Les Mutualités chrétiennes cherchent un rédacteur web

Catégories : Ecrire pour le web - Clients

J'ai eu l'occasion de donner, l'année dernière, une formation "Ecrire pour le web" aux Mutualités chrétiennes.

Et plus récemment (toujours en cours), une consultance portant sur l'ergonomie éditoriale du site www.mc.be, et ses antennes régionales.

Alors, je me permets de relayer cette annonce d'embauche, de la part d'un client très sensibilisé à la qualité des contenus web :

offre d'emploi : rédacteur web.

12 symptômes de l'absence de stratégie éditoriale

1. Personne n’est responsable de la mise à jour des contenus
2. Tout le monde est responsable de la mise à jour des contenus
3. Pas de contrôle qualité
4. Inertie éditoriale
5. Production de contenu irrégulière
6. Débauche d’énergie éditoriale
7. Pas de politique d’archivage ou de nettoyage
8. Les contenus de qualité moyenne s’accumulent, mais manque du killer content
9. Les contenus ne débouchent pas sur des appels à l’action
10. Les visiteurs ne sont pas qualifiés
11. Les indicateurs de succès restent imprécis
12. L'entreprise ne connaît même pas le nombre de sites web qu'elle gère

Dans ce cas, il est grand temps de rationaliser l'investissement éditorial.

Je propose à mes clients le schéma d'action suivant :

De manière plus précise, voici les actions que nous mettons en place, selon le contexte :

  • Inventaire des contenus
  • Définition des cibles et analyse des besoins
  • Architecture d’information
  • Ligne éditoriale
  • Guidelines éditoriales et contrôle qualité
  • Planification éditoriale
  • Workflow éditorial
  • Formation des contributeurs de contenu
  • Mise en place d’outils de mesure du succès

Mon offre de service repose sur un constat surprenant :

D’un côté, les entreprises et institutions investissent de plus en plus dans le web… jusqu’à ne plus savoir combien de sites web elles possèdent !

D’un autre côté, ces mêmes entreprises ont très peu de maîtrise quant aux effets de leur investissement éditorial… public touché, perception, expérience utilisateur, actions provoquées.

Sites web arabes : ergonomie en miroir

La question posée par Marina à la suite de mon billet précédent m'est régulièrement adressée en formation :

Est-ce que l'expérience utilisateur varie d'une langue à l'autre, d'une culture à l'autre ?

J'ai déjà lu un ou deux mémoires sur le sujet, mais n'y ai jamais vraiment puisé de données consistantes.

Certes, on peut trouver, ci et là, des recommandations sur la conception des sites web dans un environnement international. Mais ces recommandations portent davantage sur des conventions métriques et typographiques que sur des questions de mise en page.

Un coup d'oeil rapide sur les sites arabes, par exemple, permet de constater qu'ils affichent des standards d'ergonomie très semblables aux nôtres. Simplement, le site se construit en miroir, avec un sens de lecture de droite à gauche, et non de gauche à droite.

Source : http://www.aljazeera.net/Portal

11 caractères pour se faire entendre

S'il y a bien une chose frappante et récurrente dans le comportement de lecture sur le Web, c'est cette tendance à ne pas lire l'entièreté des énoncés, mais seulement leur amorce.

L'année dernière, j'avais participé à un test "eye tracking" (enregistrement du parcours de l'oeil) qui portait sur la page d'accueil d'un gros intranet. Le résultat était éloquent : les participants au test, qui étaient placés dans une situation de recherche d'information, ne portaient leur regard que sur les tout premiers mots des gros titres dans la page.

Ci-dessous, nous avions éclairé les zones de l'écran vues par les participants (au nombre de 5 ou 6) lors des dix premières secondes.

Le message est clair : les premiers mots des titres attirent prioritairement l'attention.

Il y a quelques semaines, Jakob Nielsen a publié un article sur le sujet : "First 2 Words: A Signal for the Scanning Eye".

Sur base des nombreux tests qu'il a déjà menés, le spécialiste américain estime à plus ou moins 11 caractères le seuil pivot au-delà duquel les utilisateurs décrochent, lorsqu'ils sont en phase de découverte et d'exploration du contenu ("scanning"). Ce qui correspond globalement aux deux premiers mots, voire un seul mot lorsqu'il est long.

