des technologies de la toile, l'auteur aborde la question des métiers et de la gestion du projet web (c'est cette deuxième partie qui m'a le plus intéressé, la première étant plus introductive). Entendez "projet web" au sens large. Pas uniquement le site web, mais toute la gamme des outils à disposition permettant la communication, la gestion de l'information, la collaboration, la formation, l'analyse, le commerce.

Internet touche tous les niveaux de l'entreprise et tous les métiers. Dominique Annet les épluche un à un : le commercial, les ressources humaines, la production, la logistique, le financier et le juridique, l'informatique, la R&D, la communication et... le management.

Ce livre contient une réflexion consistante et un tableau complet. Les managers ont besoin de ce tableau complet. J'aimerais voir sortir une seconde version de ce livre, enrichie d'exemples réels en entreprise (il y en a déjà quelques uns, mais je reste demandeur).

Le style de Dominique oscille entre information pratique, philosophie et poésie. C'est ce qui fait tout son charme. C'est ce qui rend parfois aussi la lecture difficile. Il faut prendre le temps d'y plonger.

Dominique Annet apporte au sujet une intelligence très féminine, globale, qui fait confiance à l'intuition, qui s'accorde de la souplesse, qui encourage la reliance. Une approche qui peut faire grandir un monde managérial resté si masculin.

Si je devais retenir une chose de ce livre, c'est l'invention d'un nouveau métier, aux côtés de la direction générale : l'urbaniste, ou manager des patrimoines informationnels et relationnels de l'entreprise.

Combien de projets web ne se crispent-ils pas dans les relations tendues entre départements informatique, communication et marketing ?

Comme le rôle du rédacteur reste petit lorsqu'il ne peut s'appuyer sur une réflexion consistante à l'échelle de l'entreprise. Comme les ambitions de l'entreprise restent petites lorsqu'elles ne se traduisent pas dans un traitement riche de ses contenus.

Visitez la présentation du livre par l'éditeur.

Postulez... avec la bonne police de caractères !

Catégories : Etudes - Ergonomie

Le laboratoire de recherche en ergonomie de l'Université du Wichita n'en est pas à sa première étude concernant l'impact des choix typographiques sur la lisibilité et sur la crédibilité des contenus.

Dernièrement, ce laboratoire a étudié l'impact des choix typographiques sur la perception des candidatures dans le contexte de la recherche d'un emploi.

Si vous désirez augmenter vos chances d'être pris au sérieux, vous choisirez dans l'ordre les polices de caractères suivantes :

  • Corbel
  • Courrier
  • Tempus
  • Bauhaus
  • Playbill
  • Vivaldi

En ce qui me concerne, j'aurais aimé voir des polices plus classiques (Arial, Verdana, Times, Georgia,...) reprises dans la liste.

A quand une étude sur les polices les plus performantes dans une lettre d'amour ?

Personnellement, en la matière, je garde une préférence pour la plume, plus charnelle.

A lire donc (en Anglais) : Does the Typeface of a Resume Impact Our Perception of the Applicant?

NDLR : Billet écrit face à la mer... en duplex de Syros, une île grecque restée grecque.

Des suffixes en veux-tu-en-voilà ?

Catégories : Cybermarketing

C'est le sujet du jour.

L'Icann, autorité de régulation des noms de domaine sur Internet, vient d'annoncer la libéralisation des suffixes dès le premier trimestre 2009.

En clair, la liste des suffixes ne serait plus fermée aux seuls .com, .net, .org et autres .fr et .be.

Des noms de domaines nouveaux pourraient voir le jour, tels que :

  • www.hilton.hotel
  • www.hotel.hilton
  • www.60questions.consultancehautdegamme
  • www.formations.web
  • www.jeanmarc.hardy
  • www.division1.basketball
  • www.jetaime.marie
  • www.moi.nonplus
  • www.mondomaine.amoitoutseul

Etc. La liste est infinie.

Alors, vous et moi, en janvier prochain, on crée nos suffixes sur mesure ?

Pas si vite !

Contrairement à ce que d'aucuns pourraient laisser penser, la création d'une extension ne sera pas à la portée de tous : "Il faudra montrer patte blanche en termes de compétences techniques et de solidité financière", explique Loïc Damilaville, directeur général adjoint de l'Afnic (association chargée de gérer les noms de domaine français).

Pour en savoir plus, lisez Le Monde ou ce bon article sur Blogodomaines.

Pour entrer dans la polémique, lisez l'indomptable Jean-Marie Leray (Adscriptor), sans pitié pour cet article des Echos, il est vrai fort naïf dans la manière dont il relaie l'information.

