Traducteurs en ligne gratuits : le comparatif 2012

Après avoir évalué les correcteurs orthographiques et grammaticaux, redaction.be compare ce mois-ci les outils gratuits de traduction en ligne. 25 extraits en anglais ont été soumis aux 12 outils testés pour une traduction vers le français, représentant un total d’erreurs potentielles estimé à 267.

Les spécialistes de la traduction, comme Babylon, Reverso ou Systran, en version gratuite, ne parviennent pas vraiment à se dégager de la mêlée. Le seul qui se démarque : Google Traduction.

Classement des traducteurs en ligne gratuits

Consultez les principales conclusions de ce comparatif des traducteurs en ligne. Certains extraits sont croustillants ;-)

Publié dans Ecrire pour le web, Outils | Laisser un commentaire

« Rate this page » : suivez le modèle de Wikipedia

La version anglaise de Wikipedia propose, au bas de chaque page, un module d’évaluation immédiate de la qualité du contenu, que je trouve extrêmement bien pensé.

Il atteint un juste dosage entre la spontanéité et la précision.

Rate-this-page sur Wikipedia

De nombreux sites web (pas forcément « wiki ») gagneraient à intégrer ce type de fonctionnalité pour obtenir un feedback nettement plus qualitatif que les statistiques de trafic de type Google Analytics.

Wikipedia évalue :

  1. La fiabilité
  2. L’objectivité
  3. L’exhaustivité
  4. Le style

Au survol des petites étoiles, une appréciation qualitative est associée à chaque cote.

Par exemple, pour juger du degré d’exhaustivité :

  1. Missing most information (la plupart des informations sont manquantes)
  2. Contains some information (contient seulement quelques informations)
  3. Contains key information, but with gaps (contient l’information clé, mais certains points ne sont pas traités)
  4. Contains most key information (contient la plupart des informations clés)
  5. Comprehensive coverage (couverture exhaustive de l’information)

Les lecteurs peuvent même s’identifier, le cas échéant, comme ayant une expertise dans la matière traitée. Le formulaire est bien pensé et peut servir à générer une base de données de lecteurs qualifiés.

Au jour où je vous parle, cette fonctionnalité n’est pas disponible dans la version française de Wikipedia.

Sur le même sujet :

P.S. Le lecteur attentif et fidèle aura remarqué un changement dans la mise en page de mon blog. Je viens, en effet, de migrer tous mes articles vers la plate-forme WordPress pour profiter de meilleures fonctionnalités.

Publié dans Bonnes pratiques, Innovations | Un commentaire

Concevoir un formulaire en ligne : tout en un poster

Mesdames, Messieurs, j’ai le grand plaisir de vous annoncer un cinquième poster signé 60questions.net.

Découvrez comment mettre en page vos formulaires en ligne, et gérer efficacement les interactions.

Découvrez tous nos posters sur les bonnes pratiques web !

P.S. Je remercie Gaetano Palermo et Sandy Lemoine pour leur participation à la création de ce poster.

Publié dans Bonnes pratiques, Ergonomie | Un commentaire

Donnez à vos titres la force physique qu’ils méritent

Indépendamment de la force de vos mots, pour accrocher l’attention du visiteur, il reste nécessaire de donner aux titres une force de frappe physique qui se traduit par :

  • La taille des caractères, essentiellement
  • La graisse des caractères, accessoirement

Ci-dessous, le site de la Fédération des entreprises de Belgique échoue à attirer l’attention. La page d’accueil ne prévoit aucune variation dans la taille des caractères. Dans le meilleur des cas, les titres sont mis en gras, mais ce relief reste insuffisant. Dans ce brouhaha, les surtitres peu informatifs (« En bref », « En pratique », etc.) ressortent davantage que les titres proprement dits (« Pensions : des ajustements en vue ? » ou « Comment remplir correctement mon bilan social ? ») qui détiennent pourtant un pouvoir d’accroche plus consistant.

Source : www.feb.be

J’ai fait le tour d’une vingtaine de sites de fédérations avant de trouver un exemple à suivre. C’est dire l’ampleur du désastre typographique sur le web actuel. Ci-dessous, le site de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution offre un bon contraste typographique entre le titre, le surtitre et le texte qui amorce l’article. Notez l’utilisation d’une police à empattements dans le titre et une police sans serif pour le corps de texte. Le surtitre et la date, en gris, ressortent sans abus. Le contraste de taille est palpable, sans exagération.