Cette observation est valable pour des situations éditoriales multiples, telles que :

  • Les titres
  • Les listes de liens
  • Les sommaires

Se basant sur le seuil approximatif de 11 caractères, Jakob Nielsen s'est amusé à présenter des liens tronqués à un certain nombre d'utilisateurs. Seuls les 11 premiers caractères apparaissaient. Les participants devaient essayer de deviner la nature du contenu sur base du début du lien uniquement, comme cela se produit vraisemblablement dans la réalité d'une lecture en ligne.

En fonction de la manière dont les liens sont rédigés, l'impact est évidemment très différent. Certains liens atteignaient un taux de prédictibilité de 85%, tandis que d'autres s'avéraient complètement opaques.

Il est conseillé de commencer un titre par les mots les plus concrets et les plus évocateurs du sujet...

J'aurais pu titrer ce billet "A propos de l'impact des premiers mots d'un titre", mais je me serais dilué.

En titrant "11 caractères pour se faire entendre", je rentre plus vite dans le vif du sujet.

CV en ligne : un exemple que j'applaudis

Catégories : Web design - Bonnes pratiques

J'ai découvert récemment (merci Katsoura) une collection de 30 systèmes de navigation attractifs.

Une tendance marquante et positive, selon moi, est que les interfaces se simplifient. Les portails, les puzzles à cent pièces, tendent à disparaître, au profit de mise en page plus contrastées, qui mettent beaucoup plus rapidement en avant les contenus clés.

Parmi ces 30 exemples, il y en a un qui a particulièrement attiré mon attention. C'est le CV de Sarah Longnecker, passionnée de production vidéo.

Source : http://sarahlongnecker.com.

Ce CV en ligne présente plusieurs qualités rares :

  • Un copywriting tranchant, simple et puissant
  • Une typographie esthétique, efficace, contrastée, aérée
  • Des appels à l'action bien choisis ("Check out my portfolio", "Contact me", "Download resume")
  • Une architecture de navigation épurée au maximum ("work", "blog", "about", "contact"... quoique ces deux dernières rubriques pourraient encore être fusionnées)

Pour dire les choses autrement, il n'est pas si fréquent de voir une telle bonne alchimie entre l'écriture, la structure, le graphisme et le fonctionnel. Cette demoiselle montre l'exemple dans un domaine où je peinais à identifier de bonnes pratiques.

La vidéo, pour animer les choix de navigation

Que pensez-vous de cette idée d'animer des boutons à l'aide d'éléments vidéos ?

Un exemple est accessible sur le site web de la société ACERTA, qui offre des services en création et gestion d'entreprise.

Source : www.prioritealhumain.be.

Outre leur mouvement, le fait que les personnages débordent du cadre strict du bouton attire évidemment l'attention.

Percutant ou perturbant ?

Futile gadget ou intéressante recette ?

Mon avis personnel : la formule se défend bien pour un choix simple (trois ou quatre options) et proéminent (choix de navigation centraux), comme c'est le cas ici. Les barres de menu permanentes (en haut ou à gauche) doivent rester sobres, je pense, pour ne pas perturber le contenu proprement dit. Le mouvement doit rester modéré, afin d'éviter une cacophonie nerveuse dans la page.

D'autres exemples dans la gamme ?

Je vous ai déjà parlé de la BBC, notamment pour sa capacité d'innovation.

Un récent article de Jakob Nielsen positionne la chaîne de télévision britannique comme un très bon élève en regard des guidelines d'écriture pour le web, en particulier en ce qui concerne la rédaction des titres.

La BBC demeure maîtresse dans l'art de créer des titres consistants (descriptifs du contenu qu'ils annoncent, même hors contexte) en l'espace de cinq mots en moyenne :

  • Italy buries first quake victims
  • Romania blamed over Moldova riots
  • Ten arrested in UK anti-terrorism raids
  • Villagers hurt in West Bank clash
  • Mass Thai protest over leadership
  • Iran accuses journalist of spying

En ce qui me concerne, j'apprécie la capacité de la BBC à rassembler, sur certaines pages clés, des informations de background et des informations d'actualité. Par exemple, la page dédiée à l'Irak, en tant que pays, fournit autant des informations statiques (géographie, démographie, balises historiques,...) que des informations dynamiques (dernières actualités et dernières vidéos à propos de ce qui se passe dans le pays). Cette capacité d'allier le chaud et le froid, en termes d'information reste, selon moi, un atout propre au média Internet. Elle est sous-exploitée par la plupart des sites médias actuels.