L'article de Jean-Marie (re)publie un diagramme représentant le flux d'évaluation d'une nouvelle extension. De quoi vous convaincre tout de suite que la création de votre suffixe maison ne sera pas une partie de plaisir ;-)

Une image en surpoids

Au hasard de mes recherches, je suis tombé sur une page dont la photo centrale mettait un temps anormalement long à se charger.

J'ai vérifié : cette photo pèse près de 1,4 Mo. Soit, à elle seule, 15 fois le poids maximal que je recommande pour une page web de ce type.

Source : Mutuelle Prévoyance Santé.

L'erreur est simple : L'éditeur du site a intégré une photographie haute résolution, en donnant pour instruction au navigateur de la redimensionner. En d'autres termes, le poids de cette photographie est démesuré par rapport à sa taille à l'écran.

Concrètement, il est fortement conseillé de retailler les photos et de les compresser AVANT de les intégrer dans les pages web.

How we read online

Catégories : Ecrire pour le web - A lire

Le célèbre magazine Slate affiche aujourd'hui, en première page, un article sur le thème suivant :

How we read online (en Anglais).

Si vous partagez mon intérêt pour l'écriture web et ses fondements, à savoir comment les gens lisent sur le web, vous lirez cet article avec beaucoup de plaisir.

Sur un ton léger et une forme en clin d'oeil, il balaye fort efficacement la matière et, en particulier, les enseignements de Jakob Nielsen. Au passage, il aiguille vers des ressources bien senties.

A boire comme du petit lait par ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare.

Via Denis Balencourt. Merci Denis.

Signer avec un nom de marque, est-ce que c'est du spam ?

Catégories : Cybermarketing - Réflexions

Dans la série des commentaires qui ont éveillé mon attention, il y a celui-ci, au bas d'un billet sur les tests "eye-tracking" :

Le commentaire semble parfaitement pertinent. Il est totalement en phase avec le contenu de mon billet. Cependant, le nom du visiteur ("rencontre") est interpelant par son caractère générique. De fait, il mène vers un site de rencontre.

En ce qui concerne le contenu du commentaire, on ne peut pas parler de spam (NDLR: spam = courrier publicitaire non sollicité), puisque les propos prennent tout leur sens par rapport au sujet du billet.

En revanche, la signature n'est pas de celles qu'on attend. Elle est générique et pointe vers un site de service (certes gratuit, mais affichant de la publicité). Ce qui est une manière plutôt insidieuse d'introduire une marque dans des espaces de discussion plus ou moins fréquentés (plutôt plus que moins pour justifier l'énergie que demande la production d'un commentaire pertinent).

A moins que la personne en question ne s'identifie totalement à son projet. Ce que je peux accepter. Mais, dans ce cas, je proposerais une signature du genre "Webmaster du site X ou Y". L'effet serait plus clair et la suspicion, diminuée.

Peut-être que la personne qui a déposé ce commentaire pourra d'ailleurs elle-même nous guider ?

L'arroseur arrosé

Catégories : Humeur - Ecrire pour le web

Un lecteur attentif de redaction.be m'a interpelé récemment en ces termes, en reprenant certains de mes propos d'antan :

"L'actualisation, c'est le carburant d'un site. Sans elle, difficile de fidéliser les visiteurs. Maintenez donc une bonne fréquence de mise à jour et communiquez la fraîcheur de votre contenu, en affichant les dates d'édition de vos documents. Un excellent moyen de maintenir votre public au courant est aussi la création de listes de diffusion électroniques (mailing lists). D'un secteur à l'autre, le besoin d'actualisation peut varier. Mais, dans bien des cas, considérez qu'un site qui n'a pas bougé depuis deux mois est un site mort !" ... Dommage, sur votre site il y avait tout le reste : pertinence, qualité, richesse.

Je ne peux nier la pertinence de cette aimable critique. Je me suis déjà posé des questions à propos de la nécessité d'actualiser mes anciens dossiers. Je me suis déjà interrogé à propos du blog, comme perte d'énergie éditoriale.

Il est vrai que mon activité d'indépendant tourne à 100 à l'heure. Et mes clients passent avant la publication. J'écris tous les mois un dossier. Il y a aussi le livre : Réussir son site web en 60 fiches.

Sans oser annoncer la moindre date butoir, je vous confie tout de même que je n'ai pas dit mon dernier mot concernant les thèmes de l'écriture web et de la gestion de contenu. Un redaction.be 2010 mijote dans mes tiroirs ;-)

Catégories : Ecrire pour le web - A lire

Depuis 1997, Jakob Nielsen s'interroge sur la manière optimale d'écrire pour le web. Son dernier article compare l'écriture web à l'écriture papier (sans nier les avantages de cette dernière).

Rien de très nouveau pour les experts en la matière. Si ce n'est que les termes que Jakob Nielsen utilise me semble dignes d'intérêt.

Linear vs. non-linear. Author-driven vs. reader-driven. Storytelling vs. ruthless pursuit of actionable content. Anecdotal examples vs. comprehensive data. Sentences vs. fragments.

L'article se nourrit de quelques bons exemples, comme une étude de cas d'un titre extrait de la presse papier (The New York Times). Le titre en question ne conviendrait pas à la publication en ligne pour différentes raisons : prédictibilité, référencement, contexte de lecture.

A lire (en Anglais) : Writing Style for Print vs. Web

Virez la pub de vos sites web !

Catégories : Outils - Web culture

Cela fait un moment que je suis fan des extensions Firefox. En voici une que je trouve amusante : l'extension Ad-Art, qui vous permet, sur les sites web que vous consultez, de remplacer les publicités par des oeuvres picturales. Une superbe idée, développée de manière collaborative.

Téléchargez ici l'extension Ad-Art.

La majorité des internautes sont allergiques à la publicité. Cette extension va donc dans le sens de la demande.

Il semblerait que les extentions Firefox qui combattent la publicité sont celles qui rencontrent le plus de succès. Parmi elles: AdBlock Plus, téléchargée environ 250.000 fois par semaine, pour environ 8.000.000 de téléchargements au total. De quoi faire frissonner les publicitaires ou éditeurs de sites web ayant basé tout ou partie de leur business modèle sur la publicité. Bon, on en est pas encore là tout de même ;-)

Sans avoir pris la peine de creuser plus loin, je me pose tout de même quelques questions techniques : Comment les publicités sont-elles identifiées ? N'y a-t-il pas un risque d'exclure du vrai contenu ? Certains formats publicitaires échappent-ils aux radars ?... Si vous pouvez m'éclairer, je vous en remercie d'avance.

Vive le test utilisateur léger !

Chers clients,
Chers futurs clients (oui, oui, soyons prospectifs ;-),

Ne sous-estimez pas les avantages du test utilisateur.

Et ne surestimez pas son coût.

Les avantages sont nombreux. Le coût, bien moindre que ce que vous imaginez.

Je reviens de chez un client parisien. Entre spécialistes de la communication, nous avions conçu une maquette éditoriale. En une journée, nous l'avons confrontée à l'avis de 5 utilisateurs, aux profils représentatifs de la palette de publics visés. Grand bien nous a fait.

Nous avons appris plein de choses (allant du détail à des aspects plus fondamentaux) :

  • La taille de la maquette à l'écran a soulevé de nombreux commentaires. A tel point que nous avons changé notre fusil d'épaule.
  • Contre toute attente, certains libellés ne sont pas du tout parlants pour les utilisateurs. Nous allons les renommer.
  • Certains contenus, qui exigent un investissement éditorial consistant, ne soulèvent pas pour autant l'enthousiasme des foules. Nous allons peut-être les abandonner.
  • Les utilisateurs font certains rapprochements auxquels nous n'aurions pas songé.
  • Les utilisateurs valident toute une série d'autres aspects. Nous voilà rassurés sur des choix par rapport auxquels nous nous questionnions.
  • Certaines fonctionnalités sont hautement appréciées, mais trop peu visibles... les utilisateurs ne les remarquent que lorsqu'on attire leur attention. Nous allons les recentrer.

Globalement, nous en savons nettement plus sur la façon dont les contenus sont perçus et utilisés.

Coût de l'opération : deux journées de consultance (préparation, animation et analyse). Pour un produit éditorial à haute visibilité et amené à durer, ça vaut la peine, croyez-moi.

Se baser sur les bonnes pratiques théoriques reste très insuffisant. Rien ne vaut une confrontation avec de vrais lecteurs potentiels.

Je plaide pour le test utilisateur léger, c'est-à-dire :

  • Sur un échantillon même réduit d'utilisateurs
  • Sans passer nécessairement par la grosse artillerie
  • Sans se donner les apparences scientifiques, souvent discutables
  • Sans enregistrer nécessairement les moindres attitudes ou mouvements de souris
  • Basé sur quelques notes au vol, structurées dans un questionnaire, souvent suffisantes pour faire émerger les observations les plus évidentes (les autres valent-elles la peine ?)

Un test utilisateur informel vaut son pesant d'or. Pas mieux comme retour sur investissement. Bravo à mon client qui en a accepté l'idée. Ce n'est pas encore dans la culture de toutes les entreprises.