Source : www.fcd.asso.fr

Certains en jouent au maximum de ce contraste entre la taille du titre et le reste de l’article. Vous connaissez peut-être le Huffington Post ?

Source : www.huffingtonpost.com

Le taux de rebond moyen d’un site web (proportion de visiteurs qui ne s’engagent pas dans vos contenus) tourne autour de 50%. La force de vos choix typographiques peut contribuer à le faire baisser. Pour atteindre l’auditoire, prenez d’abord le micro ! Autrement, vos beaux discours n’atteindront pas le troisième rang.

Les choix typographiques sont un vrai « Quick Win » pour un site web. Quelques ajustements de la feuille de style, et tout gagne en puissance ! Quelle surprise de constater l’extrême pauvreté d’Internet à cet égard.

P.S. Ces titres en petits caractères, cela me fait penser aux annonces dans les aéroports, qui grésillent dans un micro lointain et sous-dimensionné… de quoi rater l’avion ;-)

Publié dans Ecrire pour le web, Ergonomie | Laisser un commentaire

Qui doit nourrir l’intranet ?

Vous avez installé Sharepoint TM. Ou même la toute dernière version SuperPro de AutomaticManagement TM. Avec tous les modules de participation et de partage. Ça devrait tourner tout seul.

Et bien non, bien sûr que non, le succès d’un intranet repose sur les gens.

J’ai récemment reformulé le programme de ma formation « écrire pour l’intranet » sur base de l’expérience que j’ai accumulée ces dernières années. Avec cette conviction très forte que, derrière les bonnes pratiques d’écriture, nous inculquons les réflexes qui assurent la vivacité d’un intranet : remontée d’information, esprit opérationnel, sens de l’autre.

Tous les métiers de l’entreprise sont touchés :

  • ressources humaines : de l’incontournable formulaire de demande de congé à l’accompagnement de carrière
  • support informatique : un autre incontournable de l’intranet, de l’inventaire des logiciels au helpdesk
  • responsables logistiques : réserver une salle de réunion, commander des bics,… ça doit rouler !
  • représentants commerciaux : utilisateurs mobiles de l’intranet, bien placés aussi pour remonter le feedback client
  • responsables produits : ils font parfois le même métier à peu de chose près et gagnent à partager leur expérience
  • scientifiques et juristes : nous les aimons quand ils transmettent leur savoir sans imposer la moindre virgule
  • assistants et secrétaires : souvent aux prises avec le site web, ils ont un rôle moteur dans l’intégration du contenu
  • etc.

L’évolution des entreprises, c’est comme l’évolution des espèces. On observe différents stades, et cela ne sert à rien de donner de l’avoine à un poisson. L’expérience m’a convaincu que la formation « écrire pour l’intranet » profite particulièrement aux entreprises suivantes :

  1. Les entreprises qui ont entamé un processus de décentralisation de la production des contenus.
  2. Les entreprises qui viennent d’effectuer la refonte de l’intranet et qui veulent impliquer le personnel dans l’alimentation du nouveau site.
  3. Les entreprises qui veulent encourager la remontée d’information, l’intelligence collective et la collaboration entre les départements.
  4. Les entreprises qui ont mis en place un CMS (plate-forme de gestion collective du contenu) et qui se rendent comptent que la technique ne résout rien en soi : le projet ne décollera que si les employés sont sensibilisés à la participation.

Voici le programme que j’ai dessiné au fil du temps :

  1. Identifier l’information qui mérite d’être partagée (remontée de l’information)
  2. Écrire pour faire gagner du temps aux collègues (supprimer le bruit, le blabla)
  3. Écrire opérationnel (recentrer son message sur les tâches concrètes)
  4. Écrire pour améliorer la trouvabilité (faciliter l’indexation des documents)
  5. Écrire vrai (car rien ne sonne plus faux que la communication interne trop vernie)
  6. Faciliter l’immersion des nouveaux (expliquer le jargon d’entreprise)
  7. Provoquer la participation (intelligence collective, brainstorming, sondage, etc.)
  8. Humaniser avec la photo et la vidéo (en respectant le droit à l’image)

Surtout pas de prérequis : Toutes les personnes susceptibles de partager de l’information au sein de l’entreprise trouveront leur place au sein d’une formation « écrire pour l’intranet ». L’intérêt est précisément de sensibiliser des personnes qui ne sont pas nées dans la communication et dont ce n’est pas la tâche principale.

L’équipe « communication » doit-elle assister à la formation ?

Les chargés de communication interne ou externe sont souvent présents aussi lors de cette formation. L’idéal est d’organiser une formation « pilote » avec l’équipe de communication, suite à laquelle nous affinons le programme, proposé alors au reste des équipes.

Et les chefs ?

Tout dépend de la dynamique. La présence d’un supérieur hiérarchique peut complètement anesthésier certains participants. Dans d’autres cas, elle solidarise et solidifie l’équipe. Lorsque la taille de l’entreprise est importante, il est envisageable de former les cadres dans un groupe séparé. Par exemple, j’ai été amené à animer des sessions regroupant les chefs d’unité de certaines Directions générales à la Commission européenne.

Sur mesure ?

Même si le programme de base que je vous ai présenté plus haut offre une bonne trame à la formation, il reste souvent nécessaire de l’adapter à la situation spécifique de l’entreprise. Concrètement, je tiens compte des aspects suivants :

  1. CMS : Quel outil de gestion de contenu est utilisé ? Quelle est sa marge de manœuvre éditoriale ? Quels sont ses composants ?
  2. Workflow : Comment les responsabilités éditoriales ont-elles été distribuées ? Le flux de production, de validation et d’actualisation de contenu est-il maîtrisé ?
  3. Stratégie de contenu : L’entreprise dispose-t-elle d’une charte éditoriale, d’une ligne éditoriale ou d’un calendrier éditorial ?

Sans frilosité ni naïveté, la formation à l’intranet est l’opportunité, pour les managers qui la saisissent, de requestionner positivement la culture d’entreprise et les mouvements d’information internes, qui impactent considérablement la motivation et les performances du personnel.

Le ton de ce billet était mi-informatif, mi-commercial, je vous l’accorde. C’est une manière pour moi de partager mon expérience de terrain et de donner du sens à mon offre de service, en tant que formateur en entreprise.

Si vous désirez en discuter plus avant, contactez-moi sans hésiter ou faites-nous part de vos commentaires sur votre expérience de l’intranet.

Vous lirez aussi :

Publié dans Clients, Ecrire pour le web, Formations, Sites intranet | Laisser un commentaire

Faut-il utiliser l’impératif ou l’infinitif ?

Lors de mes formations à la rédaction web, cette question m’est fréquemment posée. Et je lis dans les yeux des participants l’espoir d’une réponse tranchée qui leur enlèverait l’épine du doute. Mais mon regard à moi ne les rassure pas. Car l’usage de l’impératif relève de la finesse du contexte : Qui suis-je ? À qui je parle ? Quelle force ou quelle douceur ai-je envie de donner à mon invitation ? Quel caractère facultatif ? Quelle autorité ?

Alors quoi ?

Certaines actions sont proposées à titre optionnel, pour laisser la maîtrise à l’utilisateur, mais elles ne constituent pas un objectif en soi. Ces actions demandent l’infinitif. L’impératif ne leur convient pas. Le bouton « Annuler » en est un bon exemple.

D’autres actions sont de pures exhortations qui portent aisément l’impératif. Sur un site pour enfants ou sur un site communautaire, l’infinitif peut sembler froid.

Dans un contexte commercial, l’impératif contient une dose d’audace, voire d’agressivité. Dans certains cas, il fera l’effet du sourire du vendeur. Dans d’autres cas, il fera l’effet d’un colporteur qui glisse le pied dans votre porte alors que vous êtes sans doute encore en pyjama. Très intrusif.

Lorsque l’action implique un engagement, lorsqu’elle touche à notre intimité, elle exige du tact. C’est le cas chaque fois que vous demandez aux utilisateurs de fournir des données personnelles.

L’infinitif convient mieux dans ces situations. Notez qu’il s’accompagne volontiers d’un pronom personnel à la première personne : « Envoyer MES données personnelles ». L’utilisateur garde davantage le sentiment de propriété, là où l’impératif lui force un peu la main.

L’impératif, lui, s’accompagne souvent d’un point d’exclamation. Ne pas en mettre sonne comme une faute de syntaxe à certains endroits.

Une solution reste de tourner l’action en un avantage client. « Acheter », c’est « dépenser », ce n’est pas une action agréable en soi. « Profiter d’une réduction », « essayer sans engagement » sonnent déjà différemment. L’impératif s’utilisera plus facilement sur des actions qui sonnent à l’avantage de l’utilisateur.

Tout dépend du contexte, mais aussi du client. Certaines personnes sont plus ou moins réceptives ou plus ou moins allergiques à ce qu’on tente de leur vendre. Les télévendeurs en savent quelque chose. Eux qui appliquent les scénarios de vente qu’on leur propose en réponse aux différents « profils » clients.

Tout l’art reste d’être assertif sans devenir intrusif ni agressif. La frontière entre les deux est une géographie subtile que toutes les entreprises ne dessinent pas de la même manière.

Même si le choix se discute à la base, une fois établi, vous devez l’assumer. Je recommande donc  une utilisation cohérente à travers l’ensemble de vos pages. Ne mélangez pas, surtout au sein d’un même menu, d’une même liste ou d’une même barre de boutons, l’impératif et l’infinitif.

Cherchez donc l’intrus dans la liste de recommandations ci-dessous :

N’oubliez pas que le texte n’est qu’une variable impactant la force de frappe du bouton. Le graphisme joue aussi. Une approche intelligente consiste à combiner un libellé doux avec un graphisme puissant.

Ci-dessous, quel est le bouton le plus percutant ? Le bouton rouge, oui, très probablement. Pourtant, la syntaxe est douce. Dans le bouton gris, l’impératif crie, mais sa voix ne porte pas loin, peu soutenue par le graphisme.

Inversement, la violence de l’impératif peut être compensée par une série d’informations collatérales rassurantes. Une manière d’évacuer ce que les spécialistes en marketing appellent les « zones de friction ».

Si votre appel à l’action comporte un enjeu stratégique, par exemple le bouton principal d’une page de conversion, je vous conseille d’en évaluer objectivement les effets. Le taux de clic d’un bouton est parfaitement mesurable. Rien ne vous empêche de tester une formule, puis l’autre, et d’en comparer le rendement en termes de conversion.

Ci-dessus, Google Analytics vous permet d’afficher les taux de clic.

Si vous voulez nous faire part de votre propre expérience, vous pouvez utiliser notre espace de commentaire. Ou, pour dire les choses autrement : « Commentez cet article dès maintenant ! » ;-)

Vous lirez aussi :

Publié dans Ecrire pour le web, Réflexions | Laisser un commentaire

Correcteurs grammaticaux : de l’acceptable au pitoyable

J’ai confronté pour vous 7 correcteurs à une soixantaine d’erreurs d’orthographe et de grammaire.

Résultat : la qualité varie dramatiquement. Parmi les outils gratuits, Reverso dépasse de loin les autres correcteurs grammaticaux. Google s’en sort plutôt bien. Antidote s’impose comme le meilleur, mais reste payant. Pas un, quoi qu’il en soit, ne vous mettra totalement à l’abri.

Découvrez l’article complet sur mon site web redaction.be.

Publié dans Ecrire pour le web, Etudes, Outils | Laisser un commentaire

Ergonomie des carrousels : 10 principes à respecter

Depuis quelques années déjà, le carrousel s’est imposé comme une excellente solution pour mettre en avant les actualités principales d’un site web. Le principe est le suivant : afficher des sujets en grand format qui « tournent » en alternance, l’un après l’autre. Une bonne manière de gérer l’espace limité de l’écran et d’en augmenter l’impact. C’est prouvé : un grand format attire davantage l’attention qu’un puzzle d’informations qui se font concurrence. Cependant, la qualité des carrousels que vous rencontrerez sur le web apparaît très variable. Certaines critiques régulièrement entendues, l’expérience de tests utilisateurs et le bon sens m’amènent à proposer 10 recommandations.

1. Le rythme

C’est la critique la plus fréquemment exprimée. « Le carrousel tourne trop vite ! ». Rarement l’inverse. Très souvent, l’utilisateur n’a même pas le temps de lire le quart du texte affiché que le diaporama l’entraîne ailleurs. Un carrousel qui tourne trop vite gêne également la lecture des autres éléments de la page. Les utilisateurs détestent le mouvement nerveux et les effets d’animation extravagants, qui sonnent trop publicitaires.
Veillez à ce que le carrousel tourne calmement. 8 à 10 secondes d’affichage s’avèrent souvent nécessaires. Testez le rythme du carrousel dans plusieurs environnements, afin d’en jauger la fiabilité.

2. La transition

Dans certains cas, l’utilisateur n’aura même pas remarqué que l’affichage a changé. Un effet de transition explicite, sous la forme d’un fondu enchaîné par exemple, marquera plus clairement le mouvement de carrousel.
La fluidité de la transition a de l’importance. Pour cette raison, le fondu enchaîné a ma préférence : il permet de quitter un sujet avec douceur et de glisser vers le sujet suivant. Un bref passage au noir peut également convenir. Évitez par contre les effets folkloriques, du genre « spirale » ou « bienvenue à la foire ».

3. Le contrôle utilisateur

Le mouvement imposé à l’utilisateur reste une attitude « offensive » susceptible de générer des frustrations. La seule manière de le compenser est de redonner ce contrôle à l’utilisateur sous la forme d’éléments d’interaction intuitifs et explicites.

L’utilisateur doit pouvoir :

  • Stopper l’animation. Y mettre une pause.
  • Revenir en arrière.
  • Parcourir le diaporama à son rythme et à sa manière.

Plusieurs solutions existent…

Ci-dessous, la barre de contrôle indique clairement le nombre de sujets disponibles et propose un contrôle sur la navigation. Le bouton « pause » est particulièrement précieux.

Les petites flèches latérales restent également un moyen de contrôler le défilement.

Les petits ronds sont devenus presqu’un standard. Je dis « presque », car ils restent moins explicites. Si vous en faites usage, veillez à les rendre suffisamment présents.

Ci-dessous, la barre de contrôle proposée sur Arte.tv présente le désavantage de dépendre de la couleur de fond. Sur fond clair, les petits ronds deviennent quasi invisibles.

Lorsque l’utilisateur fait le choix d’afficher un sujet, le carrousel devrait s’arrêter. De nombreux sites web relancent l’animation après quelques secondes, à la grande frustration des utilisateurs.

Un passage de la souris sur le sujet affiché devrait en stabiliser l’affichage. La plupart du temps, un utilisateur bouge sa souris sur un élément parce qu’il s’y intéresse.

4. Le nombre de sujets en alternance

Si les sujets sont trop nombreux, la navigation devient compliquée. Les sujets en fin de liste se retrouvent très déforcés et le cycle, trop espacé. Ci-dessous, le choix se disperse et les petits ronds en viennent à mordre le contenu du carrousel.

En-dessous de trois sujets, le carrousel perd son sens. Il m’est arrivé de voir des carrousels à un seul sujet, tournant sur eux-mêmes. Absurde.

Derrière un carrousel, il y a donc une ligne éditoriale.

Dans la plupart des cas, optez pour 3 à 5 sujets.

Certaines formules d’affichage des sujets à la verticale, comme ici sur Yahoo! Health, permettent de lister une dizaine de sujets.

5. La position du carrousel dans la page

Le carrousel, comme élément de l’interface, s’est imposé au centre de l’écran, dans la partie haute.

Lorsque le carrousel est positionné sous la ligne de flottaison, ou encore dans une zone latérale, il perd énormément de son impact et provoquera une expérience utilisateur déroutante.

Le but du carrousel est de focaliser le centre de l’attention.

6. La quantité de texte

En dix secondes, vos visiteurs liront 20 à 30 mots.

Ci-dessous, la quantité de texte moyenne affichée sur le carrousel d’Arte TV, pendant environ 10 secondes. Le texte peut être lu de bout en bout par un utilisateur attentif. Mais il ne faudrait pas faire plus long.

Ci-dessous, quel est le carrousel le plus lisible ?

« Wrath of Heroes » n’accroche pas aussi bien que « Truth About Beer ».

Car trop de texte induit aussi une police de caractère trop petite.

Notez aussi la redondance : « Wrath of Heroes » apparaît deux fois, dans le texte et dans la partie graphique. Une telle redondance ne devrait pas être permise dans l’espace limité du carrousel.

7. Le visuel

Mieux vaut un seul visuel impactant qu’un effet de montage.

Privilégiez les visuels concrets qui représentent le contenu plutôt que les effets de style.

Ci-dessous, sur le site officiel de la présidence française, le choix d’un visuel unique nous semble plus porteur que la tentation de réaliser un patchwork. Une mise en page en puzzle va à contre-sens de l’intérêt du carrousel qui consiste précisément à exploiter un large format.

8. La clarté de l’interaction proposée

En dehors de la possibilité d’interagir avec la navigation au sein du carrousel (voir point 3 ci-dessus), l’utilisateur peut généralement cliquer dans la zone de contenu pour accéder au détail de l’information.

Nous recommandons :

  • Une seule zone de clic de préférence
  • Visuellement présente (suffisamment grande et contrastée)
  • Offrant une interaction explicite (par exemple un bouton, une flèche,…)
  • Positionnée de préférence en bas à droite

Ci-dessous, le bouton « Play video » répond aux bonnes pratiques : contrasté, bien positionné dans le flux de lecture, libellé explicitement, invitant au clic.

Ci-dessous, le carrousel d’Umicore ne laisse pas apparaître la possibilité d’une interaction. Peu d’utilisateurs seront enclins à cliquer. Ce type de présentation avec du texte fondu dans le visuel et aucune zone de clic explicite sera reçu comme un placard publicitaire, même si le contenu mène en réalité vers de l’information.

9. La cohérence

D’un sujet à l’autre, mais aussi d’un jour ou d’une semaine à l’autre, il importe de respecter une cohérence pour créer des repères et la sensation d’un environnement éditorial maîtrisé.

La cohérence se vérifie à différents niveaux :

  • Cohérence graphique (typographie, coloris, traitement des photos,…)
  • Cohérence fonctionnelle (zones d’interaction, zones de clic,…)
  • Cohérence éditoriale (nature des contenus abordés, ton utilisé,…)

Ci-dessous, dans son carrousel, Arte TV fait varier la position de son descriptif texte, mais la typographie ainsi que le volume de texte restent cohérents. Une bonne manière de créer un fil rouge tout en s’accordant des variations visuelles qui relancent l’attention.

10. L’accessibilité de la technologie adoptée

Plusieurs moyens existent de créer un carrousel : Flash, CSS, Javascript,… Le choix de la technologie influencera plusieurs facteurs :

  • Accessibilité du contenu par les environnements les plus variés (mon iPad ne supporte pas Flash, par exemple)
  • Indexation par les moteurs de recherche (de nombreux carrousels présentent le désavantage d’intégrer du texte non reconnu comme tel, non indexable)
  • Facilité d’édition par le client (un carrousel en Flash avec des transitions méga fluides, c’est très bien, mais si les contributeurs de contenu sont incapables de l’alimenter, on perd en réactivité)

Pour l’entreprise qui ne dispose pas d’un graphiste sous la main, certaines solutions plus sobres ou plus formatées peuvent s’avérer intéressantes. Ci-dessous, Google Analytics propose un carrousel quasi full text.

Tenez, par rapport à ce dernier point (les solutions techniques), je suis preneur de vos avis et réactions !

Pour en savoir plus (en Anglais) :

Et si vous désirez établir une ligne éditoriale pour alimenter votre carrousel en contenus efficaces, contactez-moi !

Publié dans Architecture d’information, Bonnes pratiques, Ergonomie | Laisser un commentaire

Ergonomie des interfaces : cinquième édition actualisée

Jean-François Nogier, épaulé par Thierry Bouillot et Jules Leclerc, signent une cinquième édition de l’ouvrage « Ergonomie des interfaces » chez notre éditeur conjoint, les éditions DUNOD.

J’ai lu cette nouvelle édition, et je la conseille pour les raisons suivantes :

  • Elle est enrichie d’exemples actuels, notamment issus de l’évolution des téléphones mobiles et des tablettes numériques, qui font naître de nouvelles interactions.
  • Elle est très didactique, concise, centrée sur l’essentiel, sans la boulimie à laquelle nous habituent même certains ergonomes.
  • La table des matières est pragmatique et didactique : que des verbes d’action. Une belle manière d’appliquer au livre l’approche orientée utilisateur chère à notre métier.

Ci-dessous, une des contraintes ergonomiques nouvelles qui apparaissent avec les interfaces tactiles, c’est la gêne occasionnée par la présence des doigts sur la surface. Dans certains cas, la main occulte, au mauvais moment, une partie critique de l’écran. Par l’exemple si vous désirez faire apparaître une infobulle ou tout autre complément d’information lors d’un clic sur un objet de l’interface, il est important de positionner cette infobulle au-dessus et non en-dessous de l’objet. Autrement, le pouce ou l’index de l’utilisateur masquera l’effet visuel.

L’écriture a également toute sa place dans l’ergonomie d’un site web, d’un bouton, d’un menu ou d’une application.

Ci-dessous, un tableau des différentes règles de construction des abréviations. Histoire d’assurer la concision dans la cohérence. Je trouvais la démarche intéressante.

L’ergonome averti réagira à certains passages délicats, comme la fameuse règle des trois clics, autant véhiculée que contestée, ou le parcours de l’œil en Z, très schématique face à la variabilité des comportements. Mais Jean-François Nogier y ajoute immédiatement d’intéressants bémols et reste didactique de bout en bout, quitte à gommer certaines nuances à des fins de clarté pédagogique.

Pour plus détails :

Ergonomie des interfaces
Guide pratique pour la conception des applications web, logicielles, mobiles et tactiles
Jean-François Nogier, Thierry Bouillot, Jules Leclerc
5e édition, octobre 2011, DUNOD, Paris
Broché: 320 pages
ISBN-10: 2100557920
ISBN-13: 978-2100557929

En vente chez Amazon

Le livre, présenté par ses auteurs

Publié dans A lire, Ergonomie | Laisser un commentaire

Je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît Google

Beaucoup de prose s’agite, sur Internet, autour de cette question passionnante et pleine d’enjeux : « Comment fonctionne Google ?« .

Simplement, il m’arrive d’être étonné, hier matin par exemple, du caractère récurrent de certains débats et de leur nature incessamment contradictoire même à l’intérieur du petit monde du référencement.

Matt Cutts, le porte-parole de Google, vient de s’exprimer sur deux sujets : l’influence des Adwords sur les algorithmes de référencement naturel, ainsi que la notion de TrustRank. Dans les deux cas, sur abondance.com, le site incontournable d’Olivier Andrieu, le débat ricoche en commentaires polarisés ou nuancés, mais certainement pas unanimes.

Source : Youtube

Sur une base prétendue empirique, certains mettent directement en doute la parole officielle du moteur de recherche. D’autres nuancent en disant qu’il faut distinguer l’effet direct sur un algorithme de l’effet indirect. D’autres encore égratignent la parole floue de Google, portée par Matt Cutts, ce bonhomme sans cravate, sympathique, sans excès de séduction, qui incarne l’humanité du puissant moteur de recherche. Il est vrai que le message est parfois plus que vaporeux : le TrustRank ne serait pas un algorithme proprement dit, mais quand même une manière de calculer un indice de confiance important aux yeux du moteur,…

Soit !, mon but n’est surtout pas de lancer un débat qui a mieux sa place chez les référenceurs purs et durs. Ma position – celle que j’ai toujours tenue vis-à-vis de mes clients – est de prendre du recul par rapport à ce qui s’exprime, et l’utiliser de manière pragmatique, raisonnable et durable, à travers une stratégie de contenu ni naïve (bien renseignée tout de même sur la réalité de la mécanique d’indexation) ni acharnée (tant il est vrai que la sur-optimisation SEO peut prendre une énergie qui, dans certains cas, ferait mieux d’être dépensée dans le contenu proprement dit).

Comment expliquer tant de divergences ? Qui a raison ? Qui a tort ?

La question qui m’intéresse, donc, en arrière-fond de cette recherche du saint algorithme, est une question de mise en perspective : « Comment peut-on savoir comment Google fonctionne ? ». Ou, dit plus simplement…

Quelles sont les sources d’information pour connaître les mécanismes de référencement ?

1. Google lui-même ?

Oui, bien sûr, Google est loin d’être une boîte noire. Il possède un centre pour webmasters, des guides didactiques pour ceux qui désirent améliorer leur référencement, un blog, un porte-parole en t-shirt,… Toute une artillerie dédiée à la communication, en somme.

Mais la parole de Google est limitée par le fait même de la concurrence. Pas question pour le moteur de livrer au grand jour ses recettes de cuisine. Google a construit son empire sur l’efficacité et la rapidité de ses calculs de pertinence ; pour rien au monde il ne se dénuderait devant Bing ou Yahoo! Ceci explique cette zone de flou, bien compréhensible, dans la communication du géant. Toute entreprise, dans le monde actuel, se pose cette même question : comment proposer un service transparent et perçu comme utile, sans pour autant livrer son savoir aux concurrents.

2. Wikipedia ?

Wikipedia est un projet génial et je vous invite, comme moi, à le soutenir financièrement (une campagne de don est en cours actuellement).
Cependant, vous y apprendrez davantage sur les phases de grossesse de la baleine bleue que sur le TrustRank.
Une encyclopédie collaborative n’est pas le lieu idéal pour traiter les thèmes très polémiques ou sujets à de gros enjeux commerciaux.

3. Les sociétés spécialisées en référencement ?

Bien entendu, il existe de l’expertise du côté des sociétés ou des consultants qui ont décidé de consacrer leur vie au référencement, un domaine qui bouge beaucoup et qui a d’énormes conséquences sur la performance des entreprises et le paysage de la concurrence (des conséquences encore souvent sous-estimées).
Mais ces sociétés ne sont pas neutres non plus puisqu’elles vous vendent leur expertise. Le garagiste ou le plombier qui vous fait un devis est-il le plus proche de la vérité de vos problèmes d’humidité ou d’usure moteur ? C’est loin d’être sûr (les associations de défense des droits des consommateurs sont alarmantes à cet égard).
Le savoir-faire SEO existe, ce n’est pas la question. Mais pour défendre leurs intérêts, les experts en référencement exagèrent parfois la portée de leur science dans les forums de discussion ou les salles de réunion. C’est comme pour les plombiers, pas facile de distinguer le bon grain de l’ivraie.

4. Les académiciens du référencement ?

Certains experts du référencement font passer la vocation didactique avant la vocation commerciale. Ce sont ceux qui ont le plus ma confiance. Et comme ils se comptent sur les doigts de la main, citons des noms (faisons-nous des amis et des ennemis, par la même occasion ;-) :

Sébastien Billard existe. Autrement il faudrait l’inventer. Sébastien diffuse une vision sage et consistante de l’évolution du référencement. Il a perçu, bien avant les autres, la place du contenu dans la mécanique SEO.

Olivier Andrieu possède une société commerciale, mais son discours a toujours été très didactique, très généreux, et emprunt du recul nécessaire. Je lui prête un grand respect.

Isabelle Canivet ne prétend pas être une pure experte du référencement, mais dans le monde du rédactionnel qui nous occupe, c’est probablement la personne qui s’est positionnée le plus explicitement et le plus concrètement sur la question du référencement naturel. Son expertise se situe parfaitement à la frontière des deux mondes. Nous faisons le même métier avec des clients et des accents un peu différents. Nos discussions sont passionnantes et balancent entre le référencement, l’ergonomie éditoriale et la stratégie de contenu comme colonne vertébrale.

5. Les clients qui disposent de chiffres

Rien n’est plus tangible que les statistiques de trafic, qui contiennent des données intéressantes sur les sources de trafic, les mots clés entrants,… donc le résultat tangible du référencement. Certaines personnes expérimentent et mesurent l’impact SEO de modifications apportées à leur site web.

Dans un contexte où Google ne communique pas tout et où, de toute manière, l’esprit critique reste souhaitable, la démarche empirique garde tout son intérêt. Vous verrez régulièrement passer des billets sur Internet, rédigés par des mordus de référencement ou d’analytique, qui vous expliqueront comment ils ont constaté que tel ou tel critère influençait beaucoup, un peu ou pas du tout le référencement.

Ici encore, il y a à boire et à manger. Les variables sont aussi nombreuses que les situations de test, de sorte que tout ce qui se dit n’a pas valeur scientifique. Vous resterez critiques et croiserez ces données avec le reste du discours ambiant.

Vous l’aurez compris, personne n’est neutre dans l’histoire. C’est pour cela que le référencement continuera d’offrir certaines plages d’ombre, sujettes à de passionnants débats contradictoires.

À découvrir aussi :

Publié dans Référencement, Réflexions | Laisser un commentaire