Notez que la BBC n'est pas non plus irréprochable dans ses pratiques éditoriales en ligne. J'avais, par exemple, déjà épinglé quelques faiblesses de mise en page.

Il est un point sur lequel nous menons fréquemment une discussion, lors de mes formations "écrire pour le web". Cela concerne l'usage des paragraphes.

Prenez quasiment n'importe quel article au hasard, au sein de la section News de la BBC, et vous constaterez que les paragraphes sont très courts, composés, dans la grosse majorité des cas, d'une seule phrase.

En termes de lisibilité, cette stratégie est positive, tant il est vrai que les gros pavés de texte découragent la lecture à l'écran. Les paragraphes de taille réduite créent une aération qui invite davantage à la lecture.

Cependant, la BBC, à force de découper son texte en unités syntaxiques minimales, en arrive à oublier la notion même de paragraphe. La fonction d'un paragraphe reste d'opérer un regroupement des idées. Ce qui permet de faire mieux apparaître la structure des points traités dans un article. Par exemple, les trois derniers paragraphes de texte, dans la prise d'écran ci-dessus, concernent le développement de la même idée, à propos des deux mêmes banques. Tandis que la suite de l'article enchaîne sur d'autres idées. La séparation physique de ces informations qui sont liées quant au fond risque de couper la fluidité du raisonnement. Avec cette approche, on gagne en lisibilité, mais on perd en structure.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Il faut une marque forte pour se permettre ça...

Catégories : Web culture - Web design - Humeur - Sites B2C

Cela fait un bon petit temps que j'apprécie les variations du logo Google. Et je ne vous apprends rien en les mentionnant.

Mais, celle-là, elle fait fort, non ?

Il faut une identité solide pour se permettre de telles fantaisies. Les vieilles entreprises, avec leurs chartes graphiques bétonnées et défensives, peuvent aller se rhabiller, non ?

Google continue de faire fort, je trouve, entre la simplicité fonctionnelle, rigoureusement préservée, et le clin d'oeil graphique, en pleine complicité avec la communauté des utilisateurs.

C'est pas moi qui pourrais me le permettre :

_ ... _ _ _ _ _ _ _ . _ .. _ . ... _ .. _ _ _ _ . ... . _ . _ . _ _ . . _

... n'est-ce pas ?

Feedback utilisateur : tout de suite ou jamais

J'ai parlé avec de nombreux webmasters à ce sujet, et le constat reste toujours le même : très peu d'utilisateurs (moins de 1% bien souvent) prennent la peine de donner leur avis à propos du site dans les rubriques prévues à cet effet.

Les sites web qui prévoient une rubrique "Feedback" générique (comme ci-dessous, la rubrique "Réagir", au sein d'une barre d'outils de navigation) génèrent, la plupart du temps, un taux de participation décevant.

Source : EUlisses


En revanche, des formules beaucoup plus immédiates se développent de plus en plus. Voyez, par exemple, comment le manuel d'aide en ligne de Google Analytics évalue, sur le tas, la satisfaction des utilisateurs. L'interaction se fait dans la page même. Le formulaire, lui-même, réagit en temps réel sans exiger un rafraîchissement de la page ni l'encodage de quelconques données personnelles (que Google aura sans doute déjà néanmoins collectées).

Source : Google Analytics

Appréciable également : la précision des questions. Plutôt que de demander aux gens si le site, dans l'ensemble leur plait (ce qui ne nous apportera pas grand chose), on les interroge de manière beaucoup plus concrète et contextuelle : "Est-ce que cette page contient l'information que vous cherchiez ?", "Est-ce que nos explications sont compréhensibles ?", "Est-ce qu'il manque des précisions ?".

Feedback immédiat, feedback contextuel, feedback concis et feedback précis sont, à mon avis, quatre règles à respecter si vous désirez faire parler vos utilisateurs.

Connaissez-vous d'autres exemples à suivre en la matière ?

Erreur flatteuse

Catégories : Humeur

Mieux vaut cela qu'une banale erreur 404, non